L'ancien président mozambicain Joaquim Chissano devrait se rendre à Madagascar cette semaine. Il tentera de débloquer la situation pour former le gouvernement d'union nationale. La médiation internationale entre de nouveau dans la danse. Elle va tenter de débloquer une situation politique mal engagée, faute d'accord entre les quatre mouvances politiques dans la formation du gouvernement et la mise en place des institutions transitoires.
«La mission se réjouit de la visite prévue à Antananarivo la semaine prochaine de l'ancien président Joaquim Chissano ( ) dans le cadre d'une mission ponctuelle», a fait savoir samedi un communiqué de la délégation d'experts, dépêchée par l'Union africaine afin d'évaluer l'état d'avancement de la mise en place des institutions.
Désamorcer une bombe
Le communiqué laisse entendre que la venue du chef de l'équipe conjointe de médiation a une relation avec le blocage dans la formation du gouvernement. «La mission exhorte les parties malgaches à saisir cette opportunité pour régler consensuellement la question de la formation du gouvernement, conformément à l'Acte additionnel d'Addis-Abeba».
Il n'est pas exclu que la venue de Joaquim Chissano, probablement mardi ou mercredi, puisse préparer le terrain à une réunion des quatre chefs de mouvances à l'extérieur du pays. Des bruits de couloir laisseraient entendre un rendez-vous à Maputo, capitale mozambicaine le 3 décembre.
L'ancien président mozambicain arrive pour désamorcer une bombe à retardement. La crise politique a atteint son paroxysme après le forcing du président de la Transition Andry Rajoelina à tenir un conseil de ministres, boycotté par le Premier ministre de consensus Eugène Mangalaza et par le co-président Fetison Andrianirina, mais avec la présence des ministres de la Haute autorité de la transition. Et aucune brèche ne se voit à l'horizon pour qu'une issue soit trouvée dans la mise en place du gouvernement à cause des divergences dans l'attribution de onze ministères, à en croire Emmanuel Rakotovahiny, co-président.
L'éventualité d'un projet de réunion à l'extérieur du pays rejoindrait le souhait de certains chefs d'institution réunis vendredi. À savoir Emmanuel Rakotovahiny, Fetison Andrianirina, Eugène Mangalaza, Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès, et Albert Zafy, virtuel président du Comité national de réconciliation (CNR).
Jusqu'ici, seul Andry Rajoelina a émis le souhait de ne pas se rendre à l'étranger pour la réunion des mouvances. Dans un communiqué de la Présidence, il a fait savoir sa position au cours de la cérémonie officielle de la rentrée scolaire, à Morondava vendredi.
En tout cas, l'arrivée de Joacquim Chissano s'apparente à un aveu d'échec des négociations entre les quatre mouvances politiques. Ablassé Ouedraogo, envoyé spécial de Jean Ping, présidentde commission de l'Unionafricaine, avait qualifié de test les discussions entre les parties malgaches quelques jours après la fin de la mission. Pendant son séjour en terre malgache, l'équipe dirigée par ElGhassim Wane, directeur du Département paix et sécurité de l'organisation panafricaine, avait rencontré les différentes tendances politiques.
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