Le concert de Njakatiana au Palais des Sports a enregistré un succès important, vendredi soir. L'hommage et le partage étaient bien au rendez-vous. À tort ou à raison, Njakatiana a des détracteurs. Mais pour de nombreux Malgaches, c'est surtout une idole. Et c'est certainement cet amour qui a triomphé lors du concert au Palais des Sports, vendredi soir.
Pour preuve, la grande communauté des fans du chanteur, regroupant aussi bien des jeunes que des plus âgés, a été représentée en masse pour ce retour après une assez longue absence de la scène de la capitale.
Si pour un décor plus ravitaillé qu'ordinaire, Speed Pro, la maison promotrice a beau avoir eu le cran de baptiser l'événement : « Du jamais vu », musicalement parlant, Njakatiana a offert un répertoire, plutôt nostalgique, centré sur des ballades sentimentales. « Il est vrai que pour la promotion de ce concert, programmé depuis le début de l'année, on m'a bien demandé de sortir de nouvelles chansons. Pourtant, je pense que les fans tiennent toujours à coeur les anciens tubes », souligne-t-il.
Pour l'artiste connu pour son besoin de perfection, l'effet voulu a certainement été atteint. L'implication assez correcte d'un grand choeur, sélectionné dans quelques groupes chorales de la capitale, et de l'orchestre symphonique Jejy Mozika, a donné une dimension solennelle à cet événement le ton, d'un « revival », d'un hommage et d'un partage à la fois.
« Salegin'i Madagasikara »
Outre ses propres compositions riches de plus d'une dizaine d'albums, l'interprétation des chansons de Bessa a été très attendue. En plus de cela, l'intervention des « potes » de toujours, à l'instar de Nini « Kiaka », Hery « Njila », Clara, Bodo, Parson Jacques, Fanyah, Francia etc, qui sont tous venus pour rendre hommage à Njakatiana, dont l'influence dans la musique malgache contemporaine garde une place importante.
En effet, Njakatiana a promu le rythme qu'il a baptisé « salegin'i Madagasikara », une approche très Hauts-plateaux du rythme salegy, qui trouve ses racines dans le Nord. Depuis les années 90, cette formule a gagné des adeptes auprès des artistes de la jeune génération. Puisque devenir une formule n'est pas toujours aussi agréable à l'égard des uns et des autres, le parcours à la fois admiré et detesté de Njakatiana y trouve son explication. Mais du moins, pour venderdi soir, le crooner a de nouveau connu le triomphe.
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