Du 7 novembre au 7 décembre 2009, se déroule, au Mali, la 8e édition des Rencontres de Bamako. Cette biennale africaine de la photo, qui prend, au gré des années, de plus en plus d'importance, permet aux artistes de la région de mettre en valeur leurs talents, de se connaître, de révéler leurs oeuvres à travers le monde et de s'inscrire dans le marché international de l'art. Trois artistes tunisiennes y prennent part.
Les Rencontres, qui ont favorisé depuis 1994 la découverte de plusieurs professionnels de l'image fixe, sont aussi une vitrine permettant au public non averti de mieux connaître et apprécier la photo comme moyen d'expression et art consentant toutes les idées, toutes les fantaisies. Cet événement artistique à caractère international est coproduit par le ministère de la Culture du Mali et Cultures France. Michket Krifa, une Tunisienne, grande spécialiste de la photo, vivant et travaillant à Paris, et Laura Serani assurent la direction artistique. Elles ont choisi pour thématique générale de la biennale celle des «Frontières».
40 photographes autour d'une problématique actuelle
«Parfois transfiguré et interprété par des regards artistiques où se mêlent imaginaire et réel, témoignage personnel et récit, ce thème suscite toujours des préoccupations éthiques et reflète une conscience profonde et un engagement manifeste chez tous les artistes, que nous sommes heureuses de partager», écrivent les deux directrices artistiques dans le catalogue des Rencontres.
En fait, la question semble paradoxale dans un monde où, d'une part, on proclame et pratique la disparition des frontières politiques et économiques et, d'autre part, on érige des murs pour les protéger. Ce qui n'a pas toutefois mis fin aux flux migratoires vers l'Europe. Ces flux provenant en grande partie d'Afrique sont constitués de jeunes à la recherche de meilleures conditions de vie ou du simple rêve d'ailleurs.
Les expositions, projections et conférences proposées tentent en fait d'analyser les différents aspects de cette problématique complexe et tellement actuelle. L'exposition panafricaine sur les «Frontières» réunit 40 photographes et présente treize vidéos. Trois artistes tunisiennes contemporaines y prennent part, à savoir Faten Gaddes, Mouna Jemal et Lilia Ben Zid. Le public tunisien a pu voir les oeuvres de ces trois photographes, talentueuses et inventives, lors de l'exposition «Femmes d'images» organisée il y a deux années au Palais Kheireddine, dans la médina de Tunis.
Faten Gaddes, également architecte d'intérieur, y montrait des détails d'architecture et des décors dominés par l'étrange. Mouna Jemal travaille, quant à elle, beaucoup sur le thème des arabesques. Ses photos retouchées par l'outil informatique prennent pour support et source d'inspiration ses triplés. L'intime intéresse aussi Lilia Ben Zid (Prix présidentiel de la photo 2007). Mais l'intime dans ce qu'il arbore de plus négligé, oublié, désordonné...
D'autre part, le réseau international de la manifestation continue à s'élargir, notamment avec le nouveau partenariat Rencontres d'Arles/ Rencontres de Bamako qui permet de montrer au public africain la série «Luxury» du photographe britannique, à la notoriété mondiale, Martin Parr et l'invitation de la galerie Michael Stevenson de Cape Town ainsi que la présentation d'artistes et de projets internationaux. Toutes ces initiatives permettront de développer le rôle des Rencontres dans la diffusion de la photo africaine.
Programmes de films et de diaporamas, débats, rencontres avec les artistes, ateliers, lectures de portfolios, studios de photos numériques installés dans le parc du Musée national et offrant au public l'occasion de se faire tirer le portrait gratuitement transformeront, pendant un mois entier, Bamako en une vraie capitale africaine de l'image.

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