Cinq points ont constitué l'intervention faite hier par M. Lambert MENDE Omalanga, ministre de la Communication et des Médias, en guise de mise au point contre le rapport du groupe des Experts Indépendants des Nations Unies au sujet de la situation sécuritaire à l'Est dominée par l'opération Kimia II.
Ce rapport, on le sait, a conclu à un échec total de cette dite opération conduite conjointement par les FARDC et la MONUC contre les rebelles rwandais des FDLR. C'est notamment le bilan de Kimia 2, la gestion par le gouvernement de la République des comportements criminels des éléments des FARDC, la situation à Dungu, les pillages et viols au Nord Kivu et enfin l'intégration des groupes armés au Kivu au sein des FARDC.
Le bilan de Kimia 2 Pour le ministre Mende Omalanga, il ya d'abord lieu de saluer la proposition faite par ce groupe des experts indépendants de l'ONU de lancer des mandats d'arrêts internationaux contre les principaux leaders des rebelles FDLR vivant dans les pays qui sont accusés d'alimenter ces forces irrégulières en armes et en fonds provenant du commerce illicite de minerais extraits en RDC. Mais cependant, le gouvernement reproche à ce groupe sa fâcheuse façon de vouloir le mettre sur le même pied d'égalité que les rebelles des FDLR pour avoir reçu des armes lui envoyées par la Chine. Car il est dommage de constater que les experts de l'ONU qui a donné mandat à la MONUC de soutenir l'offensive des FARDC contre les rebelles des FDLR peuvent-ils faire grief au même gouvernement de s'être procuré des armes.
De même, comment d'un côté vouloir gratifier la MONUC « des avancées significatives du processus de pacification au Kivu » et de l'autre côté parler d'échec total en ce qui concerne les offensives menées par les FARDC. Et lorsque l'armée nationale annonce avoir déjà tué 1.279 rebelles rwandais au cours des opérations Kimia 1 et 2, Rudia 1 et 2 initiées par le gouvernement de la République, ces experts prennent cela à la légère peut-être parce qu'il a initié ces opérations sans recourir aux partenaires étrangers, se plaint Lambert MENDE. Ce même rapport mentionne que le nombre de ces terroristes est de 5.000 et qu'ils continuent à contrôler toutes les mines d'étain et d'or qu'ils exploitent pour financer leurs crimes. Selon le gouvernement et certaines sources crédibles, a signalé le Porte Parole du gouvernement, ce nombre doit être revu à la baisse car il se situe à ce jour à quelque chose comme 2.000 têtes, étant donné que ces opérations militaires menées par les forces régulières leur ont causé trop des pertes.
Crimes et châtiments au sein des FARDC Du fait que la localité de Lukweti située dans le Nord Kivu est encore sous contrôle d'une milice privée dénommée APCLS dirigée par le chef de guerre du nom de « Janvier » proche des FDLR, l'enquête sur les prétendus massacres qu'auraient perpétré les FARDC au début du mois de novembre n'a toujours pas démarré et par conséquent les allégations faites le 2 de ce mois par le secrétaire général adjoint de l'ONU, M. Alain Le Roy sont sujettes à caution, a signalé le Porte Parole du gouvernement. La MONUC est bien informée sur ce cas, raison pour laquelle elle est en négociations avec ce chef de guerre pour que la commission mixte MONUC-FARDC puisse descendre sur les lieux pour mener des enquêtes. Jusque là, ce sont les statistiques fournies par les FARDC qui sont proches de celles transmises par la MONUC, cela parce qu'elles sont les seules forces qui opèrent conjointement sur le terrain. Car elles indiquent non seulement la période mais également l'unité des militaires incriminés ainsi que la commission des faits.
OCHA par exemple fait état des 37 % des cas des viols par des civils, 29 % par des milices non autrement identifiées et 24 % par des hommes en uniformes qui peuvent être des FARDC ou des FDLR, d'autres sources proches de ces experts de l'ONU ou des Ong s'époumonent pour donner au Congo l'image peu reluisante que tous ces crimes abominables ont été commis par les forces régulières, s'est plaint Lambert MENDE. L'Ong Human Rigth Wacht a fait état de 7.000 femmes violées par les FARDC sans fournir le moindre détail alors que la MONUC a fourni des données contraires en relevant que seules 35 femmes ont été violées pendant cette période et les FARDC ont reconnu 71 cas dont 58 incriminés sont l'objet de condamnations pénales à l'issue des enquêtes suivies des procès au cours desquels les criminels ont eu l'occasion de présenter leurs moyens de défense. C'est ce genre d'exercice qui est à la base de la diminution des cas des viols.
A ce jour, a relevé Lambert MENDE, tous les militaires reconnus coupables des viols ont été déférés devant les juridictions compétentes. La situation des droits de l'homme à Dungu Le gouvernement déplore le rapport des experts de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires et 20 cas des viols entre avril et septembre de cette année dans ce territoire presque aussi grand que certains pays voisins. Ce rapport est dénué de tout fondement dès lors que tout le monde sait que ces actes criminels sont commis par de éléments des LRA déguisés en civils pour terroriser les populations et parfois les rançonner. A ce jour, les opérations de ratissage menées par les FARDC dans ce territoire ont eu des résultats enviables car il ne reste plus qu'une trentaine des LRA éclats en petits groupes qui errent dans les brousses environnantes. Viols et pillages par quelques éléments des FARDC à Kasugho Sur instruction de la hiérarchie, des militaires du 110ème bataillon de Lubero présumés auteurs des viols et pillages à Kasugho perpétrés le 25 octobre dernier ont été appréhendés et déférés devant l'Auditorat militaire du conseil de guerre opérationnel. Parmi lesquels des officiers supérieurs, dont des majors et des capitaines.
L'intégration des groupes armés au sein des FARDC A côté de quelques maîtres chanteurs répertoriés parmi certains éléments de l'ex-CNDP, il y a lieu de noter des avancées significatives dans le processus d'intégration des groupes armés au Kivu. On note par exemple que 53 cadres dirigeants de ces groupes viennent d'être transférés du Kivu vers la capitale pour parfaire leur cursus professionnel classique à l'Académie militaire. Des anciens chefs de guerre tels le général Dunia naguère réfractaire à l'intégration et son frère Yakutumba ont rejoint les FARDC depuis peu alors qu'il ya quelques temps ils se sont opposés par les armes aux forces loyalistes, s'est vanté Lambert MENDE.
Quant à un certain GAD, ancien du CNDP qui en compagnie de quelques éléments ont tenté de reconstituer une nouvelle rébellion, ils viennent d'être mis en déroute par un commando des loyalistes au niveau du Parc des Virunga et le chef de la bande qui a fui en Ouganda vient d'être arrêté par les autorités ougandaise à la demande du gouvernement de la République. Tel est l'essentiel du message prononcé hier par le ministre de la Communication et des Médias lors de la conférence de presse tenue dans la salle des réunions de son cabinet.

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