L'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines (ASCAD) a proposé au public, dans le cadre de ses conférences mensuelles, "Le cinéma en Côte d'Ivoire", une conférence prononcée par Timité Bassori, vendredi dernier, au Conseil économique et social.
A l'occasion, le premier diplômé ivoirien de l'Institut hautes des études cinématographiques de Paris (IDHEC) a tracé le long parcours du 7ème art à l'échelle mondiale et a ensuite insisté sur son évolution en Afrique et en Côte d'Ivoire. "Tout au long du 19ème siècle, les pays d'Europe et les Etats-Unis d'Amérique sont parcourus par un foisonnement d'inventions qui se chevauchent et se complètent pour aboutir, en 1895, à la naissance du cinématographe Lumière. Les bases de l'industrie cinématographique étaient jetées et le public se pressait, tous les soirs, dans les salles obscures. En Afrique, relève-t-il, dans notre ex-AOF, les premières projections se situent dans la première décennie dans 20ème siècle. En Côte d'Ivoire, il faudra attendre les années 30 pour avoir des projections de films de façon permanente dans des salles fixes de cinéma à Abidjan". Timité Bassori a révélé que le premier exploitant à s'installer au Plateau (Abidjan) est Maurice Archambeau. Il est suivi un peu plus tard par d'autres exploitants.
Dès lors, le réseau s'étend dans tous les quartiers d'Abidjan, puis dans certaines localités du territoire. Le nombre de salles de cinéma, selon le conférencier, va s'accroître chaque année pour atteindre, en 1970, le chiffre record de 70 salles, dont 26 à Abidjan. Après cette montée fulgurante, tout va dégringoler : "La décennie 70 sera jalonnée de situations et d'événements divers concernant le cinéma commercial dans notre sous-région et qui vont bouleverser ce secteur, a-t-il fait remarquer. L'exploitation va lamentablement décliner pour s'effondrer dans un important déficit. Le coup de grâce sera donné par la naissance de la vidéo et son arrivée chez nous. L'absence d'une réglementation de la circulation et de la diffusion des cassettes va faire subir aux exploitants une concurrence déloyale qui les conduira à la cessation de leurs activités, causant ainsi la fermeture massive des salles de cinéma".
Selon Timité Bassori, le cinéma véritablement ivoirien a vu le jour avec la création de la Société ivoirienne du cinéma (SIC) en 1961. Mais la projection du film intitulé "Adou ou le Prométhée noir", qui devait marquer la naissance de la SIC, n'a jamais eu lieu. En 1962, Timité Bassori travaille dans cette structure avec des techniciens français jusqu'en juin 1963, année où la SIC sera incorporée à la nouvelle télévision ivoirienne. Deux ans plus tard, la SIC renaît et reprend ses activités. Nombre de cinéastes ivoiriens font valoir leur compétence, notamment Désiré Ecaré qui, en 1967, sorti de l'IDHEC, réalisé son premier film intitulé "Concerto pour un exil". Il donnera ainsi la première consécration cinématographique à la Côte d'Ivoire. Les années 80 enregistrent l'engagement remarquable de jeunes cinéastes ivoiriens, dont Yéo Kozoloa, Jean-Louis Koula, Kramo Lanciné Fadika, Ibrahim Diaby, Mory Traoré, Dosso Moussa.
Selon le conférencier, l'apport de leurs films a confirmé davantage le dynamisme du cinéma ivoirien.

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