La Presse (Tunis)

Tanzanie: Ouverture de la saison culturelle à Dar Ben Abdallah - Créativité et tolérance

L'espace culturel Dar Ben Abdallah n'a pas baissé les rideaux ni fermé les portes durant ces derniers jours. Il est bien fonctionnel . Aujourd'hui, le théâtre de la Terre continue à travailler. «Il y a du pain sur la planche. Et on n'a pas le temps de pleurer sur le passé», affirme Noureddine Ouerghi.

Pour la saison culturelle, le metteur en scène et propriétaire des lieux a mis au point sa programmation : une rencontre littéraire une fois par semaine où seront présentées les nouvelles parutions; un débat pour les cinéphiles, tous les 15 jours, des colloques mensuels (à l'instar du colloque international sur les langues vivantes qui a eu lieu en mars 2008). Sans oublier le week-end du théâtre, les rencontres autour du patrimoine, animées par le chercheur et artiste Ali Saïdane.

Le point fort de cette programmation reste les ateliers, ouverts aux élèves et lycéens de la Médina : un atelier de percussions et un autre de formation du comédien; un atelier de scénario et de dramaturgie; un club de la poésie et de la nouvelle et un ciné-club pour enfants, prévu tous les dimanches matin. Noureddine Ouerghi prévoit, et pour la première fois, un atelier de jazz et de vocalise. «L'idée m'est venue lors des rencontres de chants populaires que j'organise avec Ali Saîdane. Et là, j'ai découvert une ressemblance épatante entre nos sonorités et nos rythmes ancestraux et ceux du blues et du jazz. En exploitant son patrimoine immatériel dans son état brut, le jeune Tunisien s'ouvrira forcément sur d'autres musiques. C'est cette ressemblance que je veux absolument mettre en exergue et ces pulsations communes que je veux réellement transmettre à nos jeunes».

Ancien batteur de jazz et joueur de bendir, Noureddine Ouerghi a toujours cru que ces musiques puisent leur force dans la terre, d'où leur sincérité et leur grande charge émotive. Il lancera, d'ailleurs, au mois d'avril, le premier festival de la gasba. «Un instrument dont le son est proche du saxophone», fait-il remarquer. Puis d'ajouter : «C'est en découvrant ces ressemblances que l'on peut créer un jeune tolérant. Un jeune qui accepte l'autre avec ses différences culturelles. Un jeune moderne qui n'oublie pas ses origines les plus lointaines», ajoute-t-il.

Ouerghi s'est fixé un objectif : créer des artistes de demain et un public averti, au courant de toutes les tendances artistiques. C'est dans cette perspective que Dar Ben Abdallah joue aujourd'hui le rôle d'un espace culturel polyvalent. Un espace de représentation et de formation Depuis quelque temps, les étudiants de l'Institut supérieur de musique y trouvent refuge une fois par semaine pour s'exercer en toute tranquillité. Plusieurs projets de fin d'études des étudiants de l'Institut supérieur de l'animation culturelle ou de l'ISAD (Institut supérieur d'art dramatique) ont été soit préparés, soit présentés dans ces locaux Noureddine Ouerghi lance un appel aux écoles et aux universités et à tous les ministères et établissements publics et privés pour encourager les initiatives solitaires et mettre la main à la pâte pour donner à la culture ses titres de noblesse. «C'est avec les artistes qu'on peut lutter contre toute forme de fondamentalisme et d'obscurantisme».


Copyright © 2009 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment