L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Les droits humains, un concept qui demeure encore flou pour les jeunes

Port Louis — Lindley Couronne, directeur d'Amnesty International Mauritius était dans la rédaction de lexpress.mu ce mardi 1er décembre. Il y a rencontré les jeunes de la rédaction d'un jour. La parole aux jeunes.

«D'habitude, dès qu'on parle des droits humains, il y a une sorte de consensus. Cependant pour nous, qui constituons la rédaction d'un jour de lexpress.mu, nous devons admettre que le combat d'Amnesty International Mauritius est flou. Il nous semble qu'Amnesty est une association qui milite davantage pour la cause des prisonniers et de la brutalité envers les femmes.

Certes Lindley Couronne a tenu à changer notre regard. «On sait que notre combat semble flou, mais nous avons des cours d'initiation aux droits humains que nous prodiguons à Amnesty. Notre combat est beaucoup plus large et nous croyons en un Etat de Droit. Nous travaillons avec le groupe Rezistans Ek Alternativ qui est engagé dans la lutte contre le communalisme. Nous avons également des branches qui militent pour le respect des droits des LGBT (Lesbian/Gay/Bi/Transsexuel) et aussi des cellules dans 40 collèges à travers l'île», explique ainsi Lindley Couronne.

Nous comprenons l'idéologie derrière tout cela. Toutefois, elle n'en demeure pas moins floue. Le combat est noble, mais le public en général ne se sent pas proche de cette lutte. Pourquoi? «Tout simplement parce qu'on ne sait pas vraiment ce qui est fait au sein de l'association. Lindley Couronne parle du combat contre le communalisme qu'effectue Amnesty en 2009, mais nous n'étions pas au courant de cette campagne. Je pense qu'il y a un manque de communication entre le public et Amnesty. Certes, nous sommes d'accord que beaucoup de jeunes font partie de cette association, mais la question qui se pose est: Sont-ils actifs?», avance Yousrina Mungur, l'un des journalistes d'un jour.

Lindley Couronne, pour sa part, explique qu'il est vital pour un pays tel que Maurice de se sentir concerné par le sujet du communalisme. «Je pense et j'espère que les jeunes se sentent impliqués, car l'île Maurice d'aujourd'hui est différente de celle de leurs parents. Ceux qui pensent, par exemple, que le football communal devrait être réintroduit sont dangereux. C'est comme mettre une bombe entre les mains d'un citoyen. Et c'est pour cette raison que nous, à Amnesty, nous luttons pour que cela ne se reproduise pas», ajoute le directeur d'Amnesty International Maurice.

Nous souhaiterions, pour notre part, l'existence d'un élément catalyseur qui sensibilisera davantage la population à la lutte d'Amnesty surtout auprès des jeunes. Nous vivons dans un contexte où la défense des droits humains a un autre visage que celui dans des pays avec des régimes militaires. Nous sommes aussi conscients que le premier droit est celui que nous exerçons sur nous-mêmes pour respecter les droits des autres. C'est en cela aussi que nous demandons aux adultes de changer leur regard sur nous. Nous ne vivons pas dans le même monde. Nous ne parlons pas des droits des jeunes. Mais nous parlons simplement de cette acceptation que notre mode de vie est différent.

Pour sensibiliser la population aux dangers du communalisme, Amnesty International lancera un CD comprenant des compositions d'artistes locaux le 11 décembre au conservatoire François Mitterrand, Quatre-Bornes. Une campagne de sensibilisation nationale est aussi prévue pour 2010.

Nous apprécions ces initiatives. Peut-être qu'Amnesty a besoin de davantage de soutien pour vulgariser ses


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