Port Louis — Les rassemblements du 1er mai ont été appropriés par les formations politiques à Maurice. Si cela pouvait se comprendre à la période pré-indépendance où la lutte syndicale et politique était intrinsèquement liée, tel n'est plus le cas aujourd'hui. Mais, il n'empêche que la récupération politique s'est installée dans le temps.
Mais plus grave, de la simple bataille des foules, on est passé à la surenchère des «cadeaux» pour faire venir les gens à ces meetings. Sortie à la plage après les meetings, accompagnés du briani et dans certains cas d'un peu d'argent de poche... Bref, c'est le cas typique d'un détournement de sens d'un événement qui, à son origine, présentait des caractéristiques nobles.
Ce qui est étonnant, c'est que personne ne s'en émeut désormais. L'anormal est devenu la norme. Et la classe politique ne semble pas être prête à changer ses habitudes. A sa décharge, il faudrait aussi se demander si la population, elle, est prête à une petite révolution des mentalités à ce sujet.
On se rappelle aussi pour ces derniers meetings du 1er mai comment la bataille des foules a délaissé les caisses à savon pour se répandre contre des journaux, plus précisément l'express qui avait osé publier son estimation des foules. Le MSM a été en rage et certains de ses animateurs ont même donné un piètre spectacle d'eux-mêmes devant les locaux de Radio One.
C'est en cela aussi que les meetings du 1er mai 2009 symbolisent un peu plus l'abêtissement de la classe politique.

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