Port Louis — Le populaire chanteur de reggae d'origine jamaïcaine est actuellement à Maurice. Shaggy sera sur scène, samedi au gran konser, temps fort du Festival International Kreol.
Le populaire chanteur de reggae d'origine jamaïcaine est actuellement à Maurice. Shaggy sera sur scène, samedi au gran konser, temps fort du Festival International Kreol.
Sa technique : tout nier en bloc. It wasn't me. Malgré les pires bêtises. Tout nier, malgré les preuves à charge.
Tout nier même pris en flagrant délit. Rassurez-vous, c'est bien Shaggy qui est arrivé à Maurice hier. C'est bien lui qui s'est prêté au jeu des questions-réponses, en fin d'après-midi, à l'hôtel Tamassa à Bel- Ombre. Le chanteur est actuellement dans l'île en vue de sa prestation au grand konser, apothéose du Festival International Kreol.
Un rendez-vous musical qui se déroulera toute la nuit de samedi à dimanche. Impossible de lui en vouloir quand il nous a autant fait danser sur, It wasn't me, un de ses plus grands tubes. Impossible de lui en vouloir quand Shaggy arrive, l'air décontracté, dans son short en jeans et son t-shirt.
Ne reste plus qu'une petite heure pour mieux connaître Shaggy. Et deviner Orville Richard Burell - c'est son vrai nom - derrière les lunettes de soleil du chanteur.
Partager son groove reggae. Celui qui lui vient de là-bas, de ses racines jamaïcaines. Du pays du roi Bob, qui n'a jamais cessé de vénérer Marley. Car Shaggy voit le jour en 1968, à Kingston en Jamaïque. La Jamaïque, il la connaît. Il l'a explorée. Il l'a vécue. Jusqu'à ses 17 ans. Quand il met le cap pour les Etats-Unis. Il tombe dans le quartier de Brooklyn et y développe des mauvaises fréquentations. Allez savoir pourquoi, cet entourage-là le pousse à s'engager dans l'armée américaine.
Deux ans plus tard, à tout juste 19 ans, voilà Shaggy le cheveu coupé ras, la tenue règlementaire, la raideur toute militaire, transformé en marines. Nous sommes en 1988 Orville Richard Burrell est envoyé au Koweït pendant la première guerre du Golfe. Stop. Le bruit des canons ne saurait couvrir sa sensibilité musicale. Shaggy rend son uniforme et revient à qui il est vraiment : un passionné de musique. Le temps passe. Orville s'est choisi un pseudonyme.
Pourquoi Shaggy ? Plusieurs histoires circulent. La version douce : il s'est inspiré de son personnage de dessin-animé préféré, Sammy dans Scoubidou, qui dans la version anglaise, s'appelle Shaggy.
Mais qui connaît bien le chanteur, ses titres sensuels et ses paroles suggestives, se doute bien que l'histoire est plus corsée. Car Shaggy en argot américain, signifie «baiser».
Le temps de se trouver un producteur, de dessiner son style et le premier album de Shaggy sort en 1993.
Il s'agit de Pure Pleasure, d'où est extrait le premier tube de Shaggy, Oh Carolina. Une chanson écrite alors que le chanteur était dans la marine, basé en Caroline du Nord.
Shaggy devient vite la nouvelle coqueluche du reggae. Pourtant, son registre est ailleurs. Il lui en faut plus. Il nous en donne plus. Ce que le public lui rend bien, car son album se vend à un million d'exemplaires.
La demande pour Shaggy est telle que l'année suivante, sa maison de disques publie le disque Original Doberman, un recueil des oeuvres de jeunesse de Shaggy. Ce qui le jette sur les rues, pour une tournée mondiale triomphale.
C'est en 1995 que l'artiste revient avec Boombastic, qui lui vaut un Grammy Award et un nouveau hit mondial avec la chanson éponyme. Tout semble rose. Ou en tout cas aux couleurs du reggae.
Mais le vent tourne rapidement. En 1997, l'album Midnite Lover, est un cuisant échec. Shaggy encaisse durement le coup et hormis deux musiques de films, Luv Me, Luv Me avec Janet Jackson et Hope, il n'enregistre plus rien pendant trois ans !
La pause prend fin en 2000, avec Hot Shot, en hommage à Jimmy Cliff, réalisé entre New York et la Jamaïque, dans ses propres studios. Renouant avec ses racines jamaïcaines, Shaggy retrouve le succès avec It Wasn't Me, qui perce d'abord sur Internet. C'est un animateur d'une radio basée à Hawaii qui a le coup de foudre pour cette chanson et la met en ligne. Résultat: trois millions de disques vendus !
Revenu dans le circuit, il signe une nouvelle musique de film en 2002, celle de Showtime, avec le titre Me Julie. Avant d'enchaîner avec son cinquième album, Lucky Day, en 2003. Fidèle à sa réputation de séducteur, il le dédie aux femmes, jouant à fond sur des rythmes hispanisants sur Hey Sexy Lady.

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