Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La procédure de gré à gré entretient la mauvaise gouvernance

Dans le paquet des recommandations formulées par les institutions de Bretton Woods au gouvernement congolais, la transparence dans la gestion revient souvent comme l'une des thérapeutiques appropriées envisagées contre la mauvaise gouvernance. En effet, pour améliorer la gestion des institutions républicaines et autres services importants de l'Etat, nos partenaires extérieurs ne cessent d'insister sur le changement des méthodes de travail, comme amorce pour la lutte contre la corruption.

Le mal est toujours là, bien enraciné dans la plupart des services d'assiette fiscale, ainsi que dans le système de passation des marchés publics. Ce fléau cause des dégâts importants qui ruinent l'économie de notre pays. Juste après l'effet d'annonce, les mécanismes de lutte contre la corruption semblent envahis par de grains de sable, au point que la machine administrative ne parvient pas à donner le rendement voulu.

Le cas auquel les experts des institutions de Bretton Woods reviennent de temps à autre, à chaque round de négociations pour évaluer la mise en oeuvre de leurs recommandations, l'évolution de la situation économico-financière et autres réformes, est le système de passation des marchés publics. Pourtant, il y a un règlement qui régit ce système, en définissant les procédures.

Curieusement, la plupart des marchés publics se passent plutôt de gré à gré, et dans une totale opacité. Quand on sait que ces marchés sont évalués à des millions de dollars, il y a lieu de se poser des questions. Pourquoi ces marchés se concluent-ils sans qu'aucun appel d'offres ne soit lancé ? Tel est aujourd'hui, le cas flagrant des marchés des véhicules destinés aux cadres des institutions de l'Etat. Les médias du pays n'ont enregistré aucun communiqué à ce sujet, comme c'est le cas pour les autres fournitures dont l'acquisition est financée par des partenaires extérieurs.

En 2008, un marché de ce type a été conclu pour 36 millions de dollars pour la fourniture de divers équipements. C'était un marché de gré à gré passé en violation des procédures en la matière. Pour ce marché, la chaîne de dépenses a été mise à contribution pour honorer un fournisseur qui n'a pas eu à compétir avec des concurrents, de manière à ce que ce marché soit confié au plus offrant. Tous les services de l'Etat impliqués dans l'exécution de cette « dépense », sont intervenus au point qu'aujourd'hui, ce type de marché de gré à gré a la peau dure dans nos administrations.

Les observateurs s'inquiètent aujourd'hui sur la résistance qu'affichent les partisans du retour des antivaleurs, alors toutes les instances supérieures sont déterminées à engager la république dans la voie de la bonne gouvernance, en déclenchant l'opération Tolérance zéro. Espérons que les beaux discours seront un jour, suivis d'effets et que l'ordre nouveau pourrait supplanter la mauvaise gouvernance.


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