Bienvenu Ipan
4 Décembre 2009
Kinshasa — Après avoir enregistré le rapport final de l'étude présenté par les experts, le ministère de l'Industrie n'aménage plus aucun effort pour implanter les centres agroalimentaire pilotes CAP qui constituent entre autres, des pôles de développement technico-économique en RDC.
Le ministre de l'Industrie, Simon Mboso Kiamputu, a ouvert, le mercredi 2 décembre 2009, les travaux de l'atelier de restitution officielle du rapport final de l'étude sur l'implantation des centres agroalimentaires pilotes (CAP) en République démocratique du Congo. La salle des conférences du restaurant « La Fleur de sel », situé dans la commune de la Gombe, a servi du cadre à cette cérémonie.
Dans son mot de circonstance lu par son collègue du Plan, Olivier Kamitatu, le ministre de l'Industrie a indiqué que le secteur agroalimentaire constitue l'une des filières prioritaires des axes adoptés par le gouvernement de la RDC pour sa politique industrielle. Car, a-t-il expliqué, elle permet au gouvernement de lutter contre la faim et assurer, ipso facto, la sécurité alimentaire. Cette filière comprend notamment l'industrie de la pêche, la transformation des produits agricoles et des produits d'élevage.
C'est à ce titre que Simon Mboso a encouragé le développement, dans les milieux ruraux, des industries de proximité capables de transformer en biens manufacturés les produits bruts agricoles de la RDC, notamment à travers des stratégies de grappes. Le cas du manioc, a-t-il fait observer, est éloquent, dans la mesure où ce produit peut être transformé en farine, poudre pour bébé, amidon, colle, tourteaux, bagasse, etc.
A en croire Simon Mboso, ce projet d'implantation des CAP permet à son ministère de constituer une base de données fiables devant permettre la mise à jours d'une cartographie des opportunités agroalimentaires dans chaque province de la RDC. Et cela, en vue de sérier les opportunités locales d'investissements, générateurs de revenus et d'emplois, de proposer aux porteurs des projets dans le domaine de la production agroalimentaire.
POLES DE DEVELOPPEMENT TECHNICO-ECONOMIQUE
C'est dans cette optique que le numéro un de l'Industrie a fait savoir que les CAP vont servir de « pôles de développement technico-économique et de centres d'incubation intégrant les aspects de formation et de démonstration en grandeur nature. Mais aussi de divers appuis favorisant la création de petites et moyennes entreprises (PME) agroalimentaires ».
Les CAP, a-t-il renchéri en d'autres termes, serviront de « germoirs d'entrepreneurs potentiels de PME agroalimentaires dont les plus entreprenants pourront parvenir, avec l'appui du CAP qui les a engendrés, à investir à demeure et à se substituer progressivement à ce dernier dans l'une ou l'autre filière ».
Quant aux activités des CAP, elles devront être évoluées avec la prise en main des filières par les petites et moyennes industries (PMI) naissantes et aboutir à terme à certaines prestations des services spécifiques telles que la formation et l'information, le conditionnement, la commercialisation, la gestion comptable, l'analyse et le contrôle de qualité, la normalisation des produits, l'amélioration des processus de production, la recherche de nouveaux produits. Les effets d'entraînement que pourra engendrer l'implantation d'un CAP dans un milieu donné sont multiples, à savoir l'émergence des activités connexes telles que le transport, l'entreposage, l'emballage, le courtage et l'apprentissage.
Pour ce qui est de leur fonctionnement, les CAP devront fonctionner comme des entités autonomes dans leur gestion courante. Un comité de pilotage, dont les animateurs seront recrutés sur base des critères de compétence, sera l'organe d'élaboration des politiques et d'orientations. Et ce, au regard de la politique et des options du gouvernement. Des cellules de pilotage en seront donc les émanations en provinces.
Le ministre Simon Mboso a aussi plaidé en faveur des CAP qui devront être dotés des compétences et des moyens pour répondre aux exigences de la qualité et faire respecter cette exigence par les PMI de leurs réseaux. Ce qui, selon lui, nécessite également un laboratoire de contrôle pour permettre aux CAP de faire des analyses de routine et de les mettre en lien avec un centre de recherche ou un établissement d'enseignement agricole pour la recherche-développement.
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