4 Décembre 2009
A l'exemple de la communauté internationale, la commune de Marsassoum dans l'ouest de la région de Sédhiou a mené de très grandes actions de mobilisation sociale contre la pandémie du Vih/Sida le mardi 1er décembre. Il a été ardemment demandé, à l'occasion, aux acteurs locaux, les élus en particulier de s'y investir davantage pour freiner la propagation virale dans la région. C'est avec l'appui de l'ONG Londoo Loloo sous financement du fonds mondial round 6 Ancs contre le fléau.
C'est conscients de la prévalence jugée élevée du Vih/sida dans la région sud du pays que les jeunes de la commune de Marsassoum regroupés au sein de l'Association Téssito ont décidé de renforcer la lutte contre cette pandémie virale. Au rendez-vous mondiale de la croisade contre la maladie célébré le mardi 1er décembre dernier, la forte mobilisation des communautés du Diassing et du Boudhié (des contrées célèbres du terroir) atteste l'engagement à vaincre cette pathologie qui continue hélas de faire de nombreuses victimes. L'exposé de l'infirmier chef de poste Ali Cissé était axé sur les modes de transmission et de prévention de la maladie.
A sa suite le jeune Sana Dabo, coordonnateur du programme sida de l'Association Sportive et Culturelle Téssito et non moins conseiller municipal de Marsassoum est largement revenu sur les statistiques qu'il tient, selon lui, du médecin chef de région lors d'un récent atelier sur la question « a la date du 30 octobre 2009, le taux était de 2,0% dans la région de Sédhiou soit le double de la moyenne nationale qui tourne autour de 1%. Pour la répartition par sexe, les hommes sont à 1,1%. Les femmes sont plus atteintes avec 2,8% toujours dans la région de Sédhiou.
Et si on procède au ratio par sexe, on se retrouve avec 0,4%. En 2005 nous étions à deux cas, en 2006 on est passé à quinze cas, en 2007 on est arrivé à soixante et un cas, 2008 cent quatre et en 2009 à 173 cas ». Ce responsable des mouvements de jeunesses a aussi décliné l'objectif de la Journée en ces termes : « il s'agit de mener des plaidoyers en direction des collectivités locales dans le but de les sensibiliser sur la problématique du Vih/Sida et développement. Car comme vous le savez, la jeunesse est le bras valide du développement et quand cette jeunesse est atteinte, c'est le développement qui est bloqué. Et nous nous sommes rendez compte qu'avec cette propagation du sida, c'est la jeunesse qui en souffre le plus. Nous remercions nos partenaires Londoo loloo et le fonds mondial round 6 en rapport avec l'Alliance Nationale contre le Sida qui nous ont permis de réaliser cette mobilisation sociale », a fait remarquer. Et d'ajouter « c'est la raison pour laquelle nous faisons dans la sensibilisation des masses afin que nous autorités locales en particulier puissent prendre la question à bras le corps.
Et comme objectif spécifique, nous souhaitons avoir l'engagement des collectivités locales notamment la mairie en inscrivant le volet lutte contre le sida dans son budget. Amadou Ibra Bâ, en sa qualité de président de la commission des finances représentant le maire va sans doute plaider afin que cela figure dans le prochain budget ». Celui-ci a souhaite la levée des tabous sur la question du sida, « condition sine qua non pour le faire reculer ». Sous ce même rapport, Chérif Maphouss Cissé un brillant professeur de lettres a demandé que « la lutte se fasse de façon collégiale car l'affaire du sida n'est pas que l'apanage des techniciens de la santé mais chacun de nous doit y mettre du sien pour s'assurer de l'impact pouvant au demeurant produire les effets escomptés à moins terme car la propagation s'épaissit très vite ».
Les débats ont été d'une haute qualité avec une participation de toutes les couches de la population.
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