Mme Clara Ballesteros, coordonnatrice du programme espagnol Acerca et Inès Diégo Zapata, du service de la Coopération de l'ambassade d'Espagne qui participent, à Ngor Diarama, au séminaire ouest-africain sur les industries culturelles et les entreprises créatives estiment que la coopération culturelle avec le Sénégal en est encore à ses débuts, une commission mixte a été signée entre le Sénégal et l'Espagne au mois de mars, si les négociations vont se développer pour préciser les centres d'intérêt, du côté espagnole les experts veulent surtout intervenir dans la sauvegarde du patrimoine immatériel (pratiques, représentations, expressions, connaissances, savoirs faire et objets associés).
Comment s'explique le choix de l'Acerca, de financer un séminaire sur les industries culturelles ?
Clara Ballesteros : Acerca est un programme de l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (Aecid) qui a pour rôle de renforcer la formation, surtout sur le terrain et le secteur culturel. Nous avons organisé beaucoup de séminaires sur les bibliothèques, sur la gestion de l'action culturelle, pour appuyer les agents culturels, promouvoir les rencontres entre les professionnels du secteur artistique, les responsables des institutions culturelles et même, pour nous, c'est important d'appuyer les industries culturelles, soutenir les organisations professionnelles à travers leur réseau et surtout faire un échange d'expériences entre les différents pays.
Acerca a son siège à Madrid, mais elle a des liaisons avec les institutions locales des différents pays, les ministères de la Culture et les bureaux de la coopération techniques et les ambassades d'Espagne dans ces pays.
En dehors des industries culturelles et créatives, quels sont les autres centres d'intervention de l'Acerca au Sénégal ?
Non, pas du tout. Seulement nous avons constaté que les industries culturelles occupent un espace très important. On a pris aussi en compte, comme tout le monde, les chiffres que nous avons sur la croissance des industries culturelles et qui sont produits par l'Unesco et le Pnud. Nous allons attendre les conclusions des participants, c'est important de connaître les problèmes, les enjeux et les défis qui existent dans les pays de l'Afrique de l'ouest. Nous prendrons en compte ces données pour nos futures actions et pour la coopération espagnole.
Inès Diégo Zapata, service de la coopération de l'ambassade d'Espagne
Dans le cadre de la coopération entre l'Espagne et le Sénégal, nous sommes dans un processus d'apprentissage et cet atelier est très important pour nous, pour réfléchir sur le lien entre culture et développement, développement des industries culturelles. Nous commençons en Afrique et nous sommes à l'étape de l'apprentissage en quelque sorte.
La coopération culturelle est définie dans la commission mixte signée entre le gouvernement du Sénégal et l'Espagne au mois de mars de cette année et par le plan directeur. Il va y avoir une nouvelle programmation de la coopération espagnole et, dans ce processus, on va faire ce qu'on appelle un accord d'association : on négocie avec le gouvernement, on s'associe pour voir quelles sont les lignes prioritaires et, dans ce processus, on va définir le rôle de la culture. On a une ligne claire sur laquelle on s'est concerté avec le ministère de la Culture : on veut travailler dans le patrimoine immatériel et, par rapport à l'expérience que nous avons eu du passé, on donne beaucoup de place à la formation, surtout celle des jeunes. Et il faut des formations de longues durées parce que les jeunes ont besoin de formation plus structurée. On est convaincu qu'on veut aller dans ce sens.
Des petits fonds on déjà été octroyés pour la mise en valeur du patrimoine immatériel avec des organisations de base. C'était une sorte d'expérimentation pas seulement pour les acteurs culturels, mais les organismes de base et pour les enfants les plus vulnérables et les acteurs culturels intervenant dans ce cadre. Cela s'est fait partout au Sénégal. Il y en a eu à l'école de Hann, mais aussi dans les quartiers les plus pauvres, ensuite à travers le Sénégal à Kolda, à Dagana, à Diourbel, à Tivaouane, etc.

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