Kinshasa — Du 7 au 8 décembre 2009, l'Université de Kinshasa (Unikin), le Bureau d'études, de recherches et de consulting international (BERCI), et le Social science research Council ont organisé une manifestation commémorative sur le thème « Cinquante ans de mobilisation politique au Congo », en l'honneur du Professeur Herbert F. Weiss pour ses cinquante ans de recherche et de travail académiques sur la République démocratique du Congo.
Herbert Weiss arriva pour la première fois au Congo en novembre 1959, huit mois avant l'indépendance du Congo, à peine deux mois avant la légendaire conférence de la Table ronde tenue en janvier 1960 à Bruxelles. Durant cette période qui conduisit à la date historique du 30 juin 1960, le Professeur Weiss observa que la transformation politique mise en branle au Congo était avant tout le fait des masses populaires plutôt que de l'élite politique. Les faits ultérieurs démontrèrent l'exactitude de son analyse, et son livre, Political Protest in the Congo (Princeton University Press, 1967. Trad. Francaise : Radicalisme Rural et lutte pour l'indépendance au Congo-Zaïre, L'Harmattan, 1968), obtint en 1968 le prix Herskovits récompensant le meilleur livre de l'année en Etudes africaines.
Un regard rétrospectif sur les cinquante ans de mobilisation politique était un bon point de départ pour les nombreuses autres manifestations commémoratives programmées pour marquer le Cinquantenaire de l'indépendance du Congo en 2010. Aussi, ce retour sur le terrain veut non seulement marquer le demi-siècle de travail de Herbert sur le Congo, mais aussi et au-delà, célébrer la riche histoire du Congo.
Les voyages de Herbert dans le Congo en marche vers l'Indépendance commencèrent avec le Congrès de Kisantu tenu en décembre 1959. Puis, il visita successivement le Bas-Congo, fief de l'Abako, avec Nzeza Simon et le Kwilu, fief du PSA, avec Louis Mandala. De retour à Kinshasa, il put assister aux manifestations politiques à partir de sa maison sise avenue général Ermers/Sendwe. Il se rendit ensuite en Province Orientale dominée par le MNC/L et au Kivu. Il fut présent aux cérémonies de passation des pouvoirs à Kinshasa, le 30 juin 1960. Il regagna les USA qu'après avoir visité enfin le Katanga.
LE CONGRES DE KISANTU
Peu de temps après son arrivée à Kinshasa, alors Léopoldville, le professeur Weiss put obtenir une invitation pour assister au Congrès de Kisantu,grâce à l'entremise de Philippe Kanza, éditeur de l'hebdomadaire politique Congo et frère de Thomas Kanza qu'il venait de rencontrer à Bruxelles. Deux autres étrangers prirent part au Congrès, à savoir un reporter de l'Afp et Guy Spitaels, futur premier ministre belge, dont la femme venait de défendre brillamment les leaders emprisonnés de l'Abako.
Le Congrès de Kisantu avait été organisé par les partis fédéralistes. Le peule Kongo espérait le voir proclamer unilatéralement l'indépendance. Certains leaders avaient quitté clandestinement le Congo avec l'intention de mettre en place un gouvernement en exil. Mais quand il devint clair que le gouvernement belge était disposé à explorer toutes les solutions avec les Congolais, le Congrès se refusa à faire une telle déclaration d'indépendance, décision qu'il incomba au président Kasavubu d'expliquer à la foule réunie sur le terrain de football de Kisantu. Chose qui ne fût pas une tache facile.
A l'issue de son voyage d'étude au Congo en 1959/1960, Herbert Weiss pressentit une tendance profonde à rejeter tout ce qui s'apparentait à l'Administration belge, à la loi. Et à l'occasion de la réunion annuelle de l'Association des études africaines en 1961, il écrivit (dans African Studies Bulletin, vol. IV, décembre 1961, p.9) : « Pour la majeure partie de la masse congolaise, l'Indépendance devait signifier la fin de l'humiliation par les Blancs et la fin d'une époque où tout se faisait selon les valeurs de ceux-ci », comme celle rendue par Henry Morton Stanley : « Sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny ». Le problème ne se situait pas au niveau de la vérité, du bien-fondé, mais bien à celui de la représentation, de la justice.
RENCONTRE AVEC SIMON NZEZA, TRESORIER DE L'ABAKO
Tout au début, Herbert Weiss louait un appartement à l'Université Lovanium. Bien après, les autorités de l'Université le prièrent de quitter le site universitaire. Car pour elles, les efforts d'Herbert Weiss consistaient à entrer en contact avec les leaders nationalistes via le campus de Lovanium. Après avoir quitté Lovanium, Herbert Weiss ira s'installer parmi les Congolais, à la «Cité» où les seuls autres occidentaux étaient les missionnaires et les commerçants portugais.
La maison que Herbert Weiss louait sur l'avenue général Ermens appartenait à la famille Nzeza. Ayant demandé un jour de rencontrer le bailleur pour discuter des problèmes liés à la maison, Herbert Weiss se retrouva face à face de Simon Nzeza, trésorier général de l'Abako. Le bailleur mukongo fut sensible aux difficultés liées à la recherche du jeune juif américain. Et à la fin de l'entretien, Simon Nzeza entreprit aussitôt à résoudre ses problèmes en matériels (toile moustiquaire aux fenêtres ) et offrit à Herbert de l'accompagner dans un voyage d'inspection qu'il avait à faire dans le Bas-Congo.
Simon Nzeza Nlandu, accompagné de deux ou trois collaborateurs, ainsi que le professeur Weiss, sillonnèrent le Bas-Congo pendant près de 10 jours. La tâche ordinaire du périple du patron Mukongo consistait à contrôler les comptes des sections locales de l'Abako. Cependant, au titre de représentant de la haute hiérarchie du parti, il lui était soumis une multitude de problèmes. L'observant, Herbert commençait à comprendre que les dirigeants sectionnaires locaux avaient lancé plusieurs initiatives que la direction du parti n'avait pas ordonnées et auxquelles elle était parfois opposée.
La Direction de l'Abako avait ordonné un certain nombre de boycotts contre l'Administration belge. Le plus important, qui fut du reste un réel succès, concernait les élections locales de décembre 1959. Cependant les comités locaux commencèrent à boycotter toute institution officielle. Ainsi, les tribunaux créés par l'Administration furent indexés et remplacés par des comités judiciaires locaux. On assista aussi au boycott d'une campagne de vaccination contre je ne sais plus quelle maladie. Le responsable local du parti expliqua qu'ils avaient peur que les Belges n'empoisonnent le vaccin afin de les tuer avant de quitter le Congo. Quand je fis remarquer que c'était des infirmiers congolais qui administreraient ledit vaccin, répondit, exaspéré. «En tout cas, depuis qu'on parle l'Indépendance, il n'y a plus de malades ». Nzeza fut tout à fait choqué par cette réponse. Mais, comme par tout ailleurs, il n'opposa pas son autorité à celle des comités locaux ; il ne leur ordonna pas d'arrêter les boycotts.
L'accueil réservé à Nzeza dans tous les villages était toujours plein d'euphorie. Mais Herbert notait qu'il ne critiquait presque jamais les responsables locaux ; jamais il ne lui arriva d'interdire la poursuite d'une initiative qu'ils avaient entreprise. Par exemple, dans un des villages visités, Jean Nlandu avait créé une milice qu'il dirigeait vêtu d'une large cape rouge et portant une vieille épée portugaise. L'Abako avait clairement opté pour une politique de non-violence et avait publié les oeuvres de Ghandi dans son journal. Selon Herbert, tolérer cette milice était contraire à la politique du parti, ce que confirmèrent les échanges qu'il eut avec Nzeza. Pourtant, personne n'ordonna à Nlandu de disperser ces miliciens.
« Nous avons sillonné ensemble la région du Mayombe. A Tshela, la direction de l'Abako avait quelque chose de différent des autres comités rencontrés. Le président Joseph Tati était le propriétaire d'un grand hôtel-bar et j'eus l'impression que les intérêts du parti étaient liés aux intérêts commerciaux plus qu'ailleurs où le parti était dirigé généralement par des enseignants ou des agents de l'administration. Tati devint plus tard député national. En circulant à travers le Mayombe, je fus fasciné par les tombes bien décorées des cimetières le long de la route », fait savoir Herbert F. Weiss.
VOYAGE AU KWILU ET KWANGO, CAMPAGNE DU PSA
A la fin de février ou au début de mars 1960, les délégués congolais à la conférence de la Table ronde regagnèrent triomphalement Kinshasa. Ils furent accueillis à l'aéroport par une foule de partisans. Ils avaient en effet obtenu l'indépendance immédiate que la plupart d'entre eux imaginaient comme le début d'une vie meilleure, plutôt qu'une victoire finale.
« A son retour de la Table Ronde, Cléophas Kamitatu m'autorisa à visiter le Kwilu pour étudier le fonctionnement du PSA. Déjà à ce moment, il y avait un clivage complexe au sein du PSA. Le parti avait été créé à Léopoldville par les ressortissants du Kwango/ Kwilu. Ils se considéraient comme les seuls leaders d'un parti inter-ethnique national de gauche. Kamitatu ne faisait pas partie du groupe des fondateurs, car il résidait à Kikwit, le chef-lieu du district du Kwilu. Les fondateurs le chargèrent d'organiser le parti dans la province de Léopoldville ; il ne put l'installer qu'au Kwilu car, pour des raisons ethniques, le parti ne trouva d'appui réel nulle part ailleurs. Kamitatu réussit pleinement à arracher l'obédience du Kwilu, région très peuplée. Les relations entre les hiérarchies nationale et provinciale furent très difficiles dès le début. Les responsables nationaux se considéraient hiérarchiquement au-dessus de ceux provinciaux qui, pourtant, avaient créé la seule base populaire dont le PSA ait jamais disposé », écrit le professeur Herbert.
Un deuxième problème vit le jour du fait de la méfiance des partis fédéralistes les plus actifs, convaincus que les Belges n'allaient pas accorder l'indépendance et que donc le combat allait devenir violent. A cause de cette conviction, certains leaders de l'Abako et du PSA se rendirent à l'étranger pour rechercher de l'aide (en Europe orientale et en Guinée, par exemple) et y créer éventuellement un gouvernement en exil sur le modèle algérien. Les deux plus importants leaders du PSA en tant qu'institution, à savoir le président Antoine Gizenga et le Secrétaire général Pierre Mulele, étaient dans ce groupe. Ils ne rentrèrent au Congo qu'en pleine campagne électorale, deux mois avant le 30 juin 1960, journée de l'indépendance.
Kamitatu désigna Louis Mandala, Secrétaire du Comité politique national du PSA, résiant à Kinshasa, pour m'accompagner durant ma tournée dans le fief du parti. Il devint un de mes meilleurs amis et fut un guide excellent. La lecture que je fis du parti lui est largement redevable, ainsi que le livre qui s'ensuivit : « Radicalisme rural et lutte pour l'indépendance au Congo-Zaïre » (Trad. Fr. en 1994, Ed. L'Harmattan).
« Nous avons sillonné le Kwilu pendant la période de campagne qui déboucha sur les élections de mai 1960. Une cocarde du PSA était attachée sur le capot de ma VW, car il était important d'être clairement identifié avec le parti. En effet, dans chaque fief de parti, les partisans étaient marqués par une profonde intolérance électorale. A Kikwit, je fus accueilli par Yvon Kimpiobi, le président sectionnaire du PSA. Il m'aida pleinement et me donna total accès aux documents du parti. Je m'organisai pour faire la copie de ces documents qui seront publiés en 1963 par le CRISP, dans un livre co-dirigé avec Benoît Verhaegen et intitulé : «Parti Solidaire Africain (PSA) - Documents ». Sur ces entrefaites arrivèrent à Kikwit, trois personnalités importantes, à savoir Antoine Gizenga, Pierre Mulele et Andrée Blouin. Du jour au lendemain, la porte du siège du parti me fut fermée et mes relations avec les responsables de la section devinrent plutôt froides. Il me sembla que c'était là le résultat de l'influence de Blouin. Je réalisais bien qu'une telle attitude de réserve était légitime, car il n'était évidement pas normal qu'un parti politique africain autorise l'obscur chercheur américain que j'étais, d'étudier et de copier ses documents internes », note le chercheur juif américain.
Un grand mystère planait « Qui était Andrée Blouin ? ». Herbert relate qu'ils ont su qu'elle venait de la Guinée. Elle se révéla avoir d'étonnantes capacités linguistiques car, deux ou trois semaines après son arrivée, elle était à même d'haranguer la foule dans un parfait kikongo. Les missionnaires belges insinuèrent qu'elle était une communiste russe, assertion qu'il était difficile à croire à cause de la couleur de sa peau. Elle était véritablement une très jolie métisse. Après avoir mené campagne pour le PSA, Andrée Blouin devint le chef de protocole du premier ministre Lumumba, mais elle fut expulsée du Congo après le coup d'Etat de Mobutu en septembre 1960. Plus tard, il fut révélé qu'elle était la fille d'un colon français de I'Ubangui Chari (actuellement République Centrafricaine). Quand son père gagna suffisamment d'argent pour épouser une femme française, Andrée fut envoyée dans un orphelinat à Brazzaville. Ce qui explique ses prouesses linguistiques. « L'équipe de Gizenga sillonna le Kwilu et même la région du Kwango, et je l'accompagnai dans un village. Mais vu le froid dans lequel était tombé mon accueil, je résolus de rentrer à Léopoldville. Arrivé à Kikwit en pleine campagne électorale, Gizenga tint au moins un meeting au cours duquel il s'adressa à une grande foule. Je n'ai aucune photo de Mulele de ce moment-là. C'est tout simplement parce qu'il ne prit pas la parole lors des meetings », indique le professeur Herbert F. Weiss.
PERIPLE EN PROVINCE ORIENTALE
Kinshasa, ainsi que le reste du pays, connut un climat de compétition croissante et sans pitié durant la période avant les élections de mai 1960. Les partis politiques, ensemble ou non avec les groupes ethniques, manifestaient régulièrement. L'avenue Général Ermens était la plus grande traversant la cité africaine et Herbert avait ainsi une place de choix pour observer les manifestants, lesquels étaient présentés comme étant des « Bangala ». Lumumba désigna son vieil ami Baelongandi pour montrer à Herbert Weiss comment le parti opérait dans la province.
« C'est dans une voiture du Mncl que nous gagnâmes Bafwasende. L'emprisonnement de Lumumba jusqu'à la tenue de la Table ronde de Bruxelles, bloqua quelque peu le parti. Aussi, quand il revint de Bruxelles, lui et son parti ne disposèrent que de très peu de temps de mobilisation en vue des élections de mai 1959. A mon avis, comparé aux techniques de mobilisation utilisées par l'Abako et le PSA, les méthodes du Mncl étaient plus acerbes. Ainsi, alors que les propagandistes du PSA recevaient un salaire modique, ceux du Mncl étaient payés au prorata des cartes du parti vendues. La conséquence fut beaucoup de tiraillements et certains propagandistes se comportèrent en inévitables voyous durant leurs missions. Durant notre séjour à Bafwasende, les militants locaux du Mncl me montrèrent une urne. Pourquoi? Sans aucun doute pour prouver que tout allait bien, alors que les membres d'un parti ne sont pas supposés en avoir. Je me trouvais à Stanleyville immédiatement après les élections et pus donc assister à la première séance de l'assemblée provinciale de la Province Orientale. A l'extérieur, la Force publique maintenait l'ordre public d'une manière ostentatoire. Un magistrat belge portant une toge rouge, lut le mot d'ouverture de l'assemblée provinciale, pendant que, relégués au fond de la salle, un chef traditionnel et sa femme observaient les cérémonies. Je fus choqué de constater la grande distance culturelle existant entre ces deux représentants du pouvoir institutionnel au Congo », témoigne-t-il.
Après la Province Orientale, le chercheur américain avait passé quelques jours au Kivu, c'était au milieu du mois de juin 1960. Il s'était empressé de regagner Kinshasa pour ne pas rater le transfert de pouvoirs prévu le 30 juin, ainsi que les festivités organisées à cet effet : « Le jour sacré, je m'arrangeai pour obtenir une carte d'accès dans la salle afin d'observer les formalités dudit transfert. Je ne pus photographier que quelques dignitaires au moment où ils entraient dans la salle, dont Albert Kalonji. J'étais debout au fond de la salle quand Lumumba prononça son discours inattendu ».
L'ETAPE DU KATANGA
En novembre - décembre 1960, Herbert visitait les provinces sud du Congo, à savoir le Kasaï et le Katanga qui était déjà en sécession et était dirigé par Moise Tshombe solidement soutenu par la Belgique ; « des commandos belges composaient même les équipes des conseillers. L'accueil ne fut pas très cordial, sans doute à cause du refus des USA à reconnaître la sécession katangaise et de son effort à refaire l'unité du pays autour de Kinshasa », révèle-t-il. Et de ce fait, la fin de l'Etat sécessionniste résulta largement de l'appui solide accordé par l'Administration Kennedy aux forces de l'ONUC. Mais, reconnaît-il, la sécession avait été populaire au sud-Katanga. Et de faire un témoignage : « Pendant mon séjour à Elisabethville, je visitai le Musée ethnographique. Parmi les pièces nombreuses et belles de l'art ethnique africain, je fus choqué par la présentation faite de cette petite poupée en caoutchouc d'origine européenne. Le texte me sembla l'expression du climat intellectuel du système colonial belge : « Les indigènes sont de grands enfants ».
QUI EST HERBERT F. WEISS ?
Le professeur Herbert F. Weiss est né le 25 juillet 1930 à Vienne (Autriche) d'une famille de classe moyenne juive. En 1938, quelques mois après l'entrée en Autriche des forces nazies, sa famille réussit à s'échapper pour le Soudan. Puisque un membre de la famille était marié à un administrateur colonial au Soudan anglo-egyptien, la famille était une de très rares à recevoir un visa pour y habiter. Et la famille de Herbert passa toutes les années de la deuxième guerre mondiale à Khartoum et Herbert fut éduqué dans un lycée en Egypte. C'était son premier contact avec l'Afrique.
Suite à ses études concentrées sur l'Afrique, il est engagé par un projet au MIT, une grande université américaine, pour étudier la lutte pour l'indépendance au Congo belge. C'est ainsi qu'il est arrivé au Congo pour la première fois en décembre 1959. Son premier succès de recherche était l'invitation d'être observateur au congrès de Kisantu des partis nationalistes fédéralistes.
Ensuite il a eu la chance d'accompagner le trésorier général de 1'Abako pendant une tournée d'inspection des sections du parti dans tout le Bas-Congo. Ensuite, il a réussi à avoir une ouverture dans le PSA par l'intermédiaire de Cléophas Kamitatu et dans le MNC/L par Patrice Lumumba lui-même. Cela lui a permis d'écrire son livre « Political Protest in the Congo » qui a reçu le prix Herskovits en 1968 et fut traduit en français avec le titre « Radicalisme rural et lutte pour l'indépendance au Congo/Zaïre» publié aux éditions de l'Harmattan.
De son travail de terrain il a tiré l'idée que les masses rurales poussaient les leaders des partis politiques à prendre des positions plus radicales et il a ainsi défini une théorie qu'il a appelée Radicalisme rural. En 1966, suite au soulèvement des rébellions congolaises il est retourné aux Kwilu pour étudier ce mouvement. En 1986, il a organisé avec Catherine Coquery-Vidrovitch une conférence à Paris sur les rébellions au Congo dont les communications présentées ont été reprises dans un livre publié chez L'Harmattan. Depuis qu'il a pris sa retraite de l'enseignement au City University of New York, il a été consultant surtout sur des questions touchant le Congo pour des organisations internationales et américaines. Aujourdui il est Senior Fellow au Ralph Bunche Institute for International Studies à New York et au Woodrow Wilson Center for International Scholars a Washington.

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