Le Potentiel (Kinshasa)

Afrique: Le pollueur pollué ou le goût d'une pollution financière

HUBERT MPUNGA - TSHISAMBU

15 Décembre 2009


Kinshasa — La facture du changement climatique sent une pollution financière. Voilà ce qui se déduit des attitudes de gros pollueurs, de l'Occident, comme de l'espace émergents. Si la France le chante sur le sommet de la case, de la Tour Effel, la Chine (22%) cligne l'oeil sur les marches de la Grande Muraille, l'Inde crache fièrement sur l'esplanade du Taj Mahal, tandis l'Amérique (40%) mâche la gomme du haut de la couronne de dame la Liberté, à New York, depuis la décennie de 1990. Le dernier son est agréable à l'oreille, il retentit de la Maison Blanche. " Capitalisez le momentum de OBAMA, optimalisez la coopération des USA ", avons-nous intitulé une des nos précédentes études géopolitiques.

En parlant du développement durable, les pères du NEPAD avaient comme vision un développement économique qui prend en ligne de compte l'homme et l'environnement. Avec l'aide des grands pollueurs, ils ont élaboré des politiques appropriées, sic, appropriées sans moyens propres. Donc, vouée à l'échec. Le NEPAD est déjà aux portillons des archives.

Cette vision se résume dans la préservation et le développement de la biosphère et sa biodiversité. Ils se sont tout bonnement faits sociétaires du Protocole de Kyoto, cadre institutionnel de la gestion du changement climatique - un changement négatif dans l'optique de l'éthique et moralité environnementale. Cependant, les moyens appropriés, tant financiers qu'institutionnels, de cette politique ont outrageusement manqué.

S'agissant de la biosphère, parce que c'est d'elle qu'il s'agit, le changement est le fait de la nature et de l'activité humaine pour vivre, ou survivre. Entendez, l'économique - la mobilisation et la gestion des ressources limitées, en quantité et en qualité, pour satisfaire à ses besoins illimités.

VARIATION CLIMATIQUE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE

De ce double impact, nous avons évoqué l'incidence de la nature sur la biosphère, laquelle se traduit par la variation climatique, d'une part. D'autre part, s'exprime le poids négatif de l'activité économique de l'homme sous toutes ses formes, le changement climatique et toutes ses conséquences. Celui-ci est vu comme une menace par l'humanité depuis quelques décennies.

La variation climatique n'est qu'un cycle naturel de succession annuelle des climats sur le globe, qui diffère ou change avec les différentes zones ou régions géographiques du globe, ou de la biosphère. C'est un cycle naturel, régulier et prévisible, dans l'espace et le temps, dans les conditions normales.

Par contre, le changement climatique est une perturbation du cycle saisonnier régulier évoqué plus haut. Il est naturel, mais irrégulier et instable. Ponctuel et sans cycle saisonnier, il fluctue avec l'accroissement de l'activité humaine, sa nature, sa qualité et son intensité. En outre, son impact n'est pas facile à circonscrire en fonction de la localisation du foyer de l'activité génératrice des effets. Cette difficulté l'est aussi dans le temps et dans l'espace.

LA BIOSPHERE ET L'ATMOSPHERE

La biosphère est cette couche relativement peu épaisse, par rapport au diamètre de la terre, qui entoure le globe terrestre, et dans laquelle a apparu, s'est diversifiée et continue à se diversifier, et se maintient la vie. Elle se compartimente en trois espaces vitaux en l'occurrence, (i) - l'Atmosphère immense couche (10.000 km de hauteur) des gaz enveloppant le globe compte non tenu de la vapeur d'eau ; (ii) - l'Hydrosphère agglomérant les océans, les fleuves, les rivières et toutes les autres étendues d'eau ; et (iii) - la Lithosphère constitue le sol et la partie superficielle des roches.

Les constituants de l'atmosphère-les différents gaz, l'oxygène (21%), l'azote (78%), l'argon (0,9%), le carbone, le méthane, le chlore et les aérosols, dans leurs proportions naturelles, sont un filtre naturel pour l'énergie solaire, indispensable, vitale à la biosphère. La circulation de ces éléments indispensables, tous, indépendants les uns des autres mais stables, rassure l'écosystème --l'équilibre, le maintien et le développement de la biodiversité.

L'ACTIVITE HUMAINE ET LA BIOSPHERE

L'activité humaine pour la survie la recherche, la mobilisation et la combinaison des ressources rares pour la satisfaction des besoins vitaux et toujours illimités l'économique perturbe l'équilibre de l'atmosphère et, par conséquent, la biosphère dans son ensemble, l'hydrosphère et la lithosphère comprises.

L'activité humaine, surtout industrielle et logistique, dans tous les secteurs, agricoles y compris, se fait par, ou finit par, brûler les combustibles fossiles ou nucléaires, et produire des déchets de tous genres. Ces derniers finissent, à leur tour, à constituer des décharges et pollutions, qui s'érigent en sources d'émissions de gaz carbonés à l'atmosphère. Ces gaz-la dioxyde de carbone (CO2), le fluorocarbure (CFC), le dioxyde de souffre (SO2), et les aérosols pour n'en citer que ceux-là, s'attaquent a la couche d'ozone (O3), qu'ils diminuent, réduisant ainsi la protection de la terre contre les rayons ultraviolets (UV), et augmentant l'effet de serre au-delà du requis. Les éruptions volcaniques y contribuent aussi. Cela résulte sur un réchauffement excessif de la planète, et toutes ses conséquences sur la biosphère, dans tous ses trois compartiments-l'atmosphère, l'hydrosphère et la lithosphère. Les deux derniers compartiments ont la biodiversité la plus riche, surtout la lithosphère.

L'activité humaine, sous l'aspect nocif de ses retombés, se cristallise sous trois formes, a savoir, (i) - l'érection ou la création de sources d'émissions de gaz hostiles, (ii) - la destruction des puits d'absorption des gaz à effet de serre et, (iii) - la gestion des déchets divers et la salubrité publique, donc la pollution.

MENACE DE LA BIOSPHERE

En détails, l'incidence nocive de l'activité humaine sur la biosphère se traduit, en plus de deux phénomènes évoqués plus haut, par le changement climatique qui, à son tour, perturbe l'environnement. Il en résulte ainsi la désertification, la déforestation, les inondations, la dégradation du sol, les pluies acides, toutes les formes de pollutions et l'extinction des espèces fragiles, la liste n'est pas exhaustive. Bref, à la variation climatique, se substitue le changement climatique avec toute la perturbation de la biosphère. Causé, principalement, par l'économique, ce changement coûte très cher économiquement. Sa prise en charge s'avère être une pollution financière pour les gros pollueurs.

PRISE DE CONSCIENCE ET ACTIONS INTERNATIONALES

Les nations développées en avaient pris conscience bien avant ; ainsi avaient-ils délocalisé certaines de leurs activités polluantes. Les essais nucléaires français et russes s'opéraient en Polynésie et en Sibérie. Cependant, avec l'augmentation des besoins de la vie, toute l'activité humaine est poussée à l'accroissement ; son incidence sur la biosphère aussi. Les actions institutionnelles - le Sommet de la Terre, en 1992, à Rio de Janeiro, et le Protocole de Kyoto, en 1997, viendront plus loin dans cette analyse.

LA CAUSE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Bref l'activité humaine visant la production, surtout, de toute forme d'énergie fossile- l'industrie pétrolière, le charbon, le bois de chauffage, et l'industrie de transformation de certains ressources naturelles en produits finis- est la principale cause de la destruction de la biosphère et, par conséquence, du changement climatique.

La gestion des résidus et déchets de la production comme ceux de la consommation, à l'issu de ce processus, n'est pas du reste. Les déchets industriels, nucléaires et de ménages continuent à se disputer la vedette sur tout espace vital du globe. La Sibérie comme les pays de l'Asie centrale, les presqu'îles polynésiennes, le capital ivoirien et le delta du Niger, comme tant d'autres villes et pays dans le monde, n'en savent pas moins.

La destruction comme l'exploitation abusives de l'environnement, telle que vécue en Amazonie, en Indonésie et dans le bassin du Congo, pour n'en citer que celles-là, sont des exemples expressifs d'accélération du changement climatique.

LES OPERATIONS OU ETAPES DE LA PERTURBATION DE LA BIOSPHERE

L'Erection et le Développement de sources d'émission de gaz à Effets de serre - toute activité industrielle ou agricole, qui entame l'environnement naturel et recourt à l'énergie calorifique pour l'exécution du processus économique, s'érige en source démission de gaz hostiles à la couche d'ozone qui protège la biosphère des rayons ultra-violets émanant du soleil. Il en est de même pour l'exploitation de l'énergie nucléaire. Tel est le cas de la métallurgie, la sidérurgie, l'industrie pétrolière, comme toute combustion des énergies d'origine fossile. Toute technopole fonctionnant sans filtre climatique est une source démission des gaz hostiles à la couche de l'ozone de l'atmosphère.

La destruction des puits d'absorption des gaz hostiles : - Tout processus économique qui détruit l'environnement naturel comme l'exploitation forestière, l'industrie pétrolière, et toute l'industrie extractive et la construction de grandes infrastructures logistiques de base, la liste est longue, réduit la capacité de fixation des gaz à effet de serre de la biosphère. Il réduit la capacité de la nature à renouveler l'oxygène par la photosynthèse- phénomène naturel par lequel la végétation, pendant la nuit, absorbe le gaz carbonés et libère l'oxygène qui enrichie la biosphère. Donc, l'activité économique humaine réduit la capacité de la nature à purifier l'atmosphère.

La gestion des déchets divers et la salubrité publique : - Le monde a fait preuve d'une gestion exécrable, voir même criminelle, des déchets de toutes sortes. Ayant pris conscience du péril, les nations développées ont entrepris de se débarrasser de déchets industriels encombrant, surtout les déchets du nucléaire et de la pétrochimie. Ensuite, les décharges ont posé, à leur tour, un problème. Comme destination, elles ont choisi les pays sous-développés et les espaces moins hospitaliers de leurs propres entités géographiques. Polluant ainsi, sans scrupule, la lithosphère et l'hydrosphère, atteignant, par ricochet, l'atmosphère, ils menacent toute forme de vie. Ainsi, sont devenus sources d'émission de gaz hostiles, les espaces vitales qui, naturellement, en étaient des puits d'absorption et de renouvellement de l'oxygène dans l'atmosphère-- des puits vers.

Les villes et entités insalubres sont sans autre forme de procès des sources d'émission des gaz à effet de serre.

L'humanité a déjà pris conscience de la menace, et a amorcé nombre d'actions d'envergure internationale. Cependant, l'équité du barème d'engagement entre gros pollueurs, d'abord, et entre ces derniers et les pays les plus affectés, pose problème. La facture à supporter, par les grands pollueurs, leur semble une pollution financière. Nous voici là devant un pollueur pollué

LES ACTIONS INTERNATIONALES CONTRE LE RECHAUFFEMENT DE LA TERRE

L'actuel sommet de Copenhague, qui n'est qu'un deuxième que cette ville héberge, aux fins identiques, et non égales en enjeux, n'est qu'une ré-conscientisation de la prise de conscience, de l'humanité, contre le danger qui menace la biosphère -le réchauffement de la terre, et le changement climatique qui en résulte.

Citons, sans les commenter, les principaux forum d'institutionnalisation de la prise de conscience du danger pendant, si pas déjà encours, sur le globe : - (i) Le Sommet de la Terre ou la Convention de Rio (1992)-la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement climatique, tablant sur la stabilisation de la concentration des gaz à effets de serre sur base de 1990 ; - (ii) Le Protocole de Kyoto en 1997, pour la prévention du changement climatique, délais 2008 à 2012 ; - (iii) La Conférence de Buenos-Aires (1998) sur les quotas des émissions ; - (iv) La Conférence de Bonn (Juin 2001) met en place la partie juridique de Kyoto ; - (v) Le Sommet de Marrakech, au Maroc, (Nov. 2001), arrête le barème des sanction pour non respect d'engament et quotas ; - (vi) Le Sommet de la Haye (2001), sur les sanctions financières, ou les USA annonce leur réticence pour ratification de Kyoto, et la Chine boude ; (vii) - Le sommet sur le Développement Durable (2002) à Johannesburg, ou le quotas de 55pays pour 55% d'émission de gaz hostiles est atteint, permettant, ainsi, à Kyoto d'entrer en vigueur en 2005, et enfin, un convention parallèle à cette de Kyoto, regroupant les pollueurs réticent, sous la traine de USA, affaiblissant Kyoto -Le Partenariat Asie-Pacifique pour le Développement propre et le Climat. Cependant, sans aucune contrainte écologique pour les cosignataires.

LA MOTIVATION DES COMPENSATIONS FINANCIERES

La motivation n'est autre que la reconnaissance par ceux qui profitent du développement de l'activité ayant causé le réchauffement de la terre et le changement climatique, de dédommager ceux qui en ont subi et continuent à en subir les effets nocifs. Les pollueurs payeurs se recrutent les plus parmi les économies développées et les émergents. Les Etats-Unis en tète, l'Union Européenne, la Chine, l'Inde, l'Afrique du sud pour n'en citer que ceux-là.

LA STRUCTURE ET LA HAUTEUR DE LA COMPENSATION FINANCIERE

La note du pollueur-payeur se structure sous forme des interventions immédiates, pour les cas alarmants des affres climatiques et de dégradations du sol ; sous forme de réparation à moyen terme dans les cadres de technologies vertes et moins polluantes et moins dégradantes pour la biosphère et l'écosystème ; et surtout aider les pays en développement de continuer à se développer d'une façon propre et durable, mais toujours verte.

UNE DETTE ECOLOGIQUE A LA SENTEUR D'UNE POLLUTION FINANCIERE

Le monde développé est un panier à crabes, surtout quand il faut établir les responsabilités ou gérer les intérêts nationaux. Devant les responsabilités et charges de la pollution, qu'ils ont, eux-mêmes, évaluées avec des outils et technologies appropriés, tous ces pays avancés émettent un son d'une discordance dangereuse pour les tympans normaux.

A coté de l'aide publique au développement qui doit atteindre ne fut-ce que 1% de leur PIB, et qui malheureusement se retrouve plafonnée à encore à un taux outrageusement inférieur, les prospectus de la facture se présentent comme suit : - la compensation pour le développement dont ils ont profité et les désagrément divers subi par les autres pays, surtout les moins avancés; - le cout de développement des technologies vertes ; - aide aux pays moins avancés pour se développer sans affecter l'environnement ou le crédit carbone pour n'en citer que ceux-là. A correctement parler, le terme aide n'a pas de place dans ce contexte. C'est une dette écologique à payer, et qui ne peut être considérée comme une pollution financière.

En terme chiffrés, elle s'évalue, selon les états, les institutions et les organisations, à : - Union Européenne - 42,4 milliards approximativement jusqu'en 2020, tandis que la Commission l'estime à plus de - 90 milliards. Des organisations caritatives et les humanitaires, comme la CICR, l'OXFAM et Green Peace, l'estiment à - 110 milliards. Bien que l'humanitaire n'eusse qu'une légère incidence sur le développement, leurs évaluations ne sont pas loin de la réalité. L'ONU, à travers tous ces organismes spécialisés, n'en dit pas moins. Cette facture sent le dioxyde soufre et pollue le portefeuille des pollueurs.

Tout cela n'est que simple approximation, la réalité reste, et continue à se vivre sur terrain, sous les affres et la rigueur des précipitations atmosphériques, et les dégradations de la lithographie.

IN FINE

En guise de conclusion à ce niveau, la menace sur l'écosystème, entendons la biosphère et toutes sortes de vies qu'elle abrite, ne fait plus objet de spéculations. L'économique en est la cause majeure, et l'homme en a déjà pris conscience, et il amorcé les actions institutionnelles appropriés. Les responsabilités spécifiques ont été établies, et le coût évalué, sur base de l'ampleur de dégâts et la menace pendante. Le problème se pose au niveau de l'engagement, par le maitre-pollueur, à payer, et la détermination des termes de cet engagement - la hauteur de la compensation à payer et l'échéancier. Une crise de volonté bloque le monde. Le communauté universelle est là devant une question de conscience, ou le pollueurs-payeur ne peut pas considérer la facture y afférente comme une pollution financière.-

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Author: Malagas
Sun Dec 20 14:18:38 2009

We want action not talk in five stars hotel with a full buffet . That is why the President Ravalomanana set up the Madagascar Action Plan .

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