Les Systèmes financiers décentralisés (Sfd), malgré leur expansion, souffrent des problèmes de gouvernance, de la dégradation de la qualité du portefeuille, des insuffisances des systèmes d'information de gestion (Sig) ainsi que de la faible efficacité des mécanismes de surveillance interne et externe. Quatre études ont été menées pour renforcer leur professionnalisation.
En vue de la consolidation du secteur de la microfinance dans l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) a élaboré en 2004 un Programme d'appui à la finance décentralisée (Prafide), appuyé dans sa mise en oeuvre par des partenaires au développement dont le gouvernement du Grand Duché de Luxembourg. Il s'agit du projet sous-régional dénommé Afr/017 'Promotion de secteurs financiers inclusifs dans la zone Uemoa' qui a mené 4 études visant à contribuer à la professionnalisation de ce secteur dans l'espace d'intégration sous-régionale. Et c'est hier que les résultats ont été restitués au cours de l'atelier de validation auquel ont pris part tous les acteurs de la microfinance de la sous-région.
Ainsi, après 4 années de réflexion, les auteurs ont élaboré 4 guides méthodologiques portant respectivement sur le contrôle interne pour les Systèmes financiers décentralisés (Sfd) ou institutions de microfinance, sur l'audit externe pour les Sfd, la transformation institutionnelle des Sfd et la pérennisation des associations professionnelles des Sfd dans la zone Uemoa. Pour le conseiller technique du Programme d'appui à la finance décentralisée (Prafide), Kotsoni Akemakou, l'application des mesures édictées dans ces manuels permettra aux Systèmes financiers décentralisés de se conformer à la loi adoptée par le Conseil des ministres de l'Uemoa tenu en avril 2007 qui les régit. Pour les acteurs de la microfinance qui prennent part à cette rencontre de 2 jours, cette initiative vient à son heure.
Dès lors qu'elle permettra de mettre de l'ordre dans le secteur qui souffre de certains dysfonctionnements qui pourraient le fragiliser comme l'attestent les évaluations faites par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) et certains partenaires au développement, notamment les études sur la viabilité financière des Structures financières décentralisées (Sfd). Des structures qui, depuis que les autorités monétaires leur ont offert la possibilité de collecter de l'épargne et de distribuer du crédit, ont permis aux nombreuses populations jusque-là exclues des systèmes bancaires classiques d'accéder à des services financiers.
Par exemple, les dépôts collectés par l'ensemble des systèmes financiers décentralisés (Sfd) de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) ont été estimés à 459,2 milliards de francs Cfa en 2008. Ces dépôts représentent 7,4 % des dépôts détenus par les banques. L'encours des crédits de l'ensemble de ces Sfd est estimé à quelque 441,8 milliards de francs Cfa durant cette même période. Cependant, il est regrettable de constater que ce remarquable 'boom', enclenché depuis les années 90, cache mal des difficultés à bien sécuriser l'épargne. Ce, du fait de la fragilité de son système qui souffre des problèmes de gouvernance, de la dégradation de la qualité du portefeuille, des insuffisances des systèmes d'information de gestion (Sig) ainsi que de la faible efficacité des mécanismes de surveillance interne et externe.

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