Moumene Belghoul
17 Décembre 2009
La réunion du Groupe international de contact (GIC) sur Madagascar a été reportée après les fêtes de fin d'année à la demande du nouveau pouvoir en place. L'Union africaine (UA) prend acte de la décision.
Les consultations entreprises par l'UA avec d'autres parties malgaches et des membres du GIC ont mis l'accent sur la nécessité du retour à Madagascar des personnalités ayant pris part aux dernières négociations de Maputo, boycottées par l'homme fort de l'île, Andry Rajoelina, notamment les représentants de trois mouvances de l'opposition qui y avaient participé le 8 décembre. Depuis, ces personnalités sont empêchées de rentrer à Madagascar par les autorités en place. Le Premier ministre de consensus, Eugène Mangalaza, ainsi que les deux co-présidents du Conseil présidentiel institué par un précédent accord, demeurent bloqués à l'image de la situation politique de la grande île. L'UA tente en vain de relancer le processus de mise en Å"uvre des accords de Maputo du 9 août. Ces accords sont considérés comme «la seule voie de sortie de crise». Les autorités de Madagascar, qui ont justifié ce blocage par des raisons de sécurité, ont déclaré dans un communiqué être «disponibles à dialoguer avec toutes les sensibilités pour résoudre la crise politique à Madagascar».
Et la signature d'une «charte de transition avec d'anciens chefs d'Etat qui ont tous été rejetés par le peuple malgache» ne serait que l'exemple de leur bonne volonté. Le pouvoir en place se défend d'être «le principal facteur de blocage du processus de mise en Å"uvre de la charte de la transition» comme l'accusent ses opposants. Au début des négociations avec les mouvances politiques signataires de cette charte à Maputo, le président de la transition a «constamment fait des concessions pour permettre la mise en place d'une transition consensuelle, neutre et inclusive». La présidence malgache, à sa tête Rajoelina, dit avoir accepté la nomination «imposée» d'un Premier ministre comme signe d'ouverture. Cependant, la cohabitation demeure difficile à mettre en place. Pour Rajoelina, la cohabitation «ne peut fonctionner que si les acteurs concernés acceptent de collaborer ensemble, tout en acceptant leurs divergences politiques, dans la conduite des affaires de l'Etat pour une durée déterminée».
«C'est le peuple qui les départagera en dernier ressort lors des prochaines élections», dira la Présidence. Cette dernière dénonce enfin une volonté manifeste d'«écarter le président Andry Rajoelina de la direction de la transition». Secoué par des crises à répétition depuis les années 70, Madagascar connaît une nouvelle épreuve depuis fin 2008, avec la mise à l'écart du président Marc Ravalomanana lors d'un coup d'Etat et l'arrivée au pouvoir de l'ex-maire d'Antananarivo Andry Rajoelina.
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