Port Louis — Andry Rajoelina remet en question les Accords de Maputo. Il annonce des élections législatives pour le 20 mars prochain. Le Premier ministre de la transition bloqué en Afrique du Sud n'assumera pas ses fonctions.
Le Président de la Haute Autorité de la Transition à Madagascar met fin à toutes les négociations. Il ne remplacera pas le premier ministre et autres membres des institutions bloqués en Afrique du Sud. Il annonce des élections législatives pour le 20 mars prochain.
«Nous allons tenir les élections législatives au suffrage universel le 20 mars prochain», a révélé Andry Rajoelina au cours d"une émission télévisée dans la soirée d'hier, mercredi 16 décembre, au Palais présidentiel de Iavoloha. «Nous allons rendre le pouvoir au peuple car il lui appartient. La solution doit venir de la population», a -t-il ajouté.
Pour le président de la Transition, l'Assemblée qui sortira des urnes, servira d'assemblée constituante. Elle avalisera la nouvelle Constitution. «D'abord, nous tiendrons une conférence nationale, puis des experts s'attelleront à l'élaboration de l'avant-projet de la Loi fondamentale à soumettre à l'Assemblée nationale».
En attendant l'examen de la nouvelle Constitution par le futur parlement élu, la mouvance Roelina, proposera le Premier ministre que le président nommera. Entre-temps, c'est l'équipe gouvernementale actuelle qui se charge d'administrer le pays.
Andry Rajoelina a promis des élections libres et transparentes. Il a annoncé la mise en place d'une Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui organisera le scrutin.
Cette remise en cause de l'Accord de Maputo survient à un moment où les Etats-Unis menaçaient de mettre fin aux facilités accordées à Madagascar dans le cadre de l'African Growth and Opportunity Act. Cette législation américaine accorde un traitement commercial privilégié aux pays bénéficiaires.
Le Groupe International de Contact (GIC) qui avait parrainé les Accords de Maputo n'est pas insensible à ce développement. Des membres du GIC seront dépêchés dans la capitale malgache.
L'avocat mauricien, Hervé Lasémillante, qui en fait partie se rend à Antananarivo incessamment. Il est aussi prévu que l'ancien président mozambicain Joaquim Chissano s'y retrouve en fin de semaine. Chissano présidait le GIC qui comprenait des représentants des Nations Unies, de l'Union africaine, de la SADC (La communauté des pays de l'Afrique australe).

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