Avec un IBO (Indice sur le budget ouvert) de 14% en 2008, le Burkina n'a pas encore fait de la transparence budgétaire un droit citoyen. C'est le constat auquel est parvenu le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD).
La transparence dans la gestion de l'argent public est un gage de l'Etat de droit et de la démocratie. Aussi, le public a-t-il droit à toutes les informations nécessaires sur l'utilisation des ressources financières nationales. Et c'est pour contribuer à cela que le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a adhéré au Partenariat budgétaire international (IBP). L'IBP coopère avec la société civile du monde entier pour utiliser l'analyse budgétaire et le plaidoyer comme instruments pour améliorer la gouvernance et réduire la pauvreté. Chaque année, elle mène une enquête dans différents pays (85 en 2008) pour évaluer leur indice sur le budget ouvert (IBO). L'indice sur le budget ouvert évalue la quantité d'informations mises à la disposition du public au cours de l'année budgétaire afin que la population puisse observer de quelle façon le gouvernement collecte et dépense les fonds publics. L'indice est présenté en pourcentage. Un pourcentage élevé suppose que le public a accès à une large gamme d'informations, ce qui lui permet de contraindre le gouvernement à rendre des comptes et de participer activement aux décisions de dépenses de la nation. Par contre, un faible résultat de l'IBO montre que le gouvernement prend des décisions concernant l'argent public à huis-clos, excluant le public d'une participation significative dans la prise de décision.
L'indice sur le budget ouvert du Burkina est faible (11% en 2005 et 14% en 2008). Dans le classement des pays évalués, le Burkina est donc parmi les derniers. C'est la substance de l'exposé du 15 décembre 2009 fait par Julien Naatielsé et Silwé Kaphalo, respectivement directeur des opérations et chargé de recherche du CGD. C'était au cours d'une conférence de presse tenue au siège même du CGD à Ouagadougou.
Selon le CGD, plusieurs raisons expliquent cet état de faits. Hormis l'indisponibilité des documents relatifs au budget, pour le public, le problème se situe, surtout en amont, au niveau notamment du législateur. En effet, quand bien même ce sont eux qui votent la loi de finances, nombreux sont les députés qui, ignorant même comment le budget est élaboré, sont par conséquent incapables de l'interpréter correctement au profit des populations qu'ils représentent.
En tout état de cause, le CGD a entrepris un plaidoyer auprès des autorités nationales, lesquelles devraient s'y mettre davantage, pour faciliter l'accès à l'information ainsi que la compréhension du budget par le citoyen. Elles doivent considérer l'obligation de rendre compte comme un corollaire du service public, dira Silwé Kaphalo. Le CGD plaide pour l'instauration d'un "budget citoyen", une sorte de document dans lequel serait expliqué de façon simplifiée le processus d'élaboration du budget. Ce document annuellement élaboré devrait, évidemment, être largement diffusé.

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