Exit Eugène Mangalaza, le Premier ministre de consensus de Madagascar. La primature échoit désormais à Cécile Manorohanta depuis le 18 décembre 2009. Ainsi en a décidé, par décret, le président Andry Rajoelina. La nomination de cette universitaire, ministre de la Défense sous Ravalomanana, aurait été accueillie avec beaucoup de joie dans un contexte où on plaide pour que les femmes occupent des postes de responsabilité ou aient un pouvoir de décision.
Sur le même sujet
Mais, dans le cas présent, c'est tout le contraire : le limogeage du chef de gouvernement est source de tension et de controverse sur la Grande Ãéle entre le parti au pouvoir et l'opposition. La raison est bien simple : Eugène Mangalaza a été propulsé à la tête de l'équipe gouvernementale à l'issue des Accords de Maputo et de l'Acte additionnel d'Addis- Abeba pour conduire la transition, censée sortir le pays de la crise sociopolitique dans laquelle il est plongé depuis la prise du pouvoir, au moyen de la rue, par l'actuel homme fort de Tana.
Pourtant, il y avait de bonnes raisons d'espérer, avec les négociations engagées sous la présidence de Joachim Chissano, ancien président mozambicain. En effet, le dialogue direct entre les protagonistes de la scène politique malgache avait permis de mettre en place, sur papier, les institutions de la transition. Et il était prévu une rencontre dans la capitale mozambicaine pour les derniers réglages, notamment la composition du gouvernement.
Mais, contre toute attente, Andry Rajoelina a refusé de s'y rendre sous le prétexte que la solution au problème malgache se trouve à Madagascar et nulle part ailleurs. On le voyait venir, il a fini par franchir le Rubicond, en remettant en cause les acquis et en décidant d'agir de façon unilatérale. La feuille de route de Maputo vient ainsi d'être déchirée par l'ancien DJ, qui veut que, désormais, on n'écoute que ses seules notes musicales. Le maître de Tana semble vouloir conduire seul, et selon sa vision, la transition vers des élections.
En optant pour cette stratégie de course solitaire, le pouvoir risque de replonger et d'enfoncer davantage la Grande Ãéle dans la crise, avec ces manifestations violentes de rue dont les Malgaches sont coutumiers, lesquelles ont permis de faire et de défaire les régimes précédents. Andry, surnommé TGV, est d'ailleurs bien placé pour le savoir.
Avec cette nouvelle donne, on s'achemine vers des jours agités, surtout que les trois mouvances, amenés par Albert Zafy, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, ont déjà publié la liste de leurs membres qui siégeront dans les instances de la transition que sont le Congrès, le Conseil supérieur et le Conseil national de la réconciliation, en attendant de les installer dans leurs postes respectifs.

Comments Post a comment