L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Camille Vital, nouveau Premier ministre

Négociations difficiles entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina (Photo Courtesy http//:midimadagasikara)

Le président de la Transition a nommé, hier, le colonel Albert Camille Vital au poste de Premier ministre à la place d'Eugène Mangalaza. Une nomination dont l'objectif est de contrecarrer les offensives des trois mouvances cette semaine.

Le régime en place s'en remet aux Forces armées. Andry Rajoelina, président de la Transition, nomme un officier militaire pour diriger le gouvernement en vue de la gestion des actions des mouvances des trois anciens présidents. Ces dernières insistent sur le processus consensuel et inclusif et les accords y afférents.

Le décret de nomination du colonel Albert Camille Vital a été publié par la présidence de la République, hier soir à Ambohitsorohitra. La nouvelle était dans l'air depuis quelque temps, mais elle n'a été officialisée que maintenant. La nomination d'un vice-Premier ministre, probablement issu des rangs de la Gendarmerie, est attendue.

L'officier de 57 ans, natif de Toliara, est arrivé dans la capitale hier matin, à bord d'un avion spécial en provenance de Toliara même. Cet ingénieur en génie civil, sortant de l'ex-URSS, a été encadré par les éléments de la sécurité présidentielle.

Le nouveau «Premier ministre» de la Transition a tout de suite formulé ses priorités après la confirmation de sa nomination dans la soirée. «Il s'agit de la sécurité et des élections», a-t-il indiquéau cours d'une brève déclaration à la Nation. «Je lance un appel à la population malgache, surtout aux aînés, aux chefs politiques, afin d'aider le gouvernement», a déclaré celui qui s'est mis en disponibilité au sein de l'armée depuis 2007, pour se consacrer à son agence de sécurité.

Message fort

Depuis trois semaines, l'idée d'un gouvernement militaire a fait son chemin. La nomination d'un Premier ministre issu des rangs de la Grande muette avait déjà été discutée au cours des rendez-vous des grands responsables militaires. La nomination de  Cécile Manorohanta comme Premier ministre par intérim n'a été qu'une étape pour gagner du temps, avant de revenir sur l'option militaire.

Le choix de l'officier pourrait s'expliquer par son profil face au contexte du moment. Celui-ci a fait l'École supérieure de guerre à Paris en 2001-2002, et est réputé pour sa qualité de rassembleur. Il est également perçu comme un fonceur. A priori, tout cela devrait correspondre à un message fort de la présidence de la Transition. L'objectif est de neutraliser les actions des mouvances des trois anciens présidents qui veulent mettre en place un gouvernement parallèle à la sienne.

Les dirigeants des trois mouvances ont tout de suite rejeté la nomination, découlant d'un pouvoir qu'ils ne reconnaissent pas. «C'est une décision illégale, prise par une autorité illégale», a protesté Emmanuel Rakotovahiny, co-président de la Transition, qui assure la poursuite du programme de mise en place des institutions prévu dans le cadre des accords de Maputo et d'Addis-Abeba.

Même son de cloche chez Fetison Andrianirina, l'autre co-Président. «Andry Rajoelina est sorti du cadre des Accords de Maputo et d'Addis-Abeba et il est revenu au statut de celui qui a pris le pouvoir d'une manière inconstitutionnelle», fait-il remarquer. Il promet ainsi la poursuite des actions des trois mouvances dans le cadre des accords signés aux mois d'août et novembre. «Si Rajoelina sort de ce cadre, nous continuons de rester à l'intérieur de celui-ci. Nous allons mettre en place les institutions prévues par les textes», a-t-il conclu.

Rajoelina démonte les trois mouvances

Le gouvernement en place continue de couper l'herbe sous les pieds des mouvances des trois anciens Présidents. Dans son communiqué d'hier soir, la présidence de la Transition a confirmé la caducité de la co-Présidence, de la présidence du Congrès, ainsi que de la présidence du Comité national pour la réconciliation.

La communication explique cet état de fait par les dispositions de l'ordonnance du 18 décembre, concernant la réorganisation du régime de transition. L'ordonnance en question renie les accords signés par Andry Rajoelina, qui se proclame «président de la Transition» dans ledit texte, ainsi que les conséquences qui en découlent.

Le régime de transition n'épargne pas non plus le «Premier ministre de consensus», Eugène Mangalaza. Au cours d'un «conseil des ministres» à Ambohitsorohitra dans la soirée, il a abrogé la nomination de son directeur de cabinet, après avoir limogé le locataire de Mahazoarivo vendredi.


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Comments 1 to 1 of 1 Post a comment

  • Malagas
    Dec 21 2009, 07:53

    As the colonialists say the African & Malagasy know only dancing & drinking to get drunk ;this is why they put a DJ as president of the putchist in Madagascar . It is almost the case in all Africa ,the colonialists wants the peolple only to dance and to fight for the joy and honour and benefit of the colonialist . Jesus is the light O God listen our Prayer drive us on the right way .