M'hamed Jaibi
20 Décembre 2009
La vitesse grise, dit-on, soûle, ennivre Plus, ceux qui ont bu, certes, mais généralement tous les inconscients qui prennent le volant de leur auto comme ils prendraient celui d'une voiture tamponneuse à la rigolade.
Ces inconscients, ce sont malheureusement nous tous conducteurs, bons pères de famille ou routiers dont c'est le gagne-pain, ou encore jeunes gens et jeunes filles à la fleur de l'âge, pétillants de vie.
Ceux qui roulent «à tombeau ouvert», ce sont donc des citoyens ordinaires sans la moindre intention de mal faire, qui appuient machinalement sur «le champignon» pour frimer, pour tester leur voiture ou pour écourter leur voyage.
Et fort heureusement, le code de la route est là pour les en dissuader. Pour nous dissuader. Souvent, certes, sans succès, sauf que les radars automatiques pourraient bien faire enfin réfléchir ceux qui, jusque-là étaient statistiquement sûrs d'échapper au filet correcteur de tort que la société a tissé pour se préserver.
Car, il est impératif de contenir cette envie irrésistible de «rouler à tombeau ouvert». Particulièrement chez ceux dont le métier est de transporter les gens : louagistes, taxistes et chauffeurs de bus.
Et il est évident qu'une simple contravention, même répétée, ne saurait dissuader ces professionnels qui labourent nos routes à longueur de journée et prennent en charge la sécurité et la vie de ceux que nous aimons : enfants, parents et amis.
Les perspectives qu'offre le radar automatique sont, à cet effet, énormes. Car, il est le témoin infaillible (sauf défaillance technique) de nos excès, de nos erreurs et de nos errements. De ces moments de faiblesse que personne parmi nous ne voudrait afficher.
Le code de la route prévoit diverses mesures sanctionnant les excès de vitesse, en fonction de l'écart qu'ils marquent par rapport à la vitesse limite autorisée. Mais s'agissant de conducteurs vivant de leur art, la responsabilité mérite d'être considérée avec une attention redoublée.
Il est, en effet, essentiel de voir ces professionnels de la conduite automobile baliser de manière saine et effective la morale de bonne conduite automobile dont le besoin se fait sentir de manière de plus en plus pressante.
C'est à travers eux que la culture de prévention routière a des chances de s'ancrer au lieu de celle du risque et des excès dont nous rencontrons, chaque jour, sur nos autoroutes et voies rapides, les malencontreuses manifestations.
Un taxiste qui roule en sens interdit, un louagiste qui double en 3e position ou en zone d'interdiction, un bus qui brûle un feu rouge aux yeux d'observateurs avertis Et ces excès de vitesse monstrueux, doublés d'une imprudence mortelle et d'une inconscience révoltante !
Ne pourrait-on pas réfléchir à des sanctions dissuasives qui s'appliqueraient à ceux des professionnels de la route qui s'illustreraient par une tendance particulièrement fâcheuse à la récidive.
Car, si «rouler à tombeau ouvert» ouvre, dans tous les cas, les portes de l'enfer, cela dégage, s'agissant des professionnels du transport en commun, les voies de véritables hécatombes. Celles que l'on comptabilise en fin d'année avec un sentiment de résignation sans limites, comme autant de records dont on se passerait bien.
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