Aussitôt le quarante-neuvième anniversaire de la fête nationale terminé à Ouahigouya que l'on pense déjà à celui du cinquantenaire à Bobo-Dioulasso en 2010. Après avoir passé au peigne fin les différentes étapes de l'organisation et du déroulement de cette commémoration dans la région du Nord, le président du comité national d'organisation, le ministre Pingdwendé Clément Sawadogo évoque la spécificité de la célébration du jubilé d'or dans la capitale économique du pays.
Quel bilan dressez-vous de la célébration de la fête nationale à Ouahigouya ?
Le 11-Décembre a été tout simplement très commode pour les habitants de Ouahigouya et de tout le Nord. Ils ont unanimement exprimé leur joie d'avoir eu l'occasion d'accueillir tout le reste du pays chez eux. Tous les festivaliers et tous les étrangers ont pu remarquer leur hospitalité indiscutable.
Elle s'est aussi traduite par la discipline et la joie dans les visages et dans la mobilisation débordante. Le 49ème anniversaire s'est déroulé dans de meilleures conditions. Dans l'ensemble, pour ce qui est du bilan, le Comité national d'organisation (CNO) a rempli la mission à lui confiée, à savoir élaborer un programme d'activités et l'exécuter.
Le contenu des festivités a été plus lourd que celui des éditions précédentes. Sur une semaine, il y a eu des activités bien nourries. Toutes celles qui ont été inscrites ont été réalisées comme prévu. Le taux de réalisation est estimé à plus de 100%, car des activités ont été initiées par les acteurs locaux.
Avez-vous réellement senti un engouement chez la population du début à la fin ?
Il faut le reconnaître, le début a été quelque peu timide. Mais à la fin, les organisateurs ont eu du mal à contenir la foule. Et pendant la parade, ma crainte était que l'on ne piétine des femmes et des enfants, tellement l'engouement était fort, ce jour-là. Dieu soit loué, personne n'a été blessé. Les forces de l'ordre ont été instruites de gérer les spectateurs dans la sérénité, afin d'éviter des bousculades préjudiciables.
Le service s'est résolu à contenir la foule en s'abstenant de la brutaliser. Et c'est tout à l'honneur des forces de l'ordre et de sécurité. De plus en plus, elles affirment un réel professionnalisme dans le domaine du service d'ordre. La sécurité à elle-seule, a tenu en haleine environ un millier d'agents de différents corps.
La commémoration a été étayée par six accidents dont un seul grave, celui d'un motoriste qui a eu une chute à Yako. Le ballet aérien n'a aucunement été un moment de frayeur pour le comité d'organisation. Les hommes qui l'ont organisé sont dignes de confiance. Le saut de parachutistes a été impeccable. Notre armée de l'air est valeureuse. L'incident très malheureux et très regrettable survenu l'an dernier, est arrivé une fois, mais cela ne doit pas alimenter une psychose permanente.
L'étape de Fada-N'Gourma n'a-t-elle pas constitué de détonateur pour mieux organiser les festivités à Ouahigouya ?
Depuis la reprise des célébrations festives du 11-Décembre et l'institution de sa commémoration tournante, les deux premières ont toutes réussi. Celle de Ouahigouya a été une particularité, parce qu'elle s'est enrichie des leçons tirées des éditions antérieures. Le programme global est toujours le même mais avec une touche particulière liée à la spécificité. Des infrastructures ont été réalisées à Ouahigouya tout comme à Fada N'Gourma avec une amélioration de la qualité. La parade, notamment le défilé des civils, l'habillement, les séquences et les commentaires permettent d'affirmer qu'il y a eu du sans-faute.
C'est le lieu de rendre hommage à tous les maîtres d'oeuvre de ce travail, qui ont fait preuve de créativité, d'innovation par rapport aux éditions passées. Le volet animation a enregistré la participation de grandes vedettes internationales auxquelles l'on n'y avait pas pensé à Fada N'Gourma. Enfin, le feu d'artifice a été d'une beauté exceptionnelle, car ces instants ont été plus nourris et mieux organisés.
Quel a été le coût financier de toute cette manifestation ?
Les infrastructures (voies bitumées, aérodrome, habitat, plate-forme maraîchère...) ont englouti la majeure partie du budget alloué estimé à six (6) milliards F CFA. C'est un sacrifice qu'il faut consentir dans le respect même de l'esprit de la célébration tournante. Les ressources sont allées là où elles devaient aller, afin d'apporter un souffle au développement local des chefs-lieux de région.
Après la fête, y a-t-il un mécanisme de contrôle des dépenses et des ouvrages ?
Chaque infrastructure doit être affectée à une structure d'organisation et de gestion pour pérenniser l'investissement et rentabiliser les infrastructures. Les logements sociaux seront envahis d'ici à là par les fonctionnaires.
L'on a constaté une finition de chantiers à la dernière minute. Quelles dispositions prendrez-vous pour éviter cela à Bobo-Dioulasso ?
Cela est inévitable. D'une fête nationale à une autre, le temps d'organisation et de réaction des différents acteurs est un handicap. Pour Bobo-Dioulasso, le chef de l'Etat a donné instruction pour que l'anticipation soit la règle en la matière. Ainsi, le Premier ministre s'est personnellement rendu dans la capitale économique pour rencontrer les forces vives, le 30 novembre dernier. Une délégation ministérielle ira aussi voir ce qu'il faut réaliser.
Quelle sera la particularité de la célébration de Bobo-Dioulasso, étant donné que c'est le cinquantenaire ?
Il y a eu plusieurs conseils de cabinet avec le chef du gouvernement. Bobo-Dioulasso reçoit le jubilé d'or de la fête nationale. Si le chef de l'Etat a voulu qu'elle soit célébrée dans la capitale économique, il a souhaité aussi que ce cinquantenaire soit étalé sur toute l'année 2010.
Un ministre a été désigné pour organiser ce volet. Les activités doivent revêtir un caractère spécial. Nous aurons beaucoup d'invités, et la fête doit être à la hauteur. La gamme des activités sera aussi revue. Les axes de son discours du 49ème anniversaire sont visibles.
C'est une adresse avec une forte dose d'engagement personnel du chef de l'Etat et la volonté d'engager notre peuple dans le combat. Nous y croyons. Les pays qui ont émergé ne sont pas meilleurs au nôtre. Il faut que le peuple se mobilise autour de son président.
Avec la collaboration de la RTB/Radio nationale

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