Le monde rural se vide, petit à petit, de ses bras valides. Aussi avec l'appui de l'Union des maisons familiales de France, les ruraux sénégalais ont décidé de relancer la formation agricole pour retenir les jeunes au terroir en les outillant professionnellement.
L'Association nationale des maisons familiales rurales était en conclave pendant trois jours dans la cité du rail.La rencontre tenue dans les locaux de la Chambre de commerce et d'industrie de Thiès en présence de différents partenaires s'est voulue un moment de réflexion dans le sens de la reprise mais aussi de la relance du programme de formation professionnelle agricole rurale.
Lequel programme a, de tout temps, été une des missions premières des maisons familiales rurales, avant de connaître des instants de latence consécutifs au désengagement de l'Etat en 1982. C'est en effet à cette date, selon le président de l'Association des maisons familiales, Thierno Guèye, que l'Etat a cessé de les appuyer dans le domaine de l'encadrement. Un arrêt qui, selon lui, s'est traduit par une recrudescence de l'exode qui a fini par s'amplifier dangereusement avec l'émigration clandestine.
'Vers les années 80, il y a eu le désengagement de l'Etat et le programme d'ajustement structurel qui ont pesé lourd sur la participation effective des maisons familiales à la formation professionnelle des jeunes ruraux. Mais aujourd'hui, nous avons décidé, en partenariat avec le bureau de la formation professionnelle et l'Ancar, de réintégrer ce volet dans notre programme', précise Thierno Guèye. D'autant que le monde rural se vide, petit à petit, de ses bras valides.
Aussi avec l'appui de l'Union des maisons familiales de France, les ruraux sénégalais ont décidé de relancer la formation agricole pour retenir les jeunes au terroir en les outillant professionnellement. La nouvelle formule retenue pour cette activité devrait, si l'on en croit le président, reposer sur une démarche de rupture puisque devant prendre en compte l'évolution technologique dans le monde rural. C'est ainsi, fera-t-il savoir, qu'au sortir de la rencontre, un groupe de travail va s'activer autour d'un module de formation apte à permettre aux jeunes ruraux de mieux s'insérer dans leur milieu au lieu d'aller remplir les bidonvilles des centres urbains.
La rencontre de Thiès a aussi été l'occasion pour les représentants des maisons familiales de faire le point sur les difficultés qui bloquent leur plein épanouissement. Des difficultés d'ordre constitutionnel et institutionnel comme le phénomène qui a accompagné les maisons familiales à leurs débuts et qui s'est rompu vers les années 80 compte tenu des programmes d'ajustement structurel. 'Nous recevions une subvention de l'Etat. La suppression de cette subvention en 1982 a naturellement engendré des difficultés financières et institutionnelles', dira le président de l'Association des maisons familiales.
S'agissant de la difficulté relative à leur expulsion des locaux qu'ils occupaient à Thiès, Thierno Guèye fera savoir qu'ils ne s'avouent pas vaincus et entendent continuer le combat même si, pour l'instant, ils ont été contraints de se plier à la volonté des forces étatiques. Lesquelles les auraient arbitrairement déguerpis de leur siège pour y installer l'Ufr Santé de l'université de Thiès. 'Ce problème est encore devant nous puisque nous avons commis des avocats, Mes Aïssata Tall Sall et Macodou Ndiaye.
Nous ferons tout ce qui est notre pouvoir pour être rétablis dans nos droits ou à défauts qu'on nous dédommage par rapport aux investissements que nous ayons faits sur le site. Lesquels investissements sont évalués à 28 millions 500 mille francs Cfa de l'époque, (en 1971)'. De même, poursuit le président Thierno Guèye, l'Association des maisons familiales rurales a introduit une demande d'audience auprès du maire de la commune de Thiès afin de lui demander de leur allouer un terrain qui leur permettra de construire de nouveaux locaux.

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