Le Potentiel (Kinshasa)

Ouganda: Education - Une chèvre reçue de Heifer ouvre les portes de l'école à une Ougandaise

Kinshasa — La couverture du livre intitulé La chèvre de Béatrice, inspiré par l'histoire de Béatrice Biira. Publié en 2001, il est devenu l'un des livres d'enfants les mieux vendus, selon la liste du New York Times.

Née dans le dénuement en 1984 dans un village reculé de l'Ouganda, la petite Béatrice Biira rêvait d'aller à l'école. Au lieu de cela, elle devait rester chez elle pour aider sa mère à s'occuper de ses cinq frères et sa soeur et à travailler dans les champs. Ses parents n'avaient pas d'argent pour lui acheter un uniforme ou des manuels scolaires. Une éducation, pensait-elle, était hors de sa portée.

Or, à des milliers de kilomètres de là, un groupe confessionnel de jeunes de Niantic, dans l'État du Connecticut, avaient décidé de contribuer à une bonne cause. Ils envoyèrent donc de l'argent à Heifer International, une organisation sans but lucratif de l'Arkansas qui fournit du petit bétail à des familles pauvres dans le monde entier.

Quand Béatrice Biira avait 9 ans, sa famille fut l'une des douze du village de Kisinga à recevoir chacune une chèvre de Heifer grâce à la générosité des résidents de Niantic. Mlle Biira l'appela Mugisa, un mot qui signifie « chance ». Mugisa eut tôt fait d'avoir deux chevreaux et les trois animaux produisirent ensuite assez de lait pour améliorer la nutrition de la famille Biira. Chaque matin, Mlle Biira vendait le lait supplémentaire si bien qu'en trois mois, elle avait réussi à économiser assez d'argent pour s'acheter un uniforme et des fournitures scolaires, et pour commencer l'école.

Deux ans plus tard, un groupe de personnes qui appuyaient Heifer se rendirent à Kisinga pour voir l'effet de leurs contributions sur la vie des habitants de ce village ougandais. Il était évident que le lait des chèvres avait amélioré la santé des résidents, avaient-ils constaté. Les familles utilisaient le fumier dans leurs jardins, ce qui leur avait permis d'accroître la production d'aliments sains. Et certaines des familles qui avaient reçu des chèvres avaient pu faire assez d'épargnes pour lancer un petit commerce ou bâtir une maison.

Béatrice Biira sourit le jour de la remise de son diplôme universitaire. Elle souhaite utiliser son éducation pour établir une organisation dont le but sera d'aider les femmes et les enfants de sa collectivité dans son pays natal.

Parmi le groupe qui s'était rendu à Kisinga figuraient l'auteure de livres pour enfants, Mme Page McBrier, et l'illustratrice, Mme Lori Lohstoeter, qui ont toutes deux décidé de raconter l'histoire de Mlle Biira pour montrer comment le petit don d'une chèvre avait offert à une fille de Kisinga la chance d'aller à l'école. Leur livre, intitulé « La chèvre de Béatrice », a été publié en 2001 et est devenu l'un des livres d'enfants les mieux vendus, selon la liste du New York Times. Une portion des ventes va à Heifer qui s'en sert pour fournir des animaux d'élevage et des abeilles domestiques à des familles démunies de par le monde, et une formation pour qu'elles puissent s'occuper de ces dons.

Au fil des ans, Mme Rosalee Sinn, un membre du groupe qui s'était rendu à Kisinga en 1995, était restée en contact avec Mlle Biira avec laquelle s'était immédiatement prise d'amitié. Mme Sinn l'a encouragée à faire une demande de bourse d'études aux États-Unis et Mlle Biira a suivi son conseil. Élève douée, Mlle Biira a obtenu une bourse dans un lycée du Massachusetts qui l'a préparée à l'entrée à l'université au Connecticut College, avec une autre bourse.

Pendant ses études universitaires, Mlle Biira a réussi à obtenir un stage au bureau de Mme Hillary Rodham Clinton, qui, à l'époque, était sénatrice à Washington.

En Mai 2008, Mlle Biira a reçu son diplôme de bachelière en développement international, puis elle s'est inscrite au collège Clinton pour la fonction publique de l'université d'Arkansas, à Little Rock, où elle devrait obtenir sa maîtrise en mai 2010.AMERICA.GOV (WASHINGTON, DC)

Agée aujourd'hui de 25 ans, Mlle Biira dit que la vie universitaire exige beaucoup de travail et de patience. Elle souhaite utiliser son éducation pour établir une organisation dont le but sera d'aider les femmes et les enfants de sa collectivité, dans son pays natal, a-t-elle indiqué dans une discussion en ligne le 2 décembre.

Depuis qu'elle habite aux États-Unis, Mlle Biira rentre une fois par an dans son village où elle encourage les enfants, et en particulier les petites filles, à viser une éducation. L'occasion d'aller à l'école ouvre de nombreuses portes, dit-elle.

En Afrique, on disait souvent que les filles n'avaient pas besoin d'aller à l'école parce qu'elles se marient et ont des enfants à jeune âge, « mais cette idée est heureusement en train de disparaître ».

Mlle Biira encourage aussi les femmes à créer de petits commerces. « Les femmes ont beaucoup de talent qu'elles peuvent transformer en gagne-pain », dit-elle. Un grand nombre des Ougandaises qu'elle connaît « travaillent très dur ; elles sont déterminées, persévérantes et prêtes à travailler pour améliorer leur statut financier ».

AMERICA.GOV (WASHINGTON, DC)


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