De l'optimise dans l'air : l'économie mondiale se reprend, mais difficilement. Pour l'instant, on s'éloigne progressivement des zones de turbulences. Les prix du pétrole, par exemple, qui chutaient à trente-quatre dollars, tournent aujourd'hui autour de soixante-quinze dollars, les marchés d'actions, plombés par des prévisions sombres émises par certaines institutions, affichent actuellement des indices au vert. La crise financière avait fait parler d'elle, mobilisé spécialistes financiers, économiques et politiques.
Elle avait attisé les craintes sur la demande pétrolière, sur l'avenir des Bourses, des banques et sur l'économie mondiale, de manière générale. Certains s'attendaient d'ailleurs à une récession dans les pays développés, avec une contraction de l'activité qui allait atteindre 0,3%. Du jamais-vu. La crise avait fait sauter des verrous, créé de l'anarchie.
Certains investisseurs s'étaient d'autant plus délestés de leur pétrole qu'ils avaient vu leur pouvoir d'achat érodé par une remontée du dollar face à l'euro : le billet vert s'était, à un moment donné, nettement raffermi. La tendance baissière, née de la crise financière, avait complètement effacé des gains acquis précédemment.
La suprématie du billet vert n'a été, en fait, que pour un temps, la monnaie européenne affichant des valeurs en hausse. La crise est partie des Etats-Unis, mais son impact est planétaire. Le monde était face à un problème limité a priori à un segment du marché hypothécaire d'un seul pays. Les instruments de mesure et de gestion des risques des banques avaient été dépassés par la crise. Ils avaient failli.
Cette situation avait, toutefois, permis de tirer les conséquences de la capacité limitée des banques à mesurer leurs risques et de la capacité modeste des autorités à les surveiller. Il y avait eu également les risques inflationnistes qui pesaient sur l'économie mondiale, notamment en raison de la flambée des produits pétroliers. La perturbation des prix des matières premières, notamment du pétrole, provoquait, entre autres, une poussée de l'inflation.

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