Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Les grands moments 2009 de la culture ivoirienne (Première partie) - L'ASCAD et la CEDEAO entretiennent l'espoir, le MASA plonge

L'année 2009, au plan culturel, a été marquée par les deux rentrées solennelles de l'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines (ASCAD), « Noël du livre », une rencontre organisée par l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire, la 3éme Conférence des ministres de la Culture de la CEDEAO et « la mort » du Marché des arts du spectacle africain (Masa).

Le sanctuaire oraculaire des immortels, notamment l'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines s'est intéressé au développement du cinéma ivoirien sur le thème, "Le cinéma en Côte d'Ivoire", support d'une conférence dite par Timité Bassori, le tout premier cinéaste ivoirien. Le conférencier, qui a d'abord situé l'histoire du cinéma au niveau africain a, expliqué comment il est arrivé dans les salles en Côte d'Ivoire.

"En Afrique, dans notre ex-Afrique Occidentale Française, révèle Timité Bassori, les premières projections se situent dans la première décennie du 20ème siècle. En Côte d'Ivoire, il faudra attendre les années 30 pour avoir des projections de films permanentes dans des salles fixes de cinéma à Abidjan. Il a par ailleurs relevé que les années 70 ont été jalonnées de situations et d'évènements divers concernant le cinéma commercial dans la sous-région. Il a ensuite noté que ces évènements ont bouleversé ce secteur. Le coup de grâce, selon lui, a été donné par la naissance de la vidéo et son arrivée en Côte d'Ivoire. L'autre volet de la rentrée solennelle s'est porté sur la paix, ou comment sortir de la crise en empruntant le chemin des lettres, de l'économie, du droit.

A l'effet, le professeur Séry Bailly s'est interrogé : "Comment la littérature représente- t- elle la crise et la sortie de crise en Afrique ? Il a indiqué en effet que la littérature étant une utilisation de la parole à des fins artistiques, chacun la fait fonctionner selon la manière dont l'histoire l'interpelle sans que l'opinion de l'homme-écrivain soit forcément ce que dit son oeuvre. Séry Bailly fait savoir que si la paix, selon Umberto Eco, est une conquête et non un héritage, la littérature contribue à sa conquête et à sa sauvegarde. Au plan économique, faisant la liaison avec la paix, le professeur Mamadou Koulibaly , président de l'Assemblée Nationale, a soutenu que la paix et l'économie se supportent mutuellement mais au commencement, ce sont les libertés économiques qui, par la reconnaissance des droits de la propriété et du libre échange, créent les conditions d'une interaction sociale, paisible et juste. Le professeur a indiqué que cette vie sociale à son tour stimule les libertés politiques et les stabilisent pour en faire le socle de la pérennité de la paix. Il a conclu que les libertés économiques et politiques construisent la paix des nations. "L'économie de la liberté est la voie de la démocratie sur laquelle repose la paix, a noté Mamadou Koulibaly. Comme le dit Shakespeare dans la tragédie de Cymbeline : "La paix et l'abondance engendreront les lâches ; la nécessité fut toujours la mère de l'audace". pour vivre en paix nous devons être libres et pour être libres, il n'y a que l'audace pour nous guider".

La 3ème Conférence de la CEDEAO

Au nombre des évènements marquants, se range la 3ème conférence des ministres de la culture de la CEDEAO qui s'est déroulée à Abidjan le 31 juillet 2009 sur le thème"Culture et intégration régionale : des engagements aux réalisations et perspectives ?"

La CEDEAO et les Etats membres ont posé des actes essentiels dans la coopération culturelle régionale en Afrique de l'Ouest, notamment dans le plaidoyer, le soutien à la créativité et l'harmonisation des politiques, avec l'adoption par la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement du protocole portant accord culturel du programme culturel, du plan d'action régional et la création du prix d'excellence de la CEDEAO. Concrètement, la CEDEAO a organisé ou soutenu de nombreuses manifestations culturelles d'envergure régionale parmi lesquelles le FITHEB, le FESPACO, la biennale Dakar'art, la semaine de l'expression de la parenté à plaisanterie(Niger), le festival des racines(Gambie), le triangle du balafon (Mali), la conférence régionale d'Abidjan sur les arts et la culture, la construction d'un marché culturel commun. Cet élan traduit la promotion de la culture, et tente d'harmoniser les relations sociétales dans la zone Afrique.

La rencontre initiée par l'association des écrivains baptisée « Noël du livre 2009 » emprunte le même chemin. Des écrivains, qui ont réalisé des performances, ont été distingués et un hommage remarquable a été rendu à Jean-Marie Adiaffi Adé dont on célébrait par ailleurs le 10ème anniversaire de sa disparition.

Dans notre démarche, nous pouvons noter le non déroulement du Marché des arts du spectacle comme un triste évènement. La question et la politique de promotion du MASA, ayant certainement manqué d'une certaine dynamique, ont engendré son étouffement.

Souhaitons que les jours qui viennent apportent plus de panache aux promoteurs des arts et de la culture afin que la Côte d'Ivoire marche vers le développement.


Copyright © 2010 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment