Cameroun: Touboro - Le Bir abat deux militaires tchadiens

L'altercation a eu lieu le 20 décembre dernier près de Gazawa dans l'Adamaoua.

Hamid Oumar Nassour, le consul du Tchad au Cameroun avec résidence à Garoua et Saidouna Ali, conseiller aux affaires juridiques et financières des services du Gouverneur de la région de l'Adamaoua ont assisté hier à l'hôpital régional de Ngaoundéré à la cérémonie de décharge du corps du caporal Ahmet, mort dans un accrochage entre les forces de défense camerounaise et tchadienne. Les faits jusqu'ici bien entourés de secrets remontent au 20 décembre 2009. Lorsque les éléments du 4ème bataillon d'intervention rapide du Nord alors stationnés dans les environs de la localité de Gazawa à 12 kilomètres de Touboro, sont informés par des passants que des coupeurs de route étaient en pleine opération dans le village en question. Très vite les hommes du lieutenant Fon vont se déployer sur les lieux pour y tendre une embuscade.

Un terrain investi en fait par quelques militaires Tchadiens appartenant à la 522ème compagnie, 52ème bataillon, 5ème régiment d'infanterie, région militaire n°11, détachement de Koumbété. Lesquels militaires Tchadiens ont prétendu plus tard s'être lancés aux trousses des coupeurs de route.

A l'issue des échanges très nourris de coups de feu qui s'en suivront, un militaire tchadien le caporal Hamid Djido Acyl est tué sur le coup, son corps sera par la suite transporté à la morgue de l'hôpital régional de Ngaoundéré. Le lieutenant Yakoub Adam Addel Aziz, par ailleurs chef du détachement de Koumbité dans l'arrondissement de Larmaye, sera déclaré mort de suite de ses blessures au Tchad comme l'a indiqué une délégation de Larmaye (venu revendiquer le corps de l'autre militaire), d'où sont venus les «assaillants». Deux autres blessés graves côté tchadien, seront transportés d'urgence à l'hôpital d'Andoum au Tchad, selon des informations glanées auprès du commandant de bataillon de Koulingar Aydé de Baibokom, chef lieu du département de Mot de Lam au Tchad. Côté camerounais, aucune perte en vie humaine.

Bavure

Alors que la dépouille du caporal Hamid Djido Acyl logé jusqu'à ce mardi 05 janvier à la morgue de l'hôpital régional de Ngaoundéré, est rapatrié ce même jour au Tchad, la polémique au sujet de cette affaire enfle. Côté tchadien l'on continue d'affirmer qu'il s'agit là d'une bavure de l'armée camerounaise qui aurait confondu les militaires tchadiens aux coupeurs de route. Quoiqu'ils affirment qu'ils étaient réellement aux trousses des coupeurs de routes, les tchadiens démentent par contre s'être introduit en territoire camerounais. Cependant, un tchadien le nommé Bekatou Jérémie cultivateur domicilié à Nkoundaye au Tchad affirme le contraire.

«J'étais au marché de Gazawa (au Cameroun) avec mes femmes. C'est à notre retour que nos frères, les militaires tchadiens ont tiré sur moi. J'ai été touché au niveau de la cuisse droite. Nous étions encore même au Cameroun. C'est quand mes femmes m'ont vu tombé qu'elles ont couru signaler aux militaires camerounais». Pour le lieutenant Fon du 4ème bataillon d'intervention rapide (Cameroun) qui a mené en compagnie de ses éléments les opérations sur le terrain «il ne s'agit en aucun cas d'une bavure de l'armée camerounaise. Les militaires tchadiens en question étaient bel et bien en train de couper». En tout cas ce n'est pas la première fois que des accrochages entre armées camerounaise et tchadienne sont enregistrés à la frontière des deux pays.

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