Wal Fadjri (Dakar)

15 Janvier 2010

Sénégal: Formation professionnelle - Pourquoi les écoles privées pullulent?

L'absence de contrôle dans les établissements d'enseignement supérieur privé est la source des offres illimitées de formation professionnelle au Sénégal. C'est la révélation d'un agent du ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle qui participait à un atelier.

Un coin du voile vient d'être levé sur la cause de la prolifération des écoles et instituts de formation professionnelle privée au Sénégal. Si ces institutions poussent comme des champignons dans le chez nous, au point de susciter des inquiétudes, c'est parce qu'il y a une absence de contrôle de ces établissements d'enseignement supérieur. Agent au ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Sadikh Mbaye en a fait hier la révélation au cours d'un atelier sur : 'L'Orientation professionnelle et le développement personnel'. 'Nous sommes confrontés à un sérieux problème.

Les écoles et instituts de formations privés démarrent même avant de se faire déclarer auprès des autorités compétentes. Nous sommes bien conscients de la multiplication des structures de formation professionnelle au Sénégal.

Mais nous n'avons pas les moyens financiers pour les contrôler', a-t-il déclaré lors cette journée promotionnelle de l'emploi organisée par l'Institut supérieur de formation en management, ingénierie et technologie (Mit) en partenariat avec l'Association nationale des directeurs et cadres du personnel (Andcp) et le Club des directeurs de systèmes d'information au Sénégal (Dsi). A l'appui de ses allégations, il évoque la faiblesse de la part du montant du budget du Pdef (Programme décennale de l'éducation et de la formation) allouée à son ministère. 'Le département ministériel de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle ne détient que 4 % du budget du Pdef. C'est insuffisant', a-t-il ajouté.

En tenant ces propos, Sadikh Mbaye était dans une logique contextuelle d'apporter une réponse au modérateur de la rencontre, M. El Hadj Sarr. Vice-président de l'Andcp, ce dernier avait en effet jeté un pavé dans la marre lorsque, sur un ton provocateur, il souleva le problème qui fâche : celui de la régulation du secteur de la formation professionnelle au Sénégal. 'La prolifération des écoles de formation professionnelles est un problème sérieux au Sénégal. Il y en a beaucoup. Il faut qu'on en arrive à la régulation du secteur de la formation au Sénégal', a-t-il déclaré avant d'interpeller les pouvoirs publics en charge de ce dossier. 'Un minimum d'efforts doit être fait par l'autorité compétente', a indiqué El Hadj Sarr, par ailleurs chef du département management des ressources humaines de la Société nationale des télécommunications du Sénégal (Sonatel).

Cette sortie a provoqué une réaction rapide d'un propriétaire d'école qui s'est senti menacé par les propos de M. Sarr. Ce dernier ayant fait une incursion dans son territoire, il ne pouvait qu'adopter une position défensive pour protéger sa face en demandant à ce qu'on donne la liberté à ceux qui veulent entreprendre. 'Il faut laisser au marché le soin de déterminer l'offre de formation. Nous sommes dans un contexte de libéralisation, il faut laisser à ceux qui le veulent la liberté d'entreprendre. D'ici quelques années, les écoles de formation qui ne s'adapteront pas aux exigences du marché vont disparaître', a-t-il laissé entendre.

Mais cette position a été rapidement rejetée par certains participants à la rencontre. Ces derniers estiment que ce serait une grande perte de temps pour les étudiants qui espéraient être dans un établissement ayant rempli toutes les conditions pouvant leur permettre de se lancer sur le marché de l'emploi. Une perte aussi d'argent pour les parents et autres tuteurs qui auront dépensé une fortune pour la formation de leurs enfants.

La question de la prolifération des écoles de formation professionnelle privée est donc délicate. Mais les solutions ne manquent pas. Elles viennent du ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Selon sa représentante à cette journée d'échanges, des dispositions sont en cours d'études pour moraliser le secteur de la formation. Mme Cécile Mbengue Ndiaye parlera ainsi de la réforme en cours pour adopter une nouvelle approche par les compétences, l'élaboration d'un cadre de certification et la mise en place d'une commission d'homologation des titres et des diplômes.

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