Le Messager (Douala)

Afrique: Sensibilisation - Des artistes promeuvent le condom féminin

Ils sont chanteurs, humoristes, journalistes. Une quinzaine d'artistes africains à la réputation établie ont apposé leur voix sur un single qui carbure. «Je prend les choses en main», tel est le titre que le « Collectif Female condom for all » a choisi collé à ce single. Une oeuvre, du reste, produite par l'Association camerounaise pour le marketing social (ACMS) que pilote Nestor Ankiba. C'est en réalité un maillage pluri générationnel et pluridisciplinaire.

La vieille garde dont le porte-étendard est l'inusable Manu Dibango et l'indétrônable Anne Marie Nzié, y joue un rôle de premier plan. Le Grand Manu, comme on l'appelle affectueusement, assure les arrangements avec le soutien de Roger Minka. La génération intermédiaire est représentée par le Prince Afo Akom, Atango de Manadjama, Nar6 Prize, Fally Ipupa, Boudor, Isnebo, Corry Denguemo du groupe Macase entre autres.

Les jeunes loups aux dents longues qui font fureur ces derniers mois n'ont pas été laissés dans l'arrière cour de l'histoire d'une chanson qui fait sensation. Majoie Ayi, Lady Ponce, Nono Flavie, Valsero...La pluridisciplinarité dans ce chef d'oeuvre n'est pas aussi une vue de l'esprit. Deux humoristes aux talents certains. Mais alors, pas de bouffons en peine ! Valery Ndongo et Kardinal Dubien, accompagnent le splendide travail musical. Tout comme Michèle Ngoumou, journaliste à la Cameroon radio and television (CRTV) irradie de sa voix fluette les messages contenus dans ce premier jet musical qu'a goupillés l'ACMS. Le « Collectif Female condom for all » prône dans «Avec Protectiv, je prends les choses en main» l'appropriation du préservatif féminin par les couples sexuellement actifs.

Il s'agit pour ce groupe de promouvoir l'ancrage d'un judicieux moyen de protection contre les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles (IST) dans les moeurs des Africains qui croupissent au quotidien dans les affres du VIH/SIDA. En substance «le préservatif féminin, c'est pour les femmes qui savent ce qu'elles veulent, et les hommes qui veulent le meilleur pour les femmes. L'utiliser, c'est s'engager à préserver la santé. Cet engagement, nous le partageons. Il faut pincer et il faut insérer...», chante Manu non sans faire valoir son légendaire rire. Et Majoie Ayi de rebondir : «cessons de faire du préservatif féminin un mystère, parce que beaucoup d'hommes n'aiment pas entendre parler de protection... ». Avant de céder le flanc à Kardinal Aristide 1er qui conclut en ces termes : «le préservatif féminin, c'est bien. Il ne fait pas de bruit. Tu peux l'insérer huit heures avant le rapport sexuel. Et ça aussi, c'est bien !»

Vidéogramme

A la vérité, les paroles ont été concoctées par Emilienne Assama, Bertrand Di Mody et Lilly Claire Ekobika de l'équipe ACMS de Yaoundé. Les artistes les ont reprises en leur propre compte et y ont insufflé le feeling et leurs touches particulières. Sans surprise, «Avec Protectiv , je prends les choses en main» est une savante orchestration où Serge Maboma de Macase assure à la guitare bass, Christian Mbazoa Ekoa officie à la batterie, William Ombe Monkana surfe sur des percussions et Manu Dibango couronne le tout avec son inséparable saxophone.

Le vidéogramme qui est diffusé en boucle sur nombre de chaînes de télévision a favorisé la réception grand public de ce nouveau bébé musical qui n'est pas commercialisé. Dommage ! Espérons seulement qu'au bout du rouleau, le condom féminin cessera d'être un tabou et sera accessible davantage. C'est en cela que le « Collectif Female condom for all » obtiendrait gain de cause dans un environnement où des pratiques sexuelles moyenâgeuses ont encore pignon sur rue.


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