Au lendemain de la signature, entre la Côte d'Ivoire et la Guinée-Equatoriale, de l'accord-cadre de coopération qui fait la part belle aux échanges de technologies dans le domaine de l'agriculture, la presse ivoirienne présente à Malabo a rencontré le ministre de l'Agriculture. Empêché à la dernière minute, Téodorin Obiang Nguema Mangue, fils du président, s'est fait représenter par son vice-ministre Diosdado Sergio Osa Mongomo.
Diosdado (Dieudonné) Mongomo n'a pas attendu longtemps pour dire combien son ministère, et au-delà son pays, est fier de signer un partenariat économique avec la Côte d'Ivoire. C'est que, a-t-il expliqué, la Guinée-Equatoriale a toujours admiré le développement et le progrès de la Côte d'Ivoire. La visite que vient de faire le chef de l'Etat ivoirien, est pour lui, «une opportunité pour créer un rapprochement entre les deux pays que nous avons toujours souhaité». Quand on lui demande alors de faire un état des lieux de l'agriculture équato-guinéenne, il répond sans ambages que son pays a des problèmes bien qu'il ait tout à sa disposition. «Après la découverte du pétrole, la situation du pays s'est beaucoup améliorée. Il y avait des opportunités partout. Mais à l'inverse, les jeunes ont commencé à se ruer vers les centres où ils pouvaient avoir tout de suite de l'argent. La conséquence est qu'ils ont abandonné la production des aliments qui a commencé à décroître dangereusement avec son corollaire de montée des prix des produits de première nécessité. C'est le problème que nous avons».
Pourtant, ajoutera le vice-ministre, le pays a toujours accordé une place de choix au secteur agricole. C'est donc pour réguler cette crise qui ne dit pas son nom que son gouvernement a décidé de faire appel aux pays frères qui ont de l'expérience en la matière afin de créer des centres agricoles qui offriront tous les avantages aux paysans afin qu'ils restent sur place pour cultiver la terre. L'avantage qu'ils auront, affirme le vice-ministre, c'est que l'Etat équato-guinéen a pris la décision de mettre à leur disposition des outils modernes de transformation de la terre. L'agriculture équato-guinéenne sera donc, dans les semaines et mois à venir, une agriculture mécanisée et industrialisée pour réduire sensiblement la pénibilité dans ce secteur d'activités que le gouvernement tient à redynamiser pour ne pas être dépendant sur le long terme de l'étranger.
Le souhait du gouvernement, en faisant appel à l'expérience de la Côte d'Ivoire, dans le court terme, c'est de créer un peu partout à travers le pays (sur l'île et sur la partie continentale) de grands centres de développement. C'est-à-dire, de grandes plantations faites de divers produits alimentaires. Cela a l'avantage de donner du travail à tout le monde mais, surtout, de maintenir les gens sur place puisqu'ils souffriront moins désormais pour gagner de l'argent. Ils auront des machines, des semences, des engrais. Et pour écouler leurs produits, ils n'auront plus de soucis de ce côté puisque le chef de l'Etat a pensé à eux en construisant partout, des routes bitumées. «Mais ce que j'oubliais de dire, c'est que ces zones de développement serviront aussi de centres de formation» pour tous, afin de bien maîtriser les nouvelles techniques culturales. En outre, dira Diosdado Mongomo, en réussissant ces cultures, ils travaillent pour eux-mêmes et pour leurs enfants. «C'est pour toutes ces raisons que nous disons haut et fort bienvenue à la Côte d'Ivoire qui a de l'expérience avec ses semences, ses techniciens et autres». Pour le vice-ministre, le choix d'un partenariat sur le continent africain découle d'une philosophie de développement de la coopération sud-sud. «Les réalités européennes et américaines sont différentes des nôtres».
A propos de la main-d'oeuvre locale, la Guinée-Equatoriale espère qu'avec la politique gouvernementale d'amélioration des infrastructures économiques et techniques (ce qu'on appelle chez eux «planter le pétrole partout»), les gens ne trouveront plus d'intérêt à se déplacer vers les centres de production de l'or noir. Ils s'intéresseront donc à ce qui est proche d'eux et qui rapporte gros aussi.

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