L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Togo: Suspension de la CAN 2012 et 2014

La CAF bombe le torse sur le cimetière des Eperviers

On n'est pas encore au bout de nos émotions et nos surprises avec cette Confédération africaine de football d'Issa Hayatou. Après avoir souligné au lendemain du drame de Cabinda, qui a fait 2 morts dans la délégation des Eperviers du Togo, que cette formation n'avait pas à emprunter la route pour rallier Pointe-Noire à Cabinda, après avoir annoncé que les Togolais ne seraient pas sanctionnés suite à leur retrait logique de cette CAN 2010, voilà que l'instance de gestion du foot africain vient de prendre l'une de ses décisions aussi inhumaines qu'impopulaires.

L'épée d'Hayatou est tombée sur la tête du Togo : ce pays vient d'être suspendu des 2 prochaines éditions de la CAN (Gabon et Guinée-équatoriale 2012 et Libye 2014) doublé d'une amende de 50 000 dollars US (environ 20 millions de CFA). La soi-disant raison est liée au fait que le gouvernement de Lomé a appelé l'équipe à regagner le bercail à la suite de l'attentat de Cabinda. C'est à se demander si le gouvernement n'est pas responsable de son équipe nationale qu'il a lui-même envoyé en mission et qu'il devrait fermer les yeux sur tous les actes que ses ambassadeurs allaient subir loin de leur patrie. Ce ne sont tout de même pas des orphelins.

Visiblement, la CAF se trompe dangereusement de combat. Si elle veut montrer son pouvoir, elle aurait dû s'attaquer au FLEC, le mouvement sécessionniste qui a endeuillé le peuple togolais, ou condamner l'Angola pour n'avoir pas pris les mesures sécuritaires nécessaires. Mais non. Elle préfère tirer à boulets rouges sur les Eperviers qui se trouvent déjà au cimetière. C'est normal, quand on a soupé avec le pays organisateur, on ne peut pas retourner le poignard contre lui.

Cette décision n'est qu'une aberration d'un supposé règlement intérieur de la CAF qui stipule en son article 78, chapitre 36 qu'un forfait déclaré avant le début de la compétition entraîne, outre le droit de participation, une amende allant jusqu'à 50 000 dollars ainsi que la suspension de l'association nationale concernée pour les deux éditions suivantes de la CAN.

On aurait voulu voir le Cameroun si cher à Issa Hayatou ou l'Egypte être dans ce cas de figure. La bande de copains de la CAF n'aurait jamais pris une telle sentence. Le manque d'humanisme, de logique aura prévalu. Pourtant, c'est cette même instance qui avait précipitamment annoncé que le Togo ne courrait pas de sanction. Mais entre-temps, Hayatou s'est réveillé de mauvaise humeur ce samedi 30 janvier et a décidé de punir les endeuillés de l'enclave de Cabinda.

C'est aussi la preuve de la mal-gérance de la CAF. La FIFA, elle, a toujours pris le temps avant de prendre des sanctions (la main de Thierry Henry), de même que l'UEFA (5 matches de suspension contre Drogba en Champions league). Malheureusement la puissante machine de la CAF est gérée comme une cour familiale, un royaume.

Et puis la CAF n'est pas à son premier coup contre le Togo ; on se rappelle qu'elle avait voulu interdire à vie l'accès au stade à Tata Avlessi en 2007 pour une histoire de corruption. La suite, on la connaît, Hayatou et sa bande ont été déboutés par le tribunal arbitral du sport (TAS). Et Dieu merci, les Eperviers ont la possibilité de faire appel.

Une fois de plus, l'on espère que c'est une déculottée qui attend le manitou de la confédération africaine. Maintenant, nous attendons de voir ce les autres fédérations vont décider concernant cette suspension, car l'importe qu'elle équipe pourrait se retrouver à la place de la formation chère à Emmanuel Adebayor. C'est en cela que l'on saura s'il y a solidarité ou pas, si les mots de compassion affirmés çà et là n'étaient que du vent.


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