Marrakech, la capitale touristique du Maroc, a abrité un séminaire sur le transport aérien régional, le 28 janvier 2010. Les experts ont expliqué comment le trafic aérien peut aider au désenclavement et au développement économique du continent.
Le transport aérien est un outil de désenclavement et de développement économique pour l'Afrique. C'est une position des experts du transport aérien qui a été réaffirmée au séminaire de haut niveau, organisé le 28 janvier dernier, à l'hôtel Atlas Medina, à Marrakech, au Maroc, à l'initiative de la Royale Air Maroc et du ministère marocain de l'Equipement et des Transports. François Vellas, professeur à l'Université de Toulouse en France (Expert en transport aérien et tourisme), Dr. Charles E. Schlumberger, spécialiste en transport aérien à la Banque mondiale, Pr. Charles S. Tapiero (Institut polytechnique de l'Université de New York), ainsi que des directeurs de compagnies aériennes ont démontré, à travers des exposés, les impacts du développement du transport aérien dans un pays. Ainsi, les experts soutiennent que le transport aérien est nécessaire pour le désenclavement du continent "parce qu'il n'y a aucune autre alternative dans certaines régions du fait des carences concernant les autres modes de transport (terrestre et maritime)". Le transport aérien apporte la rapidité et la souplesse pour répondre aux exigences du trafic. Au chapitre des avantages sur le développement économique, l'on souligne que le trafic aérien permet les contacts personnels de business ; favorise l'expansion des échanges ainsi que l'exportation. Enfin il est indispensable pour le développement du tourisme international.
Pour réussir ce pari, les spécialistes demandent aux décideurs africains d'appréhender la question du trafic aérien sous une approche globale, c'est-à-dire régionale. Cela doit se traduire par la mise en oeuvre d'une politique régionale du transport aérien, assortie de stratégies efficientes. Pour Driss Benhima, président directeur général de la Royal Air Maroc, les compagnies nationales n'ont pas besoin de se livrer la concurrence, compte tenu des nombreuses difficultés qu'elles connaissent. Entre autres, les problèmes d'équipements, la formation de personnel qualifié, et bien entendu, les contraintes financières et économiques liées à la situation des économies africaines. Il faut plutôt asseoir un esprit de collaboration qui pourrait être bénéfique pour l'ensemble des compagnies. Non seulement cela permettra de réduire les coûts d'exploitation, mais mieux, de redynamiser le trafic pour le bonheur des populations. Le développement des lignes intérieures (le transport aérien domestique) a été identifié comme facteur clé pour la promotion du tourisme international. A cet effet, l'exemple de la Royale Air Maroc a été évoqué comme une réussite qui doit inspirer les acteurs. Grâce à un bon trafic aérien domestique, le Maroc a développé un grand pôle touristique à Marrakech.
Une chose qui pourrait accompagner efficacement la redynamisation du transport aérien régional en Afrique est la libéralisation de l'espace aérien. Les spécialistes préconisent l'"ouverture du ciel" africain à toutes les compagnies, pour créer l'émulation dans le trafic. Enfin, la subvention des Etats. "Il est impératif de mettre l'accent sur le fait que le développement des dessertes aériennes régionales ne peut être efficace et viable, en l'absence de la contribution de l'Etat et de celle des institutions régionales concernées", a indiqué Karim Ghellab, ministre marocain de l'Equipement et des Transports. Il a présenté le tableau sombre du transport aérien en Afrique. Le continent représente 4% seulement de l'activité mondiale, alors que l'Afrique compte 850 millions d'habitants. La plupart des pays, notamment ceux de l'Afrique de l'Ouest, de l'Est et de l'Afrique centrale, ne disposent pas de compagnies aériennes viables. La grande majorité des compagnies aériennes sont déficitaires. A cela s'ajoute la rareté des lignes intérieures, des tarifs élevés, la vétusté des flottes, le mauvais état des infrastructures aéroportuaires.
Plusieurs ministres des Transports et de hauts responsables de l'aviation ont pris part à ce séminaire. La Côte d'Ivoire était représentée par le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile, Kouassi Abonoan.
En marge du séminaire, il y a eu la deuxième édition de l'Aéro-expo, qui a permis à plusieurs entreprises de montrer leur savoir-faire.

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