Abidjan — Pendant trois à quatre mois à compter de février 2010, l'électricité sera rationnée en Côte d'Ivoire.
L'information a été donnée ce lundi matin par M. Simon Eddy, directeur général de l'électricité au ministère des Mines et Energie aux industriels.
Ce délestage est causé, selon M. Eddy, par une panne intervenue sur un des groupes de la centrale thermique d'Azito. « Nous serons sans ce groupe jusqu'en mai. Pendant cette période, le pays aura à vivre un déficit dans la production d'électricité de l'ordre de 150 mégawats. Donc il y aura des perturbations sur le réseau », a-t-il expliqué.
Pour le directeur de l'électricité au ministère des Mines et Energie, les industriels et autres consommateurs doivent adopter « des comportements responsables » afin de réduire les désagréments liés à ce délestage.
Il a, par ailleurs, indiqué que la phase pratique du rationnement sera exécutée par la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE). M. Eddy a cependant rassuré les industriels que la distribution de l'électricité tiendra compte des spécificités de chaque opérateur économique. Les centres hospitaliers feront l'objet d'une attention particulière pendant cette période. « Vous allez continuer de travailler comme d'habitude », a-t-il dit, apaisant les craintes du représentant de l'Institut de cardiologie.
Pour sa part, Mme Konan Djédji Flore, le directeur général de la CIE, a invité les industriels à d'autres rencontres afin de faire la programmation d'un commun accord du délestage. « Nous avons un déficit de 150 mégawats sur le réseau. La gestion du point de pic de la journée qui se situe entre 19 heures et 23 heures, retour des travailleurs à la maison, est importante étant donné qu'en temps normal, nous avions des problèmes à cette période de la journée. Rencontrons-nous pour l'organisation pratique de la gestion de ce déficit », a-t-elle dit.
Les industriels présents à cette rencontre sont partis tout de même sceptiques malgré les assurances de leurs interlocuteurs. Certains d'entre eux, comme M. Bado Yacouba de Palm-ci ou le représentant de Adam Afrique, ont fustigé le manque d'offensive de l'Etat dans la résolution définitive du déficit électrique du pays. « Car, a soutenu M. Bado, le potentiel existe dans notre pays du côté de la biomasse (cabosse de cacao, déchets du secteur de palmier à huile... Le financement aussi. Je viens de la Chine qui a fait de la biomasse une de ses priorités. Il manque simplement cette volonté politique ici. Avec la même détermination des Chinois, nous pouvons produire 500 mégawats en quatre ans ».
Rappelons que la loi n° 85-583 du 29 juillet 1985 fixe le cadre réglementaire du secteur ivoirien d'électricité. Ainsi, l'Etat a la responsabilité de la gestion du patrimoine. A ce titre, il décide, il finance et il fait réaliser tous les investissements de développement et de renouvellement des ouvrages. Ce qui fait de l'Etat le propriétaire des ouvrages de production, de transport et de distribution d'énergie. Il lui revient alors de fixer les tarifs de vente de l'électricité.
Toutes les décisions stratégiques ainsi que l'arbitrage des conflits et la gestion de la dette du secteur sont également de la responsabilité de l'Etat ivoirien qui a mis en place, en 1998, trois sociétés que sont la Société de gestion du patrimoine du secteur de l'électricité (Sogepe), l'Autorité nationale de régulation du secteur de l'électricité (Anare) et la Société d'opération ivoirienne d'électricité (Sopie).
La Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE) assure quant à elle, à travers un contrat de concession, la responsabilité de l'exploitation et de l'entretien des ouvrages de production, le transport et la distribution d'électricité composant le patrimoine de l'Etat ainsi que la gestion du portefeuille clientèle.
Comments Post a comment