La place des fêtes de Pouma était en ébullition en ce début du mois de décembre 2009. A l'occasion de la cérémonie de lancement de la stratégie à base communautaire, une ambiance de carnaval s'est emparée de cette ville.
Une disquerie qui crache des décibels à tue-tête, des jeunes gens qui s'offrent en spectacle à travers des trémoussements, des déhanchements à donner le tournis. Pour couronner le tout, Viviane Etienne, Atango de Manajama et l'humoriste Edoudoua Non glacé ont enflammé une foule au bord de l'hystérie. C'est que l'Association camerounaise pour le marketing social, agence du Littoral, cheville ouvrière de cet évènement a joint l'utile à l'agréable.
A côté du festif, s'est mêlé l'humanitaire. Pas moins de quatre ateliers pour sensibiliser, conseiller, dépister et éduquer. Le premier, animé par Nyemeck du groupe technique régional du Littoral (GTRL) s'affaire à enregistrer les usagers. Ici, on se bouscule au portillon à l'effet de se tailler une place. Là on se bagarre dans l'optique de se procurer les manuels éducatifs, des magazines (100% jeunes) que distribuent de charmantes hôtesses à la pelle. Le deuxième atelier est celui du prélèvement. Deux infirmiers, sanglés dans des blouses blanches ont le coeur à l'ouvrage. Sans discontinuer ils prélèvent du sang à l'aide des seringues et le transvasent dans des bocaux apprêtés à l'occasion. Le troisième atelier est en réalité un laboratoire. C'est ici que le sang prélevé est examiné. Des réactifs sont mis à contribution et au bout d'une dizaine de minute les résultats sont connus.
Taux de prévalence
Le dernier atelier est celui redouté par plus d'un. Car c'est ici que les enveloppes contenant les résultats anonymes sont distribuées. Mais avant, des conseils pratiques sont distillés, des préservatifs masculins et féminins distribués gratuitement. C'est dans ce décor que plus de 250 personnes ont été dépistées. Quelques unes d'entre elles, notamment la gent féminine a eu droit aux moustiquaires imprégnées. Nestor Ankiba, directeur exécutif de l'ACMS a expliqué à l'assistance que la ville de Pouma avait été retenue pour cette opération parce que c'est une ville en transit et où le taux de prévalence du VIH/SIDA se situe autour de 10%. Dans le Littoral, au total deux localités ont été choisies pour la phase pilote d'une nouvelle offensive de lutte contre le SIDA.
Il s'agit de Nkolouloun dans l'arrondissement de Douala II et de Pouma. Les autorités, administrative et municipale de Pouma n'ont d'ailleurs pas masqué leur satisfaction non sans avoir émis le voeu de voir la pandémie du siècle boutée hors de leur unité administrative. L'offensive de l'ACMS s'appuie sur des aires de santé, des communautés religieuses, des leaders associatifs qui ont reçu des formations et sont à même de tenir des causeries éducatives qui visent le changement des comportements..., d'où le nom de baptême «stratégie à base communautaire». Dans la même optique, la formation de personnels médical et paramédical, des pairs éducateurs communautaires pour la promotion du préservatif féminin est un autre pallier qui n'échappe pas à l'ACMS. Parallèlement Roumde Adjia et Lagdo dans le Nord ont accueilli la même campagne. On espère qu'à travers ce nouveau déploiement la croisade contre le VIH/SIDA prendra de nouveau souffle pour que le cou de cette pandémie soit définitivement tordu.

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