La Presse (Tunis)

4 Février 2010

Tunisie: Journée mondiale des zones humides - Ces sites à la biodiversité effervescente

La protection de l'écosystème et la sauvegarde des éléments qui le peuplent, notamment la faune et la flore, sont devenues des enjeux capitaux du développement environnemental, d'abord, mais aussi social et économique.

C'est, qu'avec l'ampleur que ne cesse de prendre l'exploitation des terrains agricoles et la conversion d'autres domaines en des sites propres à l'urbanisation, la nature a de plus en plus de mal à poursuivre son acheminement de la manière la plus simple tout en étant la plus positive. Les zones humides, telles que les lagunes, les chotts, les sabkhats, les tourbières et autres, sont connues pour leurs apports considérables en matière de préservation de plusieurs espèces d'oiseaux et de plantes jugées aujourd'hui rares.

Notre pays compte parmi les plus avancés dans le monde arabe en matière de préservation, voire de développement de ces zones, un domaine qui connaît, d'année en année, une nette progression, réalisée grâce à un travail assidu, ayant pour finalité la protection de l'écosystème typique à notre territoire mais aussi aux régions respectives.

C'est pour mettre en lumière ce travail multi-partite, discuter des perspectives et informer le public quant à l'indispensable instauration et diffusion de la culture du respect des zones humides et forestières que le ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques en collaboration avec le Fonds mondial de la nature (WWF) a organisé une journée d'information sur les zones humides et les changements climatiques. Cette rencontre, qui a eu lieu à Korba, entre dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des zones humides, célébrée tous les 2 février.

Zones classées

L'intérêt qu'accorde la Tunisie à la protection de ces zones remonte à bien des décennies. En effet, notre pays a adopté le 3 mars 1980 la Convention mondiale de protection des zones humides et forestières (Ramsar), le lac d'Ichkeul a été introduit dans la liste des zones humides homologuées par Ramsar le 24 novembre 1980; une adoption qui place la Tunisie parmi les pays convaincus de la nécessité de faire face aux atteintes portées à ces zones vierges et ce, en multipliant les actions susceptibles de les protéger et de les développer.

«De 1987 à 1994, la direction générale des forêts s'est appliquée à l'élaboration d'une base de données portant sur toutes les zones humides de notre territoire ainsi qu'à l'élaboration de cartes géographiques y référant. Le code national des forêts a été réformé en 1988 pour inclure tout un volet impliquant la protection de la faune et de la flore sauvages mais aussi des zones humides. Aussi, la loi n'autorise-t-elle la modification de ces zones que dans le cadre d'un intérêt national évident», indique M. Jalel Laâbidi, responsable à la DGF.

Ce travail méthodique et appliqué a permis en 2007, l'introduction de 19 zones humides sur la liste de Ramsar, permettant ainsi à la Tunisie d'accéder à la 3e place à l'échelle arabe après l'Algérie et le Maroc.

Quels sont donc les principaux sites des zones humides en Tunisie et quel est leur impact sur l'écosystème ?

La Tunisie compte environ 231 zones humides dont 20 sont classées par Ramsar comme ayant une importance internationale. Dans cette catégorie on cite à titre indicatif Sabkhet Essijoumi à Tunis, Sabkhet El Kalbia à Sousse, la Saline de Thyna, le lac de Ichkeul, Chott El Jerid à Tozeur, bref une riche panoplie de zones humides couvrant au total quelque 726.549 ha «Nous avons toujours eu tendance à nous méfier des zones humides que nous considérons plus comme des décharges que comme des domaines riches en biodiversité. Ce qu'ignorent certains d'entre-nous, c'est que 50% des oiseaux dans le monde doivent leur résistance aux zones humides et que 30% des végétaux menacés de disparition continuent à y pousser», fait remarquer M. Faouzi Maâmouri, représentant de WWF.

Outre la préservation de la faune et de la flore, les zones humides contribuent efficacement à la rétention des nutriments et des sédiments, au stockage du carbone mais aussi à la protection contre les intrusions salines et à la dépollution.

Sur le plan purement économique, elles constituent des sources de production importantes de poissons et de jonc, sans oublier son rôle en tant que catalyseur de tourisme écologique.

Lieu aux mille vertus

Ce qui est, par ailleurs, impressionnant pour ce qui est des zones humides d'importance mondiale, c'est que chacune d'elles participe au développement d'un domaine bien particulier et à la lutte pour une cause importante à l'échelle internationale.

Pour ce qui est, en effet, de sabkhet Essijoumi, elle s'avère des plus favorables dans le monde à la protection des flaments roses. Elle abrite, en fait, quelque 25.000 oiseaux. Mejen Echchetan est un lac connu pour ses ménuphares. Le barrage de Lebna, situé à Nabeul, représente un site exemplaire pour la nidification de canards rares, ainsi que l'hivernage des oiseaux d'origine européenne et asiatique. Aïn Dahab, elle, se présente comme une zone karstique typique, célèbre grâce à ses eaux extrêmement pures. Quant aux zones humides de Kébili, elles servent de lieux de repos pour les oiseaux migrateurs.

Certes, l'introduction de ces zones dans la liste du Ramsar est un résultat positif, toutefois la DGF s'engage dans une stratégie encore plus ambitieuse qui tend vers l'enregistrement de 21 zones humides supplémentaires à Ramsar. Parmi ces zones, notons le lac de Tunis, le barrage d'El Mornaguia, les barrages Mlaâbi, Oued Lhajar et Abdelmonêm à Nabeul, le barrage oued El Ramel à Zaghouan, le barrage Sidi El Barrat à Béja, la réserve naturelle Sdin au Kef, Sabkhet Halk El Menzel et Sabkhet Sidi El Hani à Sousse, mais aussi la saline de Monastir.

Parallèlement, les manches continuent de se retrousser afin de mener à bien le programme de protection et de gestion des zones humides.

Un habitat pour l'homme et la nature

Il s'agit d'un projet, entamé en 2009 et qui se poursuit jusqu'en 2011. Son principal objectif consiste à valoriser les zones humides dans notre territoire, consolider les moyens indispensables à une gestion plus efficiente de ces zones, ainsi qu'à l'élaboration de plans appropriés.

Ce projet concocté par la DGF et le WWF est fondé, en outre, sur une approche aussi globale que rationnelle, puisqu'elle place l'aspect socioéconomique au coeur même des perspectives. Aussi, les parties concernées ont-elles réussi à mettre en place des plans de gestion valables pour trois zones humides. Un comité national Ramsar Tunisie a été, également, mis en oeuvre. D'un autre côté, tout aussi important, la DGF et le WWF ont élaboré, en collaboration avec le ministère de l'Education un programme spécifique, axé sur l'éducation environnementale et la diffusion de la culture écologique auprès des jeunes. Ce programme comprend, en outre, l'implantation de clubs d'environnement dans trois écoles situées près de zones humides. Il compte également des sessions de formation destinées aux gestionnaires de l'eau et des zones humides relevant de Ramsar Tunisie. Notons qu'un autre programme de sensibilisation et d'éducation a été mis en place dans le cadre de ce projet .

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