Quasi inexistantes il y a quelques années, les résidences privées font de plus en plus partie du décor au Cap-Skirring. D'ailleurs aujourd'hui, ces maisons dites 'de campagne' sont en train de supplanter les hôtels au grand dam d'une population qui assiste impuissante à la mort programmée du tourisme en Casamance.
Une des choses qui attire le plus l'attention lorsqu'on met le pied au Cap-Skirring, c'est bien les résidences privées. Aujourd'hui, on assiste à la prolifération de ces maisons d'un grand standing qui sont d'ailleurs en train de se substituer aux hôtels. C'est cette concurrence 'déloyale' qui inquiète aujourd'hui les professionnels du secteur touristique dans cette station balnéaire qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Ici, tout le monde connaît le phénomène et ses conséquences, mais rien n'est fait pour l'éradiquer. Au contraire, les résidences privées poussent comme des champignons au Cap-Skirring. Heureusement que de plus en plus, des voix s'élèvent pour définir les contours obscurs de ce tourisme déguisé.
A en croire le président du syndicat d'initiative des hôteliers de la Casamance, ces maisons closes sont l'une des principales causes du ralentissent touristique en Casamance. 'Si rien n'est fait, le phénomène va tuer le tourisme', avertit Ousmane Sané. 'Très souvent, les propriétaires de ces maisons sont nos clients. Après avoir séjourné dans nos hôtels, ils achètent un terrain pour y bâtir une maison de vacances'. Seulement, constate-t-il pour s'en désoler, 'ces maisons deviennent avec le temps des centres de captage de touristes'.
La conséquence d'un tel subterfuge est le ralentissement du taux de fréquentation des hôtels au Cap-Skirring. Un phénomène noté pendant cette présente saison touristique. Pour le premier vol reçu à l'aéroport du Cap-Skirring, par exemple, sur presque la centaine de touristes accueillis sur les lieux, seuls neuf ont pris la direction des hôtels. Où sont passés les autres ? Une question que tout le monde s'est posée au Cap-Skirring sans aller très loin chercher la réponse.
Dans cette affaire, qui a défrayé la chronique dans cette station balnéaire, les maisons closes sont indexées, surtout par les hôteliers qui tirent sur la sonnette d'alarme. 'On ne peut pas continuer à subir cette situation', entonnent en choeur les gérants d'hôtels qui pointent un doigt accusateur sur les autorités. Pour eux, ces dernières ne font rien pour arrêter ce fléau. 'Or, tout le monde perd dans cette affaire', argumente le président du syndicat d'initiative des hôteliers de la Casamance. 'Ces maisons privées n'emploient que deux personnes au maximum et ne payent pas de taxes à l'Etat comme les hôtels', révèle Ousmane Sané qui prévient en ces termes : 'Si rien n'est fait, nous allons tous fermer nos hôtels'.
D'ailleurs, beaucoup d'hôtels ont déjà mis la clef sous le paillasson. Au moins, cinq hôtels ont fermé depuis des années, envoyant plusieurs centaines de personnes au chômage. C'est cette situation que les hôteliers du Cap-Skirring veulent éviter. C'est pourquoi, ils invitent les autorités à exercer un contrôle sur ces résidences privées qui sont légion en bordure de mer.
Mieux, les populations du Cap-Skirring souhaitent la réouverture des hôtels fermés. Une préoccupation dont la prise en charge passe, cependant, par la résolution d'un certain nombre de préalables comme la diminution des taxes, le désenclavement aérien, la sécurité et le toilettage du secteur touristique. Pour le moment en tout cas, l'avenir semble incertain pour le tourisme qui navigue dans un océan de difficultés au Cap-Skirring.

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