Pour parler de la politique du gouvernement en faveur de la lutte contre les grandes pandémies (SIDA, paludisme, tuberculose), André Mama Fouda a présenté sa feuille de route dans le cadre d'une bataille offensive. Le ministre de la Santé publique a fait le point sur les soumissions au Fonds mondial, objet de grosses controverses au sein de l'opinion. L'on estime en fin 2008 à 543 000 le nombre de Camerounais qui vivent avec le VIH parmi lesquels, 45 000 enfants et 300 000 femmes.
En 2008, on a enregistré 39 000 décès qui ont fait 305 000 enfants orphelins du fait du Sida. Avec une prévalence estimée à 5,1% en fin 2007, le Cameroun se trouve dans un contexte d'épidémie généralisée. La récente enquête démographique et de santé du Cameroun a permis de relever que les femmes sont plus touchées que les hommes dans la tranche d'âge de 15 à 49 ans et le pic d'infection se situe dans la tranche d'âge de 25 à 29 ans chez les femmes, et dans la tranche de 35 à 39 an chez les hommes.
« Le but de cette rencontre vise à rassurer davantage les personnes vivants avec le VIH/SIDA et notamment celles déjà sous traitement, de la disponibilité, l'accessibilité et la gratuité présentes et futures des ARV, et amener dès lors le public à mieux comprendre les motivations et les axes de l'action du ministère de la Santé publique, du gouvernement et des différents partenaires, ceci en vue d'une pleine implication des populations dans la lutte que nous menons tous contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA » a d'entrée de jeu annoncé le ministre André Mama Fouda.
Fin de la panique
Selon le ministre, même si les requêtes de financement auprès du Fonds mondial ont connu des fortunes diverses ces dernières années, le Cameroun a actualisé en 2006 son plan stratégique de lutte contre le Sida. A ce jour, les résultats sont très encourageants. Concernant la prévention, le conseil et dépistage volontaire, réalisé suivant deux stratégies (stratégie fixe dans les formations sanitaires, et stratégie avancée à travers les Unités Mobiles de dépistages), a permis de tester entre 2006 et 2008, 1 253 250 personnes. Le taux de retrait des résultats parmi les personnes testées est de 97%. Concernant la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME), plus de 2.000 formations sanitaires réparties dans les dix régions du pays offrent le paquet de service PTME. L'utilisation des préservatifs se situe entre 2006 et 2008 à 97% millions de préservatif distribués à travers le réseau commercial essentiellement basé en zone urbaine. L'introduction de la stratégie de distribution des préservatifs à base communautaire et le lancement, le 25 novembre 2009, du projet « Accès universel au préservatif féminin » vont permettre d'étendre la couverture en zone rurale.
« Le président de la République, Paul Biya, a décidé depuis mai 2007, de la gratuité totale des antirétroviraux et des médicaments contre les infections opportunistes, et de la subvention de l'ordre de 83% des bilans biologiques de suivi. Sachant que le nombre de personnes éligibles au traitement antirétroviral est estimé à 164 000, la file active des patients sous ARV est passée de 17.156 en 2005 à 75 9000 en fin décembre 2009 (soit 46,3 des personnes éligibles) parmi lesquels environ 3 000 enfants. La décentralisation des structures de prise en charge est effective dans 136 formations sanitaires dont 23 centres de traitement agrée et 113 Unités de prise en charge », avoue André Mama Fouda. Le ministre a rassuré tous les Camerounais, et particulièrement ceux sous traitement que des mesures sont d'ores et déjà prises pour assurer sans perturbation la gratuité des ARV et des médicaments contre les infections opportunistes qui occupent une place majeure dans la stratégie sectorielle et dans l'atteinte en 2015 de l'Objectif du millénaire pour le développement.
Focal
Quid du paludisme et de la tuberculose ?
S'agissant du paludisme, plusieurs analyses et enquêtes ont permis de constater que cette maladie est la première cause de mortalité et de morbidité dans notre pays ; d'où son placement au premier rang des préoccupations de santé publique. A en croire André Mama Fouda, la lutte connaît une accélération au Cameroun depuis 1995, date de la mise sur pied d'un programme national de lutte contre le Paludisme. Des statistiques enregistrées en 2008, on dénombre : 41% des consultations en milieu hospitalier ; 43 des décès dans les hôpitaux ; 2/3 des hospitalisations des enfants de moins de cinq ans, des femmes enceintes et des décès dans cette même catégorie et 45% des cas d'arrêt de travail ou d'absences à l'école.
Concernant la tuberculose, le programme national de lutte a connu un regain de vitalité à la suite de l'approbation de la requête du Cameroun au Round 3 par le Fonds mondial en 2003. Le territoire national est aujourd'hui couvert entièrement avec 216 centres de diagnostic et de traitement. Sur le plan épidémiologique, le Cameroun est un pays à prévalence et incidence relativement élevées. Aussi nous attendons 35 000 cas de tuberculose chaque année. Ainsi le nombre de cas dépistés (toutes formes confondues) est progressivement passé de 16 478 cas en 2003 à 25 125 cas en 2008. Le taux de succès thérapeutique est en progression croissante ; il est passé de 72% en 2003 à 76% en 2008. La prise en charge de la co-infection Tb/VIH s'est trouvée également améliorée.

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