L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Guinée: 28-Septembre - Toumba préfère la CPI

En fuite depuis le 3 décembre 209, où il a fait feu sur Dadis Camara, le lieutenant Toumba Diakité est de nouveau sorti du bois, toujours sur RFI, décidément bien tuyautée dans cette affaire ; si sa première rupture du silence visait à donner sa version, autoblanchissante, des crimes du 28-Septembre, contre l'humanité, CPI, s'il te plaît ?

La seconde s'est apparentée à la réponse du berger à la bergère : alors que, par une commission nationale d'Etat d'exception, qui a forcément instruit non-contradictoirement le dossier des massacres du 28 septembre 2009, il a été officiellement fait seul bouc émissaire par avance de tous les péchés d'Israel et coupable des plaies de l'Egypte pharaonique, le revoilà prenant la parole sur la radio mondiale pour préférer s'expliquer devant la Justice internationale (la CPI ici) plutôt que devant l'injustice nationale de son pays, "purement dépendante de l'exécutif et (qui) n'a aucune crédibilité... Je préfère la Cour pénale internationale...

La Commission d'enquête nationale veut faire de moi un bouc émissaire... Je ne me reproche rien, parce que (dans) l'armée, nous sommes sous ordres. C'est clair ! Je ne peux en aucun cas me permettre de prendre un groupe de militaires et d'agir. L'armée, c'est la hiérarchie, c'est les ordres".

Toujours, est-il que pour que la Cour pénale internationale dise le droit en lieu et place d'une justice nationale, il suffit que les différentes instances judiciaires d'un pays donné n'aient pas suffisamment des ressources humaines et/ou de coudées franches pour rendre justice ; ainsi, alors que l'acte de Toumba contre Dadis est individuel, son père a été arrêté et est détenu depuis, parce qu'il est un colonel de l'armée guinéenne admis à la retraite ? Et que dire de la responsabilité du neveu Marcel de Dadis et adjoint de Toumba Diakité dans cette affaire ?

Sans oublier qu'avant même le commencement du début de l'entrée en matière d'un procès pour trafic de drogue, Dadis avait dit : "je blanchis l'ex-première Dame dans cette affaire ; laissez-la vivre tranquillement son veuvage", se substituant ainsi au droit dans tout bon Etat d'exception.

Encore que, envers et contre tout, le Conseil de sécurité de l'ONU, à intérêts occidentaux géométriquement variables, puisse imposer à la CPI, lui aussi, avant procès les coupables dignes d'être condamnés et les innocents dignes d'être acquittés : ainsi, n'est-ce pas qu'alors qu'il a ordonné qu'on raye des Talibans frappés d'ostracisme par lui (interdiction de voyager, gel de leurs avoirs à l'étranger...) et ferme les yeux sur la possession de la bombe atomique et le même enrichissement du même uranium respectivement par Israël et le Brésil, à son nom la France et les USA négocient de plus dures sanctions contre l'Iran pour enrichissement d'uranium ?

Aussi, il se pourrait bien que la CPI s'autossaissise du dossier guinéen pour incapacité des juridictions nationales à dire le droit, sans que, pour autant, ce soit pour capacité à elle de rendre la justice, toute la justice et rien que la justice si les révélations de Toumba devant une CPI devaient hypothéquer certains intérêts à plus forte raison des intérêts certains.


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