Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Mahafaritsy Samuel - « Les Présidentielles avant les Législatives »

interview

Président de l'Assemblée nationale pendant des mois, Mahafaritsy Samuel a été nommé en juin 2008 ambassadeur de Madagascar en Algérie. Toujours en poste à Alger, l'ancien élu de Toliara II effectue actuellement une visite privée dans le pays. Il donne ses réactions sur la crise.

Comment expliquez-vous votre silence depuis un certain temps?

« Il y a trois raisons. Primo, parce que l'Algérie est loin de Madagascar. Secundo, il me fallait respecter mes fonctions de diplomate. J'ai essayé de mettre en veilleuse ma face de politicien. Et tertio, j'ai observé un deuil suite au décès de ma soeur fin 2009 ».

De passage à Madagascar, comment percevez-vous la crise et quelles solutions proposez-vous ?

« La crise est là. Il y a responsabilités partagées des dirigeants politiques. Pour la résoudre, ces derniers doivent faire taire leurs ambitions personnelles en faisant primer l'intérêt supérieur de la Nation. Après, il faudra laisser le Peuple se prononcer. On doit le consulter d'abord par référendum sur un projet de Constitution. Ensuite, les Présidentielles devraient passer avant les Législatives ».

Pour vous, est-ce que la cohabitation serait-elle encore possible ?

« C'est difficile. L'essentiel, c'est d'arriver à élaborer une feuille de route à laquelle adhèrent les parties malgaches et la communauté internationale. J'insiste tout simplement que quel que soit le schéma à mettre en oeuvre, il faut considérer le cas de ceux qui ont eu un mandat électif (allusion aux députés, sénateurs et maires suspendus »

En tant que diplomate, quel doit être le comportement de la communauté internationale face à la crise ?

« Les solutions doivent être malgaches. Les médiateurs internationaux ne sont que des facilitateurs. Parlant des sanctions internationales, ces sanctions doivent être individuelles. Le Peuple malgache ne doit pas subir ces sanctions car ce n'est pas lui qui a commis les faits incriminés ».

Vous être parmi les ambassadeurs dont la nomination n'a pas été abrogée par la HAT, pourquoi ?

« Peut-être que je suis coopératif, toujours disponible à travailler avec qui que ce soit. Peut-être aussi qu'être ambassadeur en Algérie, un pays où des attentats terroristes peuvent se produire à tout moment, n'intéresse pas les autres. Ou peut-être aussi qu'il serait mieux pour certains de me garder à l'extérieur qu'à l'intérieur ».

A propos d'élections, seriez-vous candidat ?

« J'ai toujours pris mes responsabilités quand il s'agit de servir mon pays ».


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