Kinshasa — Les ministres en charge de l'Agriculture des Etats membres de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC) ont signé hier vendredi 5 février à Kinshasa, un protocole d'accord sur la mise en oeuvre de l'harmonisation du système de réglementation semencière de la sous-région.
La signature de cet accord intervient deux jours après les travaux des experts des ministères de l'Agriculture des Etats membres de la SADC. En août 2007 à Lusaka, le Conseil des ministres de la SADC avait entériné l'harmonisation du système de règlements semenciers de la sous-région.
Dans leur compte rendu, les experts des ministères de l'Agriculture de la SADC, indiquent que le système de règlements semenciers de la sous-région se décompose de trois façons, à savoir, le système de mise en circulation de la variété de la SADC, le système de certification et d'assurance de qualité de la semence de la sous-région. Ajouter à cela le système de mesures phytosanitaires de la SADC pour les semences.
D'après le premier système, toute nouvelle variété semencière testée et mise en circulation dans deux Etats membres de la SADC, sera lancée dans n'importe quel Etat membre de la sous-région qui représente des conditions agricoles écologiques de cultures similaires. Et cela, sans avoir besoin de passer d'autres tests. Selon les experts, de nouvelles variétés semencières doivent actuellement être testées pendant au moins 2 ou 4 ans avant qu'elles ne soient mises sur le marché.
Quant au système de certification et d'assurance de la qualité de la semence de la SADC, les experts expliquent : « les variations qui existent dans les systèmes de certification et d'assurance de la qualité dans les Etats membres rendent difficiles la comparaison de la qualité et des catégories de semences entre les pays ». Selon eux, les variations font monter également le prix de semences lorsqu'elles sont importées.
Et ce, à cause de la nécessité d'établir la qualité de la semence en se basant sur les normes du pays importateur. Pour les experts, le système de certification et d'assurance de la qualité de la semence réduira les coûts et fera promotion du commerce de semences toujours de haute qualité en utilisant les mêmes terminologies, normes, procédures, mécanismes de scellé et étiquette à travers la région.
CREATION D'UNE ORGANISATION SOUS-REGIONALE
Le troisième système se base sur l'utilisation de mesures communes de quarantaine phytosanitaires, ainsi que d'une liste harmonisée des insectes nuisibles. Il vise à orienter la circulation, sans danger, de semences entre les Etats membres et également hors de la SADC. Ce système bénéficiera du soutien des normes communes et des procédures scientifiques ainsi que d'une documentation phytosanitaire efficace basée sur la liste harmonisée des insectes nuisibles.
Outre la signature du protocole d'accord sur la mise en oeuvre de l'harmonisation du système de réglementation semencière, les ministres en charge de l'Agriculture de la SADC, ont examiné et fait des recommandations sur plusieurs autres points. Il s'est agi de l'établissement d'un Centre de coordination de la recherche agricole et de développement de l'Afrique australe (CCARDERSA) dont Botswana abritera le siège social. Il y a également le rapport de viabilité et la charte régissant cette organisation sous-régionale. Et cela, sans oublier le mandat des ministres en charge de l'alimentation, de l'agriculture et des ressources naturelles de signer la charte de CCARDERSA.
Auparavant, le vice-Premier ministre chargé de la Reconstruction, Emile Bongeli, et le ministre de l'Agriculture, Norbert Basengezi, avaient souligné le bien-fondé de la signature de la charte portant création de CCARDERSA et celle du protocole d'accord sur la mise en oeuvre du système de réglementation semencière harmonisée. Car « il s'agit de libérer la SADC d'une dépendance alimentaire humiliante, la pire forme de dépendance qui soit ».

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