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Des milliers de Togolais ont manifesté dans les rues de la capitale, Lomé, le samedi 6 février 2010, pour protester contre la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de suspendre l'équipe nationale des deux prochaines éditions de la Coupe d'Afrique des nations (CAN).
Après la décision controversée de la Confédération africaine de football (CAF) de suspendre l'équipe nationale du Togo des deux prochaines Coupes d'Afrique des nations (CAN), on ne se doutait pas que la colère allait monter dans les rues de Lomé. Des manifestants, plusieurs milliers, selon l'Agence France Presse (AFP) ont battu le pavé, le samedi 6 février 2010, dans la capitale Togolaise.
"A l'appel d'une vingtaine d'associations et d'organisations non gouvernementales (ONG) les manifestants environ 25 000 selon la presse et 50 000, selon les organisateurs, ont parcouru les rues de la capitale scandant des slogans hostiles à la CAF, notamment à Issa Hayatou, son président", a rapporté l'AFP.
Pour le responsable de l'Association togolaise des consommateurs, "Issa Hayatou a perdu le peu de bon sens et d'humanisme qui lui restait et il ne mérite pas de s'éterniser à la tête de la CAF qui a pour mission d'unir tous les peuples africains".
La CAF a édicté le 30 janvier dernier, la "fatwa" contre l'équipe nationale du Togo qui s'était retirée de la CAN 2010 en Angola, suite à l'attaque meurtrière du bus transportant la délégation, le 8 janvier dans l'enclave de Cabinda.
En effet, des indépendantistes cabindais avaient mitraillé le bus togolais faisant deux morts : le chargé de communication, Stanislas Ocloo et l'entraîneur des gardiens Abalo Amélété. Un des deux gardiens, Kodjovi Obilalé, donné pour mort aux premières heures de l'attaque, a heureusement survécu à ses blessures.
En suspendant le Togo, en plus de l'amende de 50 000 dollars, la CAF s'est basée sur l'un de ses principes qui est la non-ingérence du politique dans les affaires du football. Après moult hésitations, Emmanuel Adébayor et ses camarades avaient voulu jouer la CAN pour rendre hommage aux victimes de l'attaque. Mais sur injonction du Premier ministre togolais, ils ont dû replier sur Lomé.
Les motivations du gouvernement togolais bien qu'allant à l'encontre de la CAF, sont jugés légitimes par de nombreux observateurs qui soulignent le choc du drame, le souci de protéger le reste de l'équipe et le besoin du deuil. Avant les manifestants du 6 février qui demandent "l'annulation pure et simple de la décision de la CAF, le dédommagement des victimes de Cabinda à hauteur du préjudice subi et la démission de Issa Hayatou...", l'Etat avait déjà pris les devants.
En effet, le Togo a porté plainte non seulement contre le Front de libération de l'enclave du Cabinda (FLEC), mais également contre la CAF pour des motifs tels que "Actes de terrorisme", "atteinte involontaire et volontaire à la vie d'autrui" et "exposition d'autrui à des risques de mort et blessure".
La plainte a été déposée à Paris et il revient à la justice française de dire si elle est compétente pour enquêter sur l'attaque qui n'a pas fait de victime française. On comprend la colère de Lomé, victime de l'attentat mais également, de la suspension de la CAF.
Issa Hayatou et ses collaborateurs ont voulu être fermes sur le respect des textes, en se faisant même taxer "d'inhumanistes" surtout dans un contexte de deuil. Il n'est pas exclu que la CAF revienne sur la suspension du Togo.

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