Ce n'est plus un secret pour personne. Ces trois derniers mois au Cameroun, les coûts des appels par portable ont connu des baisses significatives. La minute de communication chez MTN, dans le cadre de sa dernière promotion « MTN 99 », a permis de faire passer les prix de la minute de communication sous la barre « symbolique » de 100 Fcfa, tous les jours de la semaine, et vers tous les réseaux nationaux. Dans la discrétion certes, mais avant, la société parapublique Camtel avait opéré des baisses très importantes, la minute de communication passant de 150 Fcfa à 75 Fcfa vers tout opérateur confondu. Pourtant, malgré ces réductions, les coûts de téléphonie mobile au Cameroun demeurent parmi les plus élevés d'Afrique subsaharienne. Soit 8%, derrière les pays comme le Tchad (11%), le Congo (10%).
L'étude menée par le FIDEC semble avoir trouvé des éléments de réponse à ce paradoxe. Pour les experts de cette association, en procédant par des formules très compliquées, les opérateurs locaux ont créé un flou dans la tête du consommateur. La preuve, « 98% de consommateurs rencontrés ne savent ni les options dans lesquels ils sont, ni quel code utiliser pour changer d'option, ni le prix réel de la minute d'appel effectuée. 90% d'enquêtés, agents de téléphonie mobile affirment qu'ils n'existent pas de communication à l'endroit des consommateurs sur les mécanismes de fixation de prix », explique Robert Demanou, consultant. Toutes choses qui de l'avis des enquêteurs maintiennent le consommateur (surtout ceux vivant dans les zones rurales) dans une obscurité permanente encline à l' « escroquerie ». L'accès limité du grand nombre au téléphone impactant négativement sur le développement économique du pays, le Cameroun se retrouve avec près de 85% d'impôts et taxes appliqués sur les téléphones portables.
Responsabilité partagée
S'il est reproché à l'Agence de régulation de télécommunication (ART) d'avoir brillé par un manque de vigilance pour une cohérence entre la licence obtenue et le service sollicité par le fournisseur de service, il y a aussi le déficit de concertation en vue d'instaurer un débat gagnant-gagnant entre les différents acteurs du secteur. Le ministre des Postes et télécommunications (INPOSTEL) pour sa part est accusé par la FIDEC d'avoir démissionné de ses fonctions en acceptant la contrepartie que lui ont proposée les opérateurs privés (investir dans la fibre optique dont l'exclusivité est détenue par CAMTEL, Ndlr). Pour le ministre du Commerce, « homologateur » des prix au Cameroun, il lui est reproché d'avoir oublié de déterminer un prix fixe pour certains produits de première nécessité mais a oublié d'exiger une baisse des prix d'appels fixés aux consommateurs du mobile. Le ministère des Finances à travers la direction des Impôts continue d'appliquer une fiscalité contreproductive sur les opérateurs de mobile, leur servant de prétexte pour tout renchérissement des coûts fixés au consommateur.
Face à cet imbroglio, la FIDEC exige la transparence sur les promotions successives dont les délais restent flous et nébuleux pour les consommateurs. En outre, elle recommande au Minfi de baisser le poids de la charge fiscale sur les opérations de téléphonie mobile comme l'a fait par exemple le Ghana ou l'Ile Maurice pour permettre au secteur d'éclore véritablement et contribuer à la réduction de la pauvreté. Enfin, un appel est lancé aux pouvoirs publics d'ouvrir le secteur de la téléphonie, de laisser la possibilité à d'autres opérateurs d'exercer pour permettre qu'une concurrence plus rude entre ces derniers règle les problèmes de prix et la prise en compte de l'intérêt des consommateurs.

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