La Confédération paysanne du Faso (CPF) et la plate-forme Campagne Justice Economique (CJE) avec l'appui d'Oxfam International, ont procédé à la restitution de deux études intitulées « Etude sur le suivi budgétaire dans le domaine agricole au Burkina Faso » et « Aide à l'agriculture : des promesses aux réalités de terrain réalisées », du 9 au 10 février 2010 à Ouagadougou.
Il ressort de ces études que l'insuffisance de concertation dans l'élaboration et la mise en oeuvre du budget du secteur agricole entre les ministères concernés ne favorise pas une utilisation efficace et efficiente des ressources allouées à l'agriculture. Toute chose qui ne garantit pas l'atteinte des résultats escomptés en termes de production et productivité agricoles La multiplicité des documents de politiques dans le secteur agricole qui ne favorise pas une cohérence dans les interventions des acteurs, La part moyenne du secteur agricole dans les dotations budgétaires totales sur la période 2005-2009 est à 14,4%.
Cependant, cette part connaît une baisse tendancielle d'année en année qui ne se justifie pas en raison de la priorité que représente ce secteur ; La part du budget de l'Etat au titre des investissements dans le domaine agricole est de 8,1% et n'atteint par conséquent pas les 10% préconisés dans la Déclaration de Maputo.
La société civile est peu associée à l'élaboration des plans d'investissements agricoles et du budget alloué à l'agriculture ; La multiplicité des projets et programmes intervenant directement dans le domaine agricole et le manque de concertation en amont des projets et programmes peuvent conduire à des choix peu coordonnés, tant en ce qui concerne les filières soutenues qu'en ce qui concerne les régions d'intervention.
En effet les ressources humaines du gouvernement sont en outre accaparées par le suivi quotidien des projets, les procédures et le suivi des missions propres à chaque bailleur ;
Si le discours général des partenaires au développement est favorable à la mise en oeuvre de programmes sectoriels, dans la pratique, seuls quelques-uns s'impliquent concrètement dans leur élaboration. Nombre d'entre eux assimilent "programmes sectoriels" à "aide budgétaire" et ne cachent pas leur scepticisme quant à la capacité des États à gérer de tels programmes.
La Confédération paysanne du Faso et la plate-forme CJE demandent par conséquent : A l'Etat burkinabé de :
Faire de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, une véritable priorité budgétaire en consacrant au moins 10% des budgets nationaux à la mise en oeuvre des politiques agricoles et alimentaires et en veillant à une plus grande transparence ;Accroître la part des dépenses d'investissements directs à l'agriculture ;
Renforcer les appuis directs aux petits producteurs ; Veiller à une bonne cohérence des objectifs recherchés dans le domaine agricole en mettant en place une équipe technique de coordination des objectifs assignés au secteur agricole lors de l'élaboration du budget ; Accélérer le processus d'implantation et de mise en oeuvre du budget-programme qui est par définition, un budget axé sur les résultats ;
Assurer un réel leadership dans l'élaboration et la mise en oeuvre de programmes agricoles et alimentaires sectoriels pour faciliter des interventions cohérentes des partenaires.
2. Aux partenaires techniques et financiers intervenant dans le secteur agricole de : S'aligner sur le leadership de l'Etat et sur les priorités nationales
De respecter l'esprit de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide. Transformer les engagements financiers annoncés au niveau international en financements de long terme, prévisibles, afin de renforcer les processus nationaux et régionaux en cours, et de promouvoir un soutien direct aux budgets des pays, associé à un appui technique.
Ouagadougou le 10 Février 2010
La Confédération Paysanne du Faso (CPF) et les membres de la plate forme Campagne Justice Economique (CJE)

Comments Post a comment