Kinshasa — Ceux qui ont reçu de l'Etat Congolais la mission de donner vie au système éducatif congolais passent, manifestement, pour les ennemis de ce secteur vital de la République.
Personne, en tout cas, ne pouvait imaginer, qu'en cette période difficile que traverse la Faculté Polytechnique de l'Université de Kinshasa qui souffre d'un manque criant de professeurs, après le départ des coopérants belges, qu'on se permette, sans argumentations étayées, de solliciter la révocation de deux éminents professeurs de cette Faculté, privant ainsi les étudiants de certains cours importants. En effet, au lendemain de l'arrestation du Professeur Lubunga, doyen de Fac nommé par le Ministre de l'ESU ainsi que du Professeur Bagula, Directeur du Centre des Recherches et Maintenance, CEREMA, le Ministre de l'ESU, le Professeur Mashako Mamba a entamé la procédure de révocation des Professeurs Bimuala et Beya de l'Université de Kinshasa. Ils sont reprochés d'avoir porté à la connaissance de la justice les délits commis à la Faculté Polytechnique, notamment le détournement des fonds, principalement USD 100.000, la première tranche de USD 500.000 débloqués par l'Exécutif central sur ordre personnel du Raïs, en vue de sauver cette Faculté en voie de disparition et faux et usage des faux sur l'affaire CEREMA.
Comment le Ministre de l'ESU peut-il désapprouver la dénonciation du détournement au moment où ses collègues de la justice et du portefeuille ont donné des adresses e-mail, voire des numéros téléphoniques pour que quiconque dénonce les Kuluna en cravate ? Fallait-il garder silence sur un dossier qui date de novembre 2009, soit plus de deux mois ? A qui profiterait le silence ? Ce sont là des questions qui taraudent les esprits des observateurs avisés et qui demeurent sans réponses. Sinon, c'est à la justice de faire son travail pour dénicher ceux qui annihilent les efforts du Chef de l'Etat et du Gouvernement de la République.
A se fier aux recoupements des informations glanées sur la colline dite inspirée, l'Association de Professeurs de l'Université de Kinshasa, APUKIN, avait, pour le même dossier de détournement, saisi le PGR pour essayer de trouver une issue aux problèmes pendants de la Faculté Polytech. Mais c'était sans compter avec l'irruption du Ministre de l'ESU qui apparaît aux yeux de la Communauté universitaire comme une démarche pour couvrir les vrais auteurs du détournement.
Que fallait-il choisir ? S'en tenir à certaines règles qui régissent le fonctionnement des Universités devant des faits de flagrance ou dénoncer vite le mal pour sauver ce qui peut l'être ? Quelle place accorde-t-on, dans ce cas à la politique de tolérance zéro initiée par le Raïs ? Aux instances compétentes de trancher le dossier.
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En lisant cet article, effectivement on se demande ce qui se passe dans la tete du Ministre.
Le jugement est tout autre lorsqu'en a un second eclairage sur l'affaire. Faites vous une idee: http://blog.colombus.org/?p=352