La Presse (Tunis)

22 Février 2010

Tunisie: Point de vue - IDE - Risque et avantage

L'ouverture économique à l'échelle internationale, qui remonte d'ailleurs à la deuxième moitié du XXe siècle, a fini par créer une véritable dynamique d'investissement, mais aussi et surtout par la décentralisation des activités économiques. Cela s'est traduit au concret par la multiplication des firmes internationales (les multinationales).

Les firmes multinationales ou FMN sont des entreprises qui possèdent des filiales dans un ou plusieurs pays, implantées soit suivant une logique de production, soit suivant une logique de marché. De toutes façons, l'approche importe peu, puisque en fin de compte l'intérêt de la firme multinationale est d'essayer de répondre aux exigences de chacun. Des exigences qui imposent le processus de production à adopter.

La maison mère, théoriquement implantée dans le pays d'origine, devra investir à l'étranger, ce qui représente un des vecteurs qui participe à la mondialisation de l'économie. Ce type d'investissement est très important dans l'élaboration de la stratégie internationale. C'est une variable clé aussi bien dans la politique des entreprises que celle des Etats. Les investissements que font les FMN procurent directement aux filiales implantées à l'étranger: les investissements directs à l'étranger, IDE.

Toutefois, il faut bien préciser que toute participation au capital d'une entreprise étrangère de plus de 10% est considérée comme un IDE afin d'éviter toutes confusions possibles avec les investissements, ou bien placement, de portefeuille qu'on appelle aussi placements financiers internationaux. On parle aussi d'IDE quand les entreprises créent à l'étranger des unités qui n'existaient pas encore.

Les IDE sont un cheval de bataille efficace surtout lorsque l'exportation devient coûteuse ou parfois même impossible. Il faut reconnaître également qu'avec la mondialisation, le phénomène de la multinationalisation connaît un accroissement spectaculaire avec un «stock mondial d'IDE» de près de 25% du PIB mondial. On est là très loin des 6% atteints au début des années quatre-vingt. Le mérite de ce décollage de la multinationalisation revient à plusieurs motivations qui ont fait que la production connaisse une internationalisation.

En effet, les firmes peuvent amorcer une politique d'ouverture sur les marchés étrangers rien que pour bénéficier d'avantages en matière d'approvisionnement , à la fois en termes de coûts que de qualité.

Soutien à la croissance

Les IDE permettent aussi aux entreprises de pouvoir répondre au mieux aux caractéristiques et aux exigences des différents marchés qu'elles espèrent conquérir. Car, en produisant sur place, elles pourront s'adapter et apporter les modifications nécessaires. Les firmes implantent aussi à l'étranger dans l'espoir de décomposer le processus de production pour bénéficier des différentes opportunités offertes au niveau international. C'est-à-dire que le processus de production sera divisé en plusieurs segments dont chacun est susceptible d'être produit dans un pays différent selon les compétences offertes et les coûts générés. C'est ce qui explique l'engouement suscité par les IDE d'autant plus qu'ils ne profitent pas seulement aux sociétés mères.

En effet, force est de constater le regain dans l'accueil des IDE de la part des pays en voie de développement dans l'espoir de tirer profit de ces capitaux étranger et d'essayer, un tant soit peu, d'utiliser à bon escient les bénéfices dégagés par les filiales implantées sur leurs territoires. Cette tendance est loin d'être généralisée à tous les pays en voie de développement, étant donné que les pays de l'Afrique subsaharienne et certains des pays asiatiques les moins avancés n'y obéissent pas.

Il faut préciser qu'un IDE est généralement réalisé dans le cadre d'une logique, tout à fait légitime. Il est question surtout du désir des multinationales d'assurer la pérennité et la continuité de leur engagement et de leurs bénéfices.

Il est donc indéniable que les pays hôtes subissent quelquefois les méfaits de ces IDE, puisqu'ils sont parfois dominés économiquement et technologiquement et souffrent d'une dépendance vis-à-vis des pays d'origine. Cela est d'autant plus que les profits réalisés sont indubitablement acheminés vers les maisons mères, ce qui représente une sortie de capitaux dont les pays hôtes auraient certainement besoin.

Cette situation est parfois à l'origine d'un dualisme flagrant dans l'économie locale, ce qui risque de déclencher un conflit d'intérêts entre pays d'accueil et les multinationales dont l'issue peut basculer du côté des firmes aux dépens des Etats à cause du pouvoir de négociation et de leur poids économique.

Toutefois, l'on reconnaît que malgré un tel risque, les pays en voie de développement, qui cherchent à attirer de plus en plus d'IDE, trouvent certainement leur compte malgré les inconvénients de la mondialisation.

Il est vrai justement que les IDE sont une source intarissable de capitaux pour ces pays, qui n'en demandent pas moins. Les IDE constituent, en fait, une belle opportunité pour accroître les sources de financement, accélérer le rythme de création d'emplois, créer de nouvelles richesses, soutenir encore plus la croissance et améliorer ainsi les revenus de la population.

Mieux encore, les IDE, permettent aux pays d'accueil d'accéder plus rapidement et à moindre coût aux technologies nouvelles.

Selon la Banque mondiale, les pays en voie de développement ne font qu'attirer de plus en plus les investisseurs privés étrangers. Cela laisse entrevoir, peut-être bien, les prémices d'une ouverture internationale plus équitable et qui va dans le sens Nord-Sud ou plutôt la prolongation d'un pacte qui veille surtout sur les intérêts des pays développés et dont les IDE ne seraient que les instruments.

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