A cause des lourdeurs administratives et des multiples taxes et impôts à payer par les opérateurs économiques, le Cameroun est considéré comme un pays qui n'attire pas les investisseurs. Quel est votre avis sur cette problématique ?
Cette problématique est la raison d'être de l'agence de promotion des investissements. (API) La lourdeur administrative est un problème sérieux qui a un impact très négatif sur toute la vie du Cameroun que ce soit socio - politique ou économique. Certaines mesures qui existent déjà visent à améliorer la situation générale et d'autres réflexions sont en cours. En ce qui concerne les investisseurs, le « One Stop Shop » envisagé dans le décret de création de l'API sera notre cheval de bataille pour répondre à ce problème, assurant en même temps une nette amélioration dans le climat des affaires en générale. S'agissant des impôts, le problème réel n'est pas nécessairement les multiples impôts, mais surtout les incertitudes des procédures, des circulaires administratifs ou fiscaux parfois internes. Ce qui, par la suite, est sensé être opposable au tiers contribuable. En plus, pour les grands investisseurs qui bénéficient de régimes fiscaux incitatifs bien définis dans les conventions, le problème repose souvent sur les interprétations divergentes de cette convention par les différentes administrations fiscales et administratives au cours d'application desdites conventions. Ce sont donc ces incertitudes et ces actes bureaucratiques, même de bonne foi, qui constituent une entrave à la mise en place ou à la gestion de l'investissement. La raison d'être de l'API est de gérer ces problèmes et le cas échéant, de proposer des reformes.
5 ans après sa création, l'Agence de promotion des Investissements entre enfin en fonction avec la nomination récente de ses responsables. Les investisseurs en attentent beaucoup parce qu'elle est chargée, entre autres, de participer à l'établissement et à l'amélioration d'un environnement incitatif et favorable aux investissements au Cameroun. Pensez vous avoir les coudées franches pour remplir efficacement cette mission ?
Mais oui. En lisant son décret de création, les compétences de l'API sont claires et lui permettent d'être efficace ; surtout, que l'API est habileté par lesdits textes à combler les manquements en proposant les réformes nécessaires.
L'une des charges de l'Agence consistera à collecter des informations relatives aux diverses opportunités d'investissement au Cameroun et de les diffuser auprès des milieux d'affaires. Dans quel délais et comment entendez-vous procéder pour faire ce recensement et diffuser les informations recueillies afin de capitaliser toutes ces opportunités ?
Au cour de notre conseil d'administration, nous allons, entre autres, arrêter une feuille de route, pour orienter le travail du DG et son équipe en fixant les objectifs et les délais, non seulement pour ce cas, mais pour la mission entière de l'API.
L'Agence est sensée disposer d'une banque de données de projets à mettre à la disposition des investisseurs. Avez-vous une idée des projets existant qui peuvent réellement intéresser les investisseurs tant nationaux qu'étrangers?
Je vous rappelle que durant le Cameroon investment forum (CIF) 2009 organisé par le gouvernement avec l'assistance du Commonwealth business council (CBC) j'ai produit, en liaison avec l'administration et la Chambre de commerce, un livre recensant de tels projets. Le contenu de ce livre est assez exhaustif. Les données qui s'y trouvent proviennent de l'administration, du secteur privé et des entrepreneurs camerounais à la recherche des apports financiers ou techniques des investisseurs. Je suis sûre que le DG et le DGA qui travaillent dans ce domaine depuis une vingtaine d'année, ainsi que d'autres membres du conseil d'administration ont beaucoup à apporter dans ce domaine.
L'agence se présente aujourd'hui comme une structure dont les missions sont capitales, voire incontournables pour la relance de l'économie nationale ? Quelles sont vos priorités au moment où vous démarrez enfin vos activités?
Pour moi, la priorité des priorités est la simplification des procédures au sein d'un « One Stop Shop ». L'analyse des textes et les dialogues avec les administrations concernées, pour la mise en place dudit « One stop shop » dans le plus bref délai. Ceci en parallèle avec un nouveau paradigme dans l'appréciation de l'importance des investissements en capital -soit étranger ou Camerounais- et la création des richesses recherchées pour l'épanouissement de notre économie et donc, le bien être de tout Camerounais.
Vous êtes l'une des rares femmes, sinon la première, à être nommée comme présidente du conseil d'administration au Cameroun. Que comptez-vous faire pour imprimer votre marque personnelle à ce poste ?
Travail, travail, travail ! Ceci dit, le rôle du PCA et du conseil d'administration n'est pas à confondre avec celui du Dg et son équipe.
En tant que juriste de formation, pensez-vous avoir le profil du poste?
Ancienne du London school of economics and political science, j'ai préparé un Doctorat d'Etat à City University business school London sur les investissements étrangers en Afrique, une étude comparée des pays francophone et anglophone de l'Afrique, ainsi que des institutions régionales africaines et internationales dédiées à l'investissement. Deuxièmement, sans étaler les différentes conférences et consultations, dans ma vie professionnelle d'avocat, la plupart de mes clients sont des investisseurs. Donc, je suis parfaitement immergée dans le monde des affaires depuis 25ans. Troisièmement, en tant qu'enseignante à l'Université, j'ai conçu une maîtrise professionnelle pour les juristes d'entreprises. Donc, j'ai eu à travailler avec les étudiants en maîtrise dans ce domaine. Finalement, j'ai aussi une certaine expérience dans la mise en place et gestion d'une grande structure à travers mon rôle à l'ONEL pendant 8 ans.

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