Kinshasa — Le Comité de pilotage des projets conjoints de prévention et de réponse aux violences sexuelles faites aux femmes, jeunes et enfants s'est réuni pour faire le bilan des activités menées en 2009. Cette réunion a permis également de dégager les perspectives d'avenir pour mieux lutter contre ce fléau en RDC.
En 2009, la lutte contre les violences sexuelles a enregistré des avancées remarquables. L'engagement du gouvernement et celui des partenaires ont été manifeste par rapport aux interventions sur le terrain, mais il y a encore beaucoup à faire au regard du nombre croissant des victimes de violences sexuelles. C'est ce qui ressort de la quatrième réunion du Comité de pilotage des projets conjoints de prévention et de réponse aux violences sexuelles dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, financés par le Canada.
Cette réunion sert de cadre aux agences des Nations Unies (UNFPA, UNICEF, BCDUNH) et aux partenaires du gouvernement congolais et les partenaires canadiens qui financent les projets conjoints de lutte contre les violences sexuelles de faire l'état d'avancement de ces projets. Ensemble, ils échangent également sur les résultats atteints pour dégager des perspectives pour améliorer la lutte.
Selon le représentant de l'UNFPA, M. Richard Dackam, l'année 2009 a été une année de progrès, d'avancées opérationnelles que l'on a pu mesurer, entre autres, grâce à l'évaluation des projets conjoints.
Parmi ces avancées, il sied de noter, la constitution de la base de données des cas incidents de violences sexuelles, grâce au soutien des projets. Avec cette base, la RDC dispose désormais d'un outil qui lui permet de connaître et de suivre l'incidence des cas de violences sur le territoire.
Cette évaluation a également mis en relief l'importance des actions de sensibilisation et de plaidoyer sur les violences sexuelles qui, dans le cadre des projets conjoints, a généré une impressionnante mobilisation. Elles ont aussi suscité une prise de conscience sur les différentes formes de violences sexuelles rencontrées dans la société.
A noter, cette évaluation a été placée dans la perspective de l'initiative conjointe, l'unique cadre référentiel, de par son approche holistique de prévention et de réponse, ses mécanismes de coordination, et son joint programming.
Par ailleurs, le chiffre sans cesse croissant du nombre des victimes, soit 15.000 cas incidents, montre encore que beaucoup reste à faire pour lutter contre l'impunité , dont bénéficient les violeurs. Il faut aussi faire en sorte que les cellules familiales et communautaires acceptent les victimes des violences. Mais, dans tout cela, l'information et la sensibilisation doivent être renforcées pour amener les victimes de violences sexuelles, encore dans l'ombre, à se manifester pour bénéficier de la prise en charge médicale et psycho-sociale de qualité.
La ministre du Genre, présidente du Comité de pilotage a été représentée à cette réunion par le ministre de la Santé, Dr. Victor Makweng. Ce dernier a souligné l'appropriation nationale de la lutte. « Le gouvernement fait de la lutte contre les violences sexuelles son cheval de batail », a-t-il souligné. Autre fait, la publication en 2009 du décret portant création de l'AVIFEM sous l'égide du ministère du Genre qui en assure le leadership.
A l'issue de la réunion, les participants ont défini les perspectives d'actions à mener en 2010 pour mieux lutter contre les violences sexuelles.

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