Andry Rajoelina a annoncé son refus d'honorer l'invitation de l'UA. Il affirme s'en tenir aux résolutions adoptées lors de l'atelier d'Ivato.
Le président de la Haute autorité de la transition (HAT) répond d'une manière claire à l'Union africaine et à la Communauté internationale. « Personnellement, je ne me rendrai pas à Addis Abeba », a-t-il déclaré en marge de l'ouverture de l'atelier « Teny ifampierana », à Ivato.
Andry Rajoelina décline l'invitation signée par Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et à la sécurité de l'organisation panafricaine. Ce dernier avait convié les quatre chefs de file des mouvances à une réunion dans la capitale éthiopienne, du 8 au 10 mars, afin d'« examiner à nouveau les voies et moyens de lancer la Transition consensuelle, en vue du retour rapide de l'ordre constitutionnel à Madagascar, par la mise en oeuvre des Accords de Maputo et d'Addis-Abeba. »
Andry Rajoelina fonce dans la voie qu'il a annoncée lors de son « Discours à la Nation » du 25 février. « Il a beaucoup de choses à faire ici et il y a des priorités. Des décisions sont à prendre au cours de cet atelier », a-t-il asséné.
L'homme fort de la transition lance une nouvelle fois un message contre les accords de Maputo et d'Addis-Abeba pour une transition consensuelle et inclusive.
« Ce n'est plus à une personne ou à quelques mouvances de décider pour la nation, mais nous tous. C'est ce qu'on attend du Teny ifampierana », a-t-il martelé dans son discours d'ouverture de la conférence nationale qui ne dit pas son nom.
Consternation
Le « président de la Transition » a prévenu les participants à l'atelier des conséquences de la décision. « Les sanctions vont venir », a-t-il reconnu. Mais, « nous allons montrer notre solidarité », a-t-il poursuivi.
Du côté des trois mouvances, c'est la consternation. « Ce sera très grave, il n'y aura aucune indulgence pour nos bêtises », craint Mme Ramisandrazana, de la mouvance Ratsiraka.
« S'il (Rajoelina) ne vient pas, la réunion n'a plus de raison d'être », annonce-t-elle. Pour autant, elle ne désespère pas de voir Rajoelina revenir sur sa décision. « Souhaitons qu'il change d'avis, comme il a l'habitude de le faire », espère-t-elle.
Aucune réaction officielle n'est encore venue du côté de l'Union africaine. Mais Joaquim Chissano, chef de l'équipe conjointe de médiation, cité par l'Agence Reuters, a laissé entendre que « la position de l'UA ne faiblit pas et (que) le partage du pouvoir doit se faire », lors de son déplacement au Cap, en Afrique du Sud.
« Il est temps de mettre en oeuvre ce qu'ils (NDLR les chefs de file des mouvances) ont décidé. La communauté internationale honorera ses règles », a-t-il ajouté.
La réponse négative du régime était prévisible depuis la note verbale envoyée par la vice-Primature chargée des Affaires étrangères à l'Union africaine. La lettre officielle avait demandé l'envoi d'observateurs durant l'atelier d'Ivato.
Les relations entre le régime en place et l'Union africaine deviennent de plus en plus tendues. L'organisation panafricaine n'a pas non plus cru bon de répondre à la contre-invitation de la HAT pour une mission d'observation de l'atelier d'Ivato.
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