Le Maroc, par la voix de son Premier ministre Abbas El Fassi, s'est encore une fois attaqué à l'Algérie, l'accusant de «violer constamment les droits de l'Homme» dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, où «il n'y a, selon lui, ni liberté de parole ni liberté de mouvement». Ces déclarations ont été faites par ce représentant du royaume chérifien dans l'espoir de défendre son pays du rappel à l'ordre qui lui a été adressé par l'UE, lors du premier sommet UE-Maroc, tenu hier à Grenade pour consacrer le «statut avancé» accordé fin 2008 par l'UE au Maroc.
Lors de ce sommet, le contentieux du Sahara occidental et la question des droits de l'Homme ont dominé le débat et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a fermement invité le Maroc à réaliser «davantage de progrès» dans le domaine des droits de l'Homme, notamment au Sahara occidental dans un message «clair et sans équivoque» qu'il a adressé au sommet. «On ne peut pas détruire l'intégrité du Maroc à partir d'un cas ou deux», a répondu Abbas El Fassi, assurant que «85% de la population (du Sahara occidental) est attachée à sa nationalité marocaine». Il s'est ensuite livré à une charge en règles contre l'Algérie, accusant, comme le rapporte l'AFP, «la sécurité militaire algérienne de violer constamment les droits de l'Homme» dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, où «il n'y a, selon lui, ni liberté de parole ni liberté de mouvement». «Nous avons présenté un plan de règlement, c'est l'autonomie. Les autres parties n'ont rien présenté. Le concept de "ni guerre, ni paix" arrange l'Algérie, peut-être pour des raisons intérieures», a lancé Abbas El Fassi.
Dans un message officiel au sommet, auquel il n'a pas participé, le roi Mohammed VI a appelé à un «règlement politique du différend artificiel» du Sahara occidental fondé sur la proposition marocaine. Rabat estime que le Sahara occidental fait partie intégrante de son royaume et propose une large autonomie sous sa souveraineté. Les responsables de ce pays assurent que «la population du Sahara occidental est attachée à sa nationalité marocaine», oubliant de fait la résistance que mène cette population depuis des dizaines d'années et qui réclame un référendum d'autodétermination incluant l'option de l'indépendance. D'ailleurs, la militante sahraouie des droits de l'Homme Aminatou Haidar a dénoncé la tenue de ce sommet, affirmant qu'il ne sert qu'à encourager une «opération de blanchiment de l'histoire sanguinaire du royaume du Maroc» et à mépriser les droits légitimes du peuple sahraoui.
Devant la Conférence internationale de soutien à la cause sahraouie, qui se tient en parallèle à Grenade, et en réponse au premier sommet UE-Maroc, Mme Haider a dénoncé les violations des droits de l'Homme par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés, notamment la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines. De son côté, l'acteur espagnol Willy Toledo, un des principaux animateurs de la plateforme de soutien à Aminatou Haidar durant sa grève de la faim, a dénoncé la «complicité» du gouvernement d'Espagne et de l'UE avec un «royaume féodal et despote» comme celui du Maroc.

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